Culture

Festival de Fès des Musiques sacrées du monde : derniers préparatifs avant le lancement de la 26e édition

À quelques heures du lancement de la 26e édition du Festival de Fès des Musiques sacrées du monde, toute la ville s’active pour accueillir la crème des stars des musiques sacrées du monde sous le thème «L’architecture et le sacré».  

Demain, c’est le lancement du Festival de Fès des musiques sacrées du monde. Après deux ans d’interruption et de résilience, dues à la crise sanitaire, la 26e édition du festival revient cette année du 9 au 12 juin. Toute la ville s’active donc pour accueillir la crème des stars des musiques sacrées du monde sous le thème «L’architecture et le sacré».


Comme à l’accoutumée des grands spectacles proposés par Alain Weber, metteur en scène et ancien directeur artistique du festival, le public sera invité, lors de la cérémonie d’ouverture, à voyager en sons et en images dans un parcours partant du Maroc à travers cinq grandes religions (islam, chrétienneté, judaïsme, bouddhisme et hindouisme). Inspiré de la citation de Victor Hugo, «l’architecture est le grand livre de l’humanité» («Notre dame de Paris»), le spectacle associera les prestations de nombreux musiciens issus de différentes traditions et d’extraordinaires projections en mapping sur les murs séculaires de Bab el Makina.

De la cathédrale gothique à la synagogue hébraïque, du marbre immaculé de l’Inde mongole aux zelliges d’argile des mosquées impériales du Maroc, le visible rend hommage à l’invisible, trace des axes verticaux entre le Créateur et sa création, le ciel et la terre, le cosmos et la nature.

«En partant de l’horloge hydraulique, la Būcināniyya (758 de l’hégire/1357 après J.-C), qui rythmait le temps de Fès, des voix célèbreront la majesté des rosaces médiévales comme celle de Notre-Dame dite ‘’rose à rayons’’ (1250). Cette ‘’rose’’ nous renvoie, par la composition chimique de ses 25.000 morceaux de verre issu du sable, à la matière même des mandalas tibétains.

Ces derniers expriment, eux, la roue de l’existence, mais aussi l’éphémère de nos vies terrestres, en contraste avec ce défi du temps qu’évoque aujourd’hui la Grande Mosquée Hassan II», dévoile Alain Weber.

Diversité des civilisations
Illustrant l’immense diversité des voix spirituelles à travers les civilisations, cette 26e édition accueillera des artistes venus de plus de 15 pays, notamment, du Sultanat d’Oman, du Kazakhstan, d’Inde, de France, d’Italie et du Sénégal. De grands noms figurent au programme. Les Roohani Sisters, qui se produisent pour la première fois à l’étranger et comptent parmi les plus grandes interprètes du soufisme indien, répondront à l’authentique kora du Sénégal et à la voix de la grande Senny Camara.

Les Onikki Muqams, d’Asie Centrale, résonneront avec Polyphonies Sardes. La création du pianiste et compositeur Michaël Levinas, accompagné de la soprano Marion Grange, autour des poèmes de Paul Celan, issus de son oratorio «La Passion selon Marc», et d’autres pièces de création inspirées du kaddish de la tradition hébraïque feront écho à l’Ensemble la Tempête.

Lequel sera sous la direction du chef Simon-Pierre Bestion, qui parcourt les liens que tissent nos cultures et religions monothéistes depuis des siècles autour de la Méditerranée. La fusion entre le jazz oriental du fameux trompettiste Ibrahim Maalouf et les musiques balkaniques du très cosmopolite Haïdouti Orkestar rendront enfin hommage, lors de la soirée très attendue du samedi, à la dimension à la fois profane et sacrée de la fête.

Des sites à forte valeur patrimoniale
Comme à chaque édition, la diversité des propositions artistiques se déploiera sur des sites à forte valeur patrimoniale et permettront de redécouvrir des lieux de mémoire uniques, comme la grandiose place de Bab el Makina où se déroulaient jadis les cérémonies officielles du Palais royal, mais encore les riads de la médina tels que Dar Adiyel, ancienne résidence du gouverneur de Fès sous le Sultan Moulay Abdallah.

Pour les concerts de plein air de l’après-midi, le jardin Jnan Sbil, créé au XVIIIe siècle, offrira une atmosphère paisible aux visiteurs. Des concerts intimistes seront également donnés au sein de la synagogue Aben Danan, joyau de la culture juive marocaine datant du XIIe siècle, entièrement restaurée en 2013, et enfin, chaque soir à partir de 23 heures, ‘’les Nuits Soufies‘’ animées par les tariqas de Fès feront vibrer la salle de la Wilaya, face au Musée Batha.

Une contribution intellectuelle
Depuis 2001, le festival inclut un volet scientifique sous la forme de forum. Un espace de débat et d’enrichissement culturel, animé par des personnalités de renom et accessible à tous. La présente édition prévoit des thématiques, samedi 11 juin, autour de l’architecture comme empreinte, repère et cadre des croyances et des spiritualités, à travers deux tables rondes, à savoir «Espace et Modes de vie» et «Les Symboles du Sacré».

Selon les organisateurs, «ce Forum s’impose comme le complément indispensable du Festival qui permet à la ville sacrée d’adresser au monde sa contribution intellectuelle et spirituelle à travers un message d’humanisme et d’universalité».

Une tournée de promotion à Paris et Madrid
Porteur des valeurs marocaines d’ouverture culturelle et de tolérance religieuse, le Festival de Fès constitue un vecteur d’image important pour le Royaume. À ce titre, les représentants de la Fondation Esprit de Fès et l’équipe organisatrice du Festival ont entrepris une tournée en France et en Espagne visant à médiatiser le retour de cet événement de rayonnement international.

Le 12 avril, à Paris, une présentation a été organisée au Palais du Luxembourg à destination du Groupe interparlementaire d’amitié France-Maroc du Sénat et de la presse française. De même, le 19 mai, à Madrid, une rencontre dans le cadre de la résidence de l’ambassade du Maroc a permis de présenter la programmation du festival, mais aussi de renforcer les liens culturels et patrimoniaux entre les deux pays.

Créé en 1994 sous le Haut-patronage de Sa Majesté le Roi Mohammed VI et premier des festivals de nouvelle génération qui animent l’agenda culturel marocain, le Festival des Musiques sacrées du monde sera aussi le premier grand rendez-vous musical de l’été confirmant la relance des activités événementielles au Maroc.

Mehdi Idrissi / Les Inspirations ÉCO


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