Éco-Business

Sport africain : place au business !

Les équipes africaines, le Maroc en tête, ont réussi un parcours inédit lors du dernier Mondial. Mais en termes de business, la rentabilité du sport africain tarde encore à se concrétiser. Quelles sont les clés pour y arriver ? Éléments de réponse.

L’exploit du Maroc au Mondial 2022 donne des ailes au sport africain. En plus de l’engouement renforcé pour le ballon rond, c’est désormais l’ensemble de l’écosystème sportif du continent qui se remet à rêver d’une véritable renaissance. Une renaissance sportive en termes de résultats, mais aussi de business. Car il faut le souligner, en Afrique, le business du sport représente un potentiel et un véritable gisement d’opportunités.

Il demeure toujours très difficile de quantifier le poids du sport dans l’économie africaine, en raison de la difficulté de réunir des données fiables et disponibles, mais, selon les chiffres véhiculés par différentes études, on estime que la contribution du sport au PIB africain dépasse à peine 0,5% du PIB africain. On est encore très loin des 1.000 à 1.200 milliards d’euros que représente le business du sport dans le PIB mondial (2%). Et quand on parle d’univers du sport sur le continent, cela touche aussi bien le marché des transferts de joueurs professionnels que la commercialisation des produits de sport.

«Sur le continent, l’activité informelle est fortement développée. Il y a, par exemple, des contributions en nature, provenant des États et des entreprises, qui ne sont pas comptabilisées, comme par ailleurs les donations et autres provenant de mécènes», note Aziz Daouda, directeur Technique et du développement de la Confédération africaine d’athlétisme (CAA).

Moteur économique
Aujourd’hui, toute la question consiste à savoir comment développer et rentabiliser le sport africain. Et sur ce point, les avis ne manquent pas. Et tous sont unanimes sur un point : Il faut rendre le sport africain attractif d’abord, la rentabilité suivra. «La rentabilité dépend de la possibilité que vous avez d’attirer ceux qui ont les moyens d’y investir. Et ces investisseurs sont, en premier lieu, les spectateurs. Soit en présentiel, soit par l’intermédiaire des chaînes de télévision. Cela est fondamental», observe le professeur Abdoulaye Sakho, spécialiste en Droit du sport.

Dans une récente étude menée dans plusieurs pays africains sur le business du sport continental, le cabinet Mazars et l’ASCI (African sports & creative institute), en étaient arrivés à plusieurs conclusions et recommandations, parmi lesquelles la nécessité de «faire du sport de masse un moteur pour l’économie du sport».

Pour de nombreux professionnels, cela revient, entre autres actions, à miser à la fois sur les sports nationaux ou traditionnels de chaque pays, en les modernisant et en les marketant, afin de tirer profit des particularités locales africaines. En même temps, les sports mondialement partagés et les plus pratiqués dans le monde doivent faire l’objet d’une professionnalisation obligatoire.

Trois priorités
Tout cela suppose d’abord de «créer un environnement juridique, fiscal et économique propice à l’investissement dans le sport», poursuit l’étude de Mazars et ASCI. Dans ce contexte, d’autres avancées importantes consistent à innover dans l’offre commerciale. In fine, pour l’ensemble des acteurs de la famille du sport, trois grandes priorités sont à mettre en œuvre, afin de rentabiliser le business du sport sur le continent : faire de la formation et de la production de données fiables un préalable; réinventer la gouvernance du sport et lui donner un cadre des affaires propices ; sans oublier de promouvoir le sport comme un produit commercial, tout en innovant dans les modèles économiques. Selon Mazars et ASCI, c’est à ce prix que le business pourra accompagner le succès sur le terrain des sportifs africains.

Amadou Gallo Fall
Président de la Basketball African League (BAL)

«C’est important que l’Afrique dispose d’une ligue professionnelle comme la Basketball african league (BAL). Nous voulons travailler avec les autorités publiques et privées, pour voir la multiplication d’infrastructures sportives qui vont pouvoir accueillir des évènements de niveau mondial».

Mohsen Abdel Fattah
Directeur général de l’African sports & creative institute

«Aujourd’hui, les sponsors n’investissent pas davantage dans les sports africains parce qu’ils ont l’impression que leurs dirigeants connaissent mal leurs fans et que, de ce fait, ils ne les aident pas vraiment à valoriser leurs marques auprès des fans».

Eyong Enoh
Ancien footballeur professionnel

«Il faut retourner à la base, inculquer aux plus jeunes que le sport est un business, au-delà des efforts en termes d’équipements et d’infrastructures».

Abdellah Benahmed / Les Inspirations ÉCO

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