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Taux directeur : statut quo attendu au prochain Conseil

Après deux baisses consécutives en 2020, le taux directeur ne devrait pas connaître de changements lors du prochain conseil de Bank Al-Maghrib, selon les dernières prévisions de BMCE Capital Global Research. Si la politique monétaire accommodante a contribué à appuyer le redressement de l’activité économique, elle semble pourtant insuffisante pour la relance des crédits d’équipement et crédits consommation, selon les analystes.

À la veille du rendez-vous trimestriel de Bank Al-Maghrib (22 juin 2021), les pronostics autour de l’évolution du taux directeur vont bon train. Pour BMCE Capital Global Research (BKGR), le Conseil de Bank Al-Maghrib devrait maintenir, lors de sa deuxième réunion de l’année 2021, le taux directeur inchangé à 1,5%.


«Bank Al-Maghrib devrait, selon toute vraisemblance, renouveler en l’état son dispositif d’intervention au niveau du marché monétaire, en gardant inchangés son taux directeur et sa réserve obligatoire à 1,5% et à 0% respectivement», indiquent les analystes de BKGR dans leur dernière note.

L’économie marocaine devrait, de ce fait, poursuivre sa reprise après la récession de 6,3% enregistrée en 2020. Rappelons que la Banque centrale a décidé de baisser à deux reprises le taux directeur en 2020, afin de contrer les effets de la crise de la Covid-19 sur l’économie nationale. Le taux a été réduit une première fois dès le mois de mars, date du début de la crise sanitaire. Il a été abaissé de 25 points de base (pbs) pour s’établir à 2%. La seconde réduction a eu lieu trois mois plus tard.

Le Conseil de BAM avait décidé de déprécier de 50 points de base le taux directeur pour le ramener à 1,5%. Sans oublier, la décision du conseil de libérer intégralement le compte de réserve. Elle passe ainsi de 2% à 0%, ce qui se traduit par une injection de 10 MMDH au profit du système bancaire. Le maintien de cette politique monétaire accommodante a ainsi contribué à appuyer le redressement de l’activité économique qui devrait enregistrer, selon les dernières projections de BAM, une croissance de l’ordre de 5,3% cette année. Une performance qui sera principalement portée par la bonne campagne agricole estimée à plus de 98 millions de quintaux.

«Le caractère accommodant de la politique monétaire suite à la réduction du taux directeur en 2020 de 75 points de base et à la libération de la réserve obligatoire s’est reflété dans l’évolution des crédits bancaires dont l’encours a augmenté de près de 30 MMDH pour atteindre 948,4 MMDH à fin mars, comparativement à la même période une année auparavant», soutiennent les analystes de BKGR. Une progression qui s’explique notamment par la hausse de l’encours des crédits de trésorerie de 8,1% à 210 MMDH, profitant principalement de la dynamique des mécanismes Damane Oxygène et Damane Relance, dont le volume accordé avoisine 50 MMDH au terme de l’année écoulée. En revanche, l’encours des crédits d’équipement et celui des crédits consommation ont accusé un repli de 5,3% à 179 MMDH et de 3,1% à 55 MMDH respectivement, deux composantes principales de la demande intérieure.

«Elles nécessitent vraisemblablement encore plus de soutien monétaire avant de retrouver leurs niveaux d’avant la crise sanitaire», estime l’équipe de recherche de la société de Bourse. La poursuite du soutien à l’économie nationale via la sphère monétaire se justifie également, d’après BKGR, par l’évolution de l’inflation «demeurant jusqu’ici, sous contrôle» avec une hausse des prix limitée à 0,7% sur les trois premiers mois de 2021. Celle-ci devrait, toutefois, s’accélérer durant les prochains mois sous l’effet de la reprise des prix des matières premières et des hydrocarbures à l’international.

Dans le volet relatif au financement du Trésor, la société de Bourse indique que la politique monétaire, mise en place par la Banque centrale, a également permis à l’argentier du royaume de se financer à des conditions plus avantageuses sur le marché intérieur dans le sillage de la baisse des taux primaires. «Depuis la première baisse du taux directeur en 2020, le coût du financement du Trésor s’est nettement amélioré avec des baisses des taux obligataires allant de 30 pbs à 88 pbs, ce qui a permis à l’argentier du royaume de répondre à ses besoins au niveau du marché domestique sans difficulté. Évolution qui, aujourd’hui, semble se stabiliser», conclut BKGR. 

Aïda Lô / Les Inspirations Éco

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