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Stratégie: Comment RAM compte mettre les gaz cette année

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Développement structurant du long-courrier, création un peu partout dans le monde d’open skies… Il s’en passe, des choses dans le secteur des transports aériens. Et pour cause, près de 8 milliards de voyageurs prendront l’avion en 2036. Ce sont là les prévisions de l’Association du transport aérien international (IATA) qui témoignent d’un secteur en pleine croissance, dynamique, où il est fortement recommandé d’investir mais pas n’importe comment car la concurrence y est très féroce.

C’est dans ce contexte que Royal Air Maroc, l’une des plus importantes compagnies aériennes d’Afrique, a décidé de repenser sa stratégie. Le faucon pèlerin table désormais sur différentes techniques de vol et de chasse pour attraper davantage de proies. «Nous ne sommes (plus) une compagnie aérienne. Nous sommes une expérience», expliquait il y a quelques jours, le patron de RAM Abdelhamid Addou.


«Notre objectif est clair. Il consiste à faire de RAM une compagnie plus orientée vers le client», explique ce dernier, qui intervenait jeudi lors d’une conférence-débat organisée à Casablanca par la Chambre de commerce britannique au Maroc. Amélioration des indicateurs les plus évidents, à savoir la qualité du service à bord, des vols sécurisés et de bonne qualité, le transporteur, porte-drapeau du Maroc, qui revendique aujourd’hui 80% de ponctualité pour l’ensemble de ses vols, veut prendre plus d’altitude.

«Nous n’achetons pas des avions nouvelle génération qui consomment moins pour rien», souligne le patron de RAM. Il indique que l’enjeu de ces nouvelles acquisitions dépasse les considérations financières car, selon lui, la compagnie nationale, l’une des rares à retraiter ses huiles de moteur en Afrique, est une entreprise qui se soucie de l’environnement. Tout cela, poursuit Abdelhamid Addou, «nous permettra d’atteindre nos objectifs», à savoir «se placer au-delà du simple statut de transporteur».

Multiplication des alliances
Mais pour que RAM devienne une «expérience» sur toute la chaîne de valeur, «en partant de l’achat du billet d’avion en ligne jusqu’à la réception des bagages à la fin du voyage», il va falloir prendre en compte d’autres paramètres de l’écosystème de l’aérien. Abdelhamid Addou le sait, lui qui, ces dernières années, a frappé à toutes les portes pour inscrire RAM dans une alliance.

C’est aujourd’hui chose faite. Après quinze ans de négociations infructueuses avec plusieurs alliances, «les ailes du Maroc» ont rejoint en décembre 2018 le réseau mondial Oneworld, devenant ainsi la première compagnie africaine à intégrer ce prestigieux groupe. RAM passe ainsi de 100 à 1.000 potentielles destinations. En somme, c’est un marché de 150 millions de touristes qui s’ouvre à la compagnie nationale.

«Nous apportons à Oneworld l’Afrique, et Oneworld nous apporte le reste du monde», souligne Abdelhamid, qui rappelle que l’Afrique est le seul continent où l’alliance n’avait, jusque-là, aucun membre effectif. Notons qu’il faut entre 24 et 30 mois pour que les systèmes de l’alliance et de la compagnie fusionnent. Dès lors, l’intégration officielle de la compagnie marocaine est prévue vers la fin mars 2020. «RAM est prête, et l’alliance sera effective dès le 25 mars 2020», précise-t-on à ce propos.

Rappelons également qu’en ce début d’année, RAM et British Airways (BA) ont conclu un accord de partage de codes, premier du genre pour BA en Afrique. Une énorme opportunité pour RAM qui dessert trois aéroports en Grande-Bretagne. La concurrence n’a jamais fait de mal à celles et ceux qui savent bien investir pour rester encore plus dynamiques et compétitifs.

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