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Transfert de fonds. Les MRE, toute une branche de sécurité sociale pour le pays !

Sur 10 dirhams envoyés par les Marocains résidant à l’étranger, 8 sont destinés à l’aide aux familles restées au pays. Cela fait de la diaspora marocaine, une branche de sécurité sociale dans le Royaume. L’an dernier, les MRE ont transféré 68,2 milliards de DH au Maroc. Malgré la crise du covid-19, ces transferts étaient en hausse de 4,9%. En moyenne, les MRE ont transféré 62 milliards de DH par an sur les 10 dernières années .

Par milliers, la deuxième vague des Marocains résidant à l’étranger (MRE) qui ont passé leurs vacances au Maroc devraient répartir cette fin du mois d’août dans leur pays de résidence, à l’exception de ceux qui n’ont pas d’impératif de rentrée scolaire.


Par le rôle d’amortisseur social qu’elle joue à travers les envois de fonds aux familles restées au pays, la diaspora marocaine constitue à elle seule, une branche de sécurité sociale dans le Royaume. A peu près 80% de l’argent que les 5 millions de MRE envoient chaque année au Maroc sont sous forme d’aide familiale.

L’an dernier, les transferts de fonds par les Marocains vivant à l’étranger se sont élevés à 68,19 milliards de DH. Malgré la crise sanitaire, ils ont marqué une hausse de 4,9 % par rapport à 2019 après avoir connu une contraction en 2018.

La tendance est quasiment la même au cours des dix dernières années (voir graphique) à l’exception de 2014. Entre 2011 et 2020, les «Marocains du Monde» ont envoyé en moyenne 62 milliards de DH dans leur pays d’origine. Les ressources transférées par les MRE constituent un des tout premiers contributeurs aux réserves de change du pays et un stabilisateur du compte des transactions courantes.

Même quand le tourisme connaît une panne à cause de la crise sanitaire, la diaspora arrive à maintenir le tempo de ses transferts vers le Royaume.

En 2020, pendant que les recettes du tourisme plongeaient de 53,7%, à 36,5 milliards de DH, les envois des fonds des MRE enregistraient une croissance de presque 5%.

Si le matelas des avoirs extérieurs est en capacité de couvrir un peu plus de 7 mois d’importations éloignant tout spectre d’une crise temporaire de paiements extérieurs, cela tient pour partie, à la bonne tenue des fonds envoyés par les Marocains du Monde.

Pour les banques, ces ressources sont de haute importance pour leur liquidité et surtout, de fidéliser cette clientèle et de capter de nouveaux prospects. L’an dernier, les dépôts des Marocains résidant à l’étranger représentaient 19% du total, soit 189,5 milliards de DH (source :Bank Al-Maghrib) en hausse de 2,6% malgré l’effet du Covid-19. Cette évolution recouvre une hausse des dépôts à vue de 7,7% et des comptes d’épargne de 2,1%.

En revanche, les dépôts à terme des MRE ont décroché de 7,5%, à 53,1 milliards. Le poids financier des MRE attise une compétition entre les trois premiers groupes bancaires, AWB, BCP et Bank of Africa pour drainer au maximum cette clientèle.

Pour l’instant, avantage au groupe BCP par lequel transite la moitié des transferts des MRE, mais ses deux challengers gagnent tous les ans des parts de marché sur ce segment.

Par provenance de transferts des MRE en 2020, la France représente plus d’un tiers (35,7%) suivie loin par l’Espagne (9,2%) et l’Italie (9,1%).

Aux quatrième et cinquième rangs, l’Arabie Saoudite (6,9%) et les Emirats Arabes Unis (5,9%) apparaissent comme de nouveaux émetteurs émergents des transferts des Marocains du Monde.

A noter la perte de vitesse de la Belgique (7e avec 5,1% du total) malgré une forte communauté des MRE établis sur son sol, près de 600.000 au total.

Abashi Shamamba / Les Inspirations ÉCO

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