Culture

Current Biology : le chien peut se rappeler des activités de son maître

Les scientifiques se sont penchés ici sur la mémoire épisodique des chiens, c’est-à-dire leur capacité à revenir en arrière mentalement pour se rappeler des détails d’un événement.

«Il n’est pas possible de simplement leur demander : te souviens-tu de ce qui s’est passé ce matin?», a noté la principale auteure de cette étude, Claudia Fugazza.


Celle-ci a donc adapté une technique d’entraînement inédite qui permet aux chiens en quelque sorte de répondre en fonction de la manière dont ils se comportent.

Dans le cadre de cette étude, 17 chiens de races diverses ont été entraînés à imiter le comportement humain : une personne se tient sur une chaise, saute en l’air et les chiens sont entraînés à faire de même quand une personne leur dit : «Fais-le !».

On savait que cette capacité existe chez les humains et chez les primates, mais cette étude est la première à prouver que les chiens en sont aussi dotés. Les 17 animaux ont dans un premier temps été entraînés à faire cela moyennant récompense.

Puis on leur a appris à rester couchés, peu importe ce que fait leur maître. Et après un moment, un autre ordre leur était donné : «Fais-le !» et les chiens devaient répéter l’action que leur maître avait accomplie auparavant, sans récompense.

«Les chiens entraînés avec cette méthode peuvent imiter les actions de leur maître même 24 heures après», a souligné Fugazza. «Leur donner l’ordre après un certain temps est en quelque sorte une manière de leur demander : te souviens-tu de ce qu’a fait ton maître ?». Au-delà de 24 heures toutefois, leur mémoire s’étiole.
«Les chiens ont une grande mémoire de nombreux événements et cette étude montre que nous sommes encore en train d’apprendre à quel point leur mémoire est bonne», a commenté Marc Bekoff, spécialiste d’écologie comportementale qui n’a pas participé à l’étude. «Je ne suis donc pas surpris que les chiens puissent se souvenir de l’injonction «Fais-le !» après un certain temps».

Gema Martin-Ordas, experte en neuroscience à l’Université de Newcastle, se montre plus mesurée, estimant que la complexité de la mémoire épisodique n’est pas entièrement prise en compte par l’étude.

«Lorsqu’on se souvient d’événements passés, on ne se souvient pas seulement de ce qu’on faisait, mais aussi d’où on le faisait, qui était là et/ou quand».
«De ce point de vue, l’étude se penche sur l’aspect : que faisait-on, mais me semble passer à côté de certaines autres composantes», poursuit-elle, reconnaissant toutefois que les chercheurs ont produit des conclusions «intéressantes».

Claudia Fugazza, qui a aussi entraîné des dauphins, des orques et des perroquets à reproduire le comportement humain, estime que des travaux plus approfondis pourraient démontrer que ce type de mémoire existe aussi chez beaucoup d’autres animaux.

Rejoignez LesEco.ma et recevez nos newsletters


Articles similaires

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée.

Bouton retour en haut de la page