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Statistiques monétaires : les crédits bancaires progressent et le cash aussi

En dépit de l’augmentation du taux directeur, l’ensemble des composantes des encours bancaires affichent une tendance haussière pour le mois d’octobre, alors que les créances en souffrance continuent de se creuser. En revanche, la liquidité en circulation repart à la hausse.

Il ressort des dernières statistiques monétaires de Bank Al-Maghrib que le crédit bancaire au secteur non financier s’est accru de 0,6% pour le mois d’octobre 2022. Quant aux crédits bancaires, ils ont affiché une légère baisse de 0,4% par rapport au mois précédent bien que l’ensemble des composantes aient suivi une tendance haussière. Mais en glissement annuel, ils ont progressé de 6,7%.

Des crédits bancaires en hausse
Ainsi, par objet économique, les crédits immobiliers ont enregistré une progression de 0,3% en octobre et de 2,7% sur une année. Le crédit aux promoteurs immobiliers a progressé de 0,6%. Idem pour les facilités de trésorerie. Le crédit à l’équipement a réalisé une évolution de l’ordre de 0,6%. La progression du crédit à la consommation a été de 0,4%. On constate que les crédits bancaires continuent d’évoluer positivement en dépit de l’augmentation du taux directeur.

Car, selon des analystes financiers, les banques n’auraient pas répercuté automatiquement la hausse du taux directeur, en raison du ralentissement de l’activité et des conditions économiques difficiles. En revanche, les répercussions devraient se faire sentir dès le mois de décembre, ou en début d’année. Néanmoins, les encours des crédits bancaires ont connu une hausse de 0,9% durant le mois d’octobre.

En glissement annuel, les créances en souffrance ont grimpé de 4,9% pour un total d’un peu plus de 4,2 milliards de dirhams (MMDH). L’encours des comptes débiteurs et crédits de trésorerie s’affiche à 268,2 MMDH, en hausse de près de 17,7%. Une donne qui s’explique par la conjoncture difficile et incertaine qui marque cette période inflationniste qui prévaut depuis le mois de mars. Toutefois, un recul notable est à constater au niveau des emprunts au secteur non financier dont l’encours a baissé de 7,2% d’un mois à l’autre. Les créances nettes sur l’Administration centrale ont augmenté de 9,2% (après 9,4).

Le crédit bancaire au secteur non financier a, pour sa part, progressé de 6,3% après 5,6%, avec une quasi-stagnation des crédits aux ménages à 3,5%. En effet, la ventilation par objet économique des crédits au secteur non financier fait ressortir qu’une accélération de la progression des facilités de trésorerie de 17,5% à 18,8% a été notée en octobre, suite aux hausses des crédits octroyés aussi bien aux sociétés privées que publiques.

De même, on constate une croissance des crédits immobiliers de 2,7% (après 2,4%), avec une atténuation de la baisse de ceux à la promotion immobilière de 1,8% à 0,9% et une quasi-stagnation des crédits à l’habitat autour de 2,9%. Dans la même logique, la progression des crédits à la consommation a été de 3,8% (après 3,2%) avec une atténuation de la baisse des crédits à l’équipement (passant de -0,6% après -0,3%), suite à l’accélération de la progression de ceux accordés aux sociétés privées. Cependant, les crédits alloués aux sociétés publiques ont poursuivi leur décélération.

La liquidité aussi
Par ailleurs, la liquidité a évolué de 0,5% en glissement mensuel. Les comptes à terme ont enregistré une évolution de 0,7% et les détentions en titres d’OPCVM monétaires de 11,7%. En revanche, les dépôts à vue auprès des banques ont connu une baisse de 0,3%. Résultat des courses, en glissement mensuel, l’agrégat M3 a enregistré une hausse de 0,6% pour s’établir à 1.624,8 MMDH.

En glissement annuel, l’agrégat M3 a marqué une hausse de 5,1% après 4,1% en septembre 2022, reflétant principalement une accélération de la progression des dépôts à vue auprès des banques de 8,1% à 8,6%, et des détentions en titres d’OPCVM monétaires de 2,9% à 16,6%, ainsi qu’une atténuation de la baisse de 13,6% à 12,2% des dépôts à terme. En revanche, la circulation fiduciaire s’est inscrite en décélération de 7,4% à 7,2%.

En revanche, les avoirs officiels de réserve ont accusé une baisse de 0,3% et les créances nettes sur l’Administration centrale ont connu un repli de 0,8%. En contrepartie, les AOR ont enregistré une croissance annuelle de 5,9% (après 7,2%).

Maryam Ouazani / Les Inspirations ÉCO

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