Éco-Business

SADET opte pour le béton précontraint

Une technologie qui permet de réaliser toute forme de structure tout en réduisant l’impact sur l’environnement et le coût des matériaux.


Le groupe marocain du bâtiment SADET a conclu, jeudi à Casablanca, un accord avec la société chinoise OVM pour le transfert de la technologie de «post-tension» par précontrainte, un procédé de pointe dans le domaine de la construction. L’introduction de ce nouveau système devra constituer une première au Maroc. Les spécialistes affirment que la précontrainte par post-tension permet de réaliser toute forme de structure tout en réduisant l’impact sur l’environnement, le délai de construction ainsi que la quantité de matériaux et les coûts. Cette technique vient se substituer aux planchers en béton armé en utilisant des câbles en acier fort résistant, a expliqué Taha Dhaouadi (photo), directeur régional d’OVM MENA, estimant qu’elle permet des gains économiques considérables pouvant aller jusqu’à 30%. Et d’ajouter : «Le partenariat avec SADET vise à développer l’activité du secteur BTP et à garantir la qualité des constructions sur le territoire marocain. OVM est le plus grand fournisseur en Chine de produits et de solutions dans l’activité de «post-tension».

Lors de la cérémonie de signature, le pdg de SADET, Mohammed Azzedine Abaakil (photo), a tenu à préciser que cet accord garantit à son groupe l’exclusivité au niveau national de la «post-tension», dans un marché dominé par des acteurs étrangers, relevant que cette technologie est reconnue mondialement et a été certifiée par de nombreux organismes internationaux. Pour sa part, Abdullah Abaakil, vice-président, explique que la signature de cet accord s’inscrit dans le cadre de la stratégie d’ouverture de SADET sur les entreprises étrangères, qui maîtrisent des techniques développées dans le domaine de la construction. «Nous avons estimé qu’il est temps d’apporter cette technologie qui permet d’alléger la structure des grands bâtiments au Maroc, compte tenu des besoins du marché du BTP et de son évolution. Grâce à ce nouveau savoir-faire, SADET devient l’unique entreprise au Maroc qui répond à l’ensemble des besoins du marché dans les technologies de précontrainte, ce qui permet au groupe une augmentation significative de son chiffre d’affaires».  L’objectif de la précontrainte est de soumettre le béton à des contraintes permanentes de compression destinées à compenser les forces de traction qui seront appliquées à l’ouvrage.

Les forces de flexion ne viendront alors qu’en déduction de la force de la précontrainte initiale. Le béton est alors employé au mieux de ses possibilités. Le béton est précontraint au moyen de câbles qui sont tendus par des vérins : la tension des câbles va appliquer une contrainte de compression au béton, dont l’intensité dépend des charges de flexions qu’aura à subir l’ouvrage. Cette précontrainte peut être appliquée par pré-tension, c’est-à-dire que les câbles sont tendus avant le coulage du béton. Elle peut l’être également par post-tension : dans ce cas, les câbles sont tendus après le durcissement du béton. Cette technique permet ainsi de réaliser des ouvrages soumis à des contraintes importantes (ponts, réservoirs…) ou des éléments structuraux de faible épaisseur mais de portée importante (poutres, dalles…), autorise des projets architecturaux plus sophistiqués et audacieux qu’avec le seul béton armé. Cette technique s’applique aussi bien aux ouvrages coulés en place qu’aux éléments préfabriqués.

Après le coulage et le durcissement du béton, les câbles de précontrainte sont passés dans les gaines préalablement mises en place et les ancrages, jusqu’à des vérins qui permettent leur mise en tension. Lorsque les câbles sont libérés, le béton est alors mis en compression. La tension des câbles est contrôlée par la mesure de leur allongement. Une fois les vérins démontés et les câbles coupés à leurs extrémités, les gaines sont injectés d’un coulis cimentaire pour protéger les câbles de la corrosion. Notons que la post-tension peut être intérieure ou extérieure au béton. Cette dernière permet le changement des câbles endommagés voire le renforcement de structures soumises à des charges supérieures à celles initialement prévues.  


Une technique inventée en…1928

C’est en 1928 que les ingénieurs Eugène Freyssinet et Jean Charles Séailles déposent leur premier brevet concernant «un procédé de fabrication de pièce en béton armé» : Une poutre est coulée dans un coffrage, dans lequel, au préalable, des câbles ont été mis sous tension. Lorsque le béton a durci, on libère l’extrémité des câbles qui transmettent leur contrainte au béton qui se met alors en compression. Le terme de précontrainte ne sera employé par Freyssinet qu’en 1933.

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