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Stratégie : La recette Jumia

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L’entreprise qui emploie plus de 300 personnes s’appuie pour son développement sur une logistique dont les frais représentent 2/3 de ses coûts fixes et 1/3 de ceux variables. Sur 4 ans, l’opérateur compte plus d’1,3 million de commandes à son actif et une croissance annuelle moyenne de 60% pour un CA de près de 100 MDH.


Jumia fêtera bientôt ses cinq ans au Maroc. Mais, derrière cette plateforme de ventes en ligne, il y a toute une logistique et des investissements colossaux. L’entreprise, filiale du groupe Jumia, anciennement connu sous le nom d’Africa Internet Group, a choisi d’installer son dépôt dans la commune de Lissasfa (à 13 km de Casablanca). Le choix du site est dicté par son emplacement qui offre des accès multiples sur les voies de communication (autoroute, route nationale…) et permet de desservir différentes régions du pays. En plus de ce site, l’entreprise s’appuie sur quatre hubs à Rabat, Fès, Marrakech et Agadir qui constituent des nœuds logistiques.

Le site de Casablanca est un entrepôt de 2.100 m2 pouvant contenir plusieurs centaines de milliers d’articles avec des docks permettant aux grands camions de charger et décharger facilement. Sur ce point, il faut noter que l’entreprise qui emploie plus de 300 salariés en a dédié une centaine au volet logistique. Cela dit, une fois arrivées au dépôt, les marchandises sont triées puis les données relatives aux produits saisies sur le système informatique. «Nous stockons différents types de produits qui sont soit en flux tendu soit en flux poussé. Pour le premier flux, la commande existe déjà, le produit est sourcé avant d’être intégré et expédié par la suite. S’agissant du flux poussé, une négociation est engagée avec le partenaire qui met à notre disposition la marchandise qui sera vendue sur notre site», explique Allal Marakchi, directeur des opérations. «Nous ne possédons pas les produits. Nous ne sommes que des intermédiaires logistiques et marketing pour nos partenaires.

Ces derniers peuvent soit stocker leur marchandise dans notre entrepôt, c’est le cas de la majorité des vendeurs, soit ils les gardent dans et nous les livrent lorsqu’il y a des commandes», précise Bastien Moreau, CEO de Jumia Maroc. Pour les vendeurs dont le nombre se situe entre 400 et 500 par mois, Jumia met à leur disposition des sites extranet pour le suivi des opérations. Cela dit, une fois que le produit arrive dans l’entrepôt, il est soumis à la procédure d’identification (étiquetage avec des codes ). Il s’agit d’un système de traçage à l’unité. «Il y a un identifiant relatif au produit et un autre pour l’unité. Le produit est relayé à un emplacement pour faciliter la recherche et la préparation de la commande», souligne Marakchi. Les produits sont stockés selon leur volume (électroménager, téléviseurs, valises…). Les produits de petites tailles (produits de beauté…) ont leur zone près de l’entrée de l’entrepôt. Les vêtements et les chaussures sont stockés différemment dans d’autres zones. Pour les produits de petites tailles mais qui ont une valeur vénale élevée (téléphones portables, ordinateurs, tablettes…), ces derniers sont stockés dans une zone avec un niveau de sécurité très verrouillé et dont l’accès n’est autorisé qu’à deux personnes seulement.

Plus de 30.000 commandes en un seul jour
Le nombre de commandes varie selon les périodes et les événements. Ainsi, durant le Black Friday, l’entreprise a enregistré plus de 30.000 commandes en une seule journée. Un vendeur aurait réalisé des ventes de plus d’1,3 MDH le même jour. C’était une réussite mais un grand challenge au niveau de l’opérationnalisation de l’évènement, notamment au regard de certains retards dans la livraison. Toutefois pour cette année, l’entreprise se dit prête à relever ce défi et promet des offres très agressives. «Aussi pour faire face à ce genre de situation, les collaborateurs reçoivent en plus de leurs formations pour les postes qu’ils vont occuper, des training cross départements. Cette approche leur permet aussi d’évoluer au sein de l’entreprise», note le CEO de Jumia.

En plus de ces contraintes, l’entreprise doit aussi faire face aux frais logistiques très élevés (les dépôts, les véhicules sont en location). Ces derniers représentent aujourd’hui près de 2/3 des coûts fixes et 1/3 de ceux variables. «Mais cette lourdeur devrait se diluer sur le long terme dans le volume», précise Moreau. Cela étant, s’il est vrai que la logistique alourdit considérablement les charges de l’entreprise, il n’en reste pas moins qu’elle constitue un grand obstacle pour la concurrence au regard des fonds qu’il faut y injecter. L’e-commerce étant une activité très capitalistique.

Plus de 110.000 produits commercialisés
L’autre atout concurrentiel sur lequel compte l’entreprise se rapporte à la diversité de ses produits. Ainsi en termes d’assortiments, la plateforme compte environ 110.000 produits. «Il s’agit là de notre cheval de bataille. Nous essayons d’offrir la gamme la plus large possible pour toucher davantage de clients et satisfaire les différents besoins», ajoute le CEO de Jumia. S’agissant des vendeurs qui mettent leurs produits en vente sur le site de l’entreprise, ces derniers, qui ne paient pas de frais d’entrée, peuvent mettre fin aux contrats qui les lient avec Jumia à tout moment sans aucune pénalité de sortie. «En revanche, nous exigeons que les produits soient de qualité, garantis, qu’ils soient originaux et entrés légalement sur le territoire marocain. Lorsque nous avons beaucoup de retours sur un produit, ce dernier sera retiré de la plateforme», précise le CEO. Pour cela l’entreprise s’appuie sur un département contrôle de qualité qui valide en amont les produits et qui reste attentif aux commentaires des clients.

Une évaluation périodique est également réalisée avec les vendeurs.
Installé au Maroc depuis plus de 4 ans Jumia a réalisé plus d’1,3 million de commandes. Sa croissance annuelle moyenne est de près de 60% pour un chiffre d’affaires de près de 100MDH. «Sur les trois prochains mois, nous comptons réaliser 40% du chiffre d’affaires de l’année en cours», révèle Moreau. 

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