Culture

Culture soufie : grand retour du Festival de Fès

La fabuleuse Médersa Bou Inania de la ville de Fès a accueilli, le week-end dernier, la cérémonie d’ouverture de la 15e édition du Festival de Fès de la culture soufie. Une occasion de mettre en avant l’art islamique abstrait dans sa manifestation occidentale, et dont la meilleure représentation est la Médersa Bou Inania datant du 14e siècle.  

Plusieurs dizaines d’éminents spécialistes dans le domaine de la science et de la foi ainsi que des représentants des différents cultes, venus des quatre coins du monde, ont assisté, samedi dernier, dans la somptueuse Médersa Bou Inania, à la cérémonie d’ouverture de la 15e édition du Festival de Fès de la culture soufie. Placée sous le thème «Science et conscience», cette édition traite des sujets sur les relations entre les sciences, les religions et, plus globalement, les spiritualités. Lors de la conférence d’ouverture, le président du festival, Faouzi Skalli, a mis l’accent sur les valeurs spirituelles de la culture du soufisme qui représente, selon lui, la matrice et l’identité religieuse et civilisationnelle du Maroc.

«Nous entrons de plain-pied, en ce lieu magnifique de la Médersa Bou Inania, dans un voyage vertical avec la conférence du professeur Micheal Barry qui a présenté, à partir de l’histoire de cette Médersa, le lien entre la tradition artistique musulmane de l’Orient et de l’Occident», a-t-il précisé.

Faouzi Skalli a également indiqué que «ce voyage, dans le temps et dans l’espace, va durer presque dix jours, avec des tables rondes, des expositions artistiques et des confréries spirituelles du Samaa. Notons que l’ouverture des spectacles est marquée par la culture moghole (Inde), et la clôture avec les chants de Muhammad Al-Harrâq, le grand chantre de la culture soufie ». De son côté, Micheal Barry, écrivain américain et spécialiste incontesté de la miniature persane, a animé la conférence inaugurale sur «L’avenir de l’art islamique».

À cette occasion, il a expliqué que l’idée de cette conférence imposait une considération du zénith de l’art islamique abstrait dans sa manifestation occidentale, et dont la meilleure représentation est la fabuleuse Médersa Bou Inania datant du 14e siècle. Dans une déclaration accordée à «Les Inspirations ÉCO», Barry a expliqué: «J’ai tenu à rapprocher la représentation architecturale de la Médersa Bou Inania avec ce qui se tramait en islam d’orient à la même époque, et qui, au 15e siècle, va prendre son envol en Asie centrale, dans le monde persan, turc et indien».

Plus tard, le soir, les participants ont assisté au spectacle d’ouverture de cette édition sous le thème «Au confluent des deux océans». «Animé par de jeunes musiciens, danseurs et chanteurs, ce spectacle nous permet de continuer cette transmission de la sagesse et des valeurs du soufisme», précise la directrice artistique du spectacle d’ouverture, Carole Latifa Ameer.

D’après l’association éponyme, le festival, qui souffle cette année sa quinzième bougie, a su perpétuer son habituel esprit de transmission des expressions de beauté et de profondeur de ce patrimoine culturel et spirituel. En effet, le programme de cette édition s’intéresse particulièrement à l’héritage de l’âge d’or des sciences qu’a connu l’Islam, apportant une contribution notable au développement des sciences en Europe et dans le monde entier.

Cette manifestation, qui mobilise près de 200 artistes et chanteurs spirituels du Maroc et de confréries du monde (Inde, Azerbaïdjan, Turquie, Kosovo, France, Iran…), accueille des tables rondes et des masterclass. Ce qui permet de mieux appréhender la façon dont s’est articulée cette relation entre science et conscience ou encore foi et raison à travers l’histoire dans la civilisation de l’Islam dans ses connexions avec divers courants de culture et de pensée, jusqu’à aujourd’hui.

Mehdi Idrissi / Les Inspirations ÉCO

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