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Open Data : la magie n’opère pas encore suffisamment !

Face aux réticences et manques d’engagements des acteurs concernés, l’Agence de développement du digital a organisé mercredi dernier, en collaboration avec la Commission économique et sociale des Nations Unies pour l’Asie occidentale, un atelier pour sensibiliser, encore une fois, les dirigeants des différents administrations, établissements, entreprises publics et collectivités territoriales sur les vertus de l’open data pour le développement.

Dix ans après le lancement du portail national data.gov.ma et de plusieurs initiatives (exemples : l’adoption de la loi n°31.13 relative au droit d’accès à l’information en 2018; la constitution de la Commission du droit d’accès à l’information (2019); la mise en place d’un comité de pilotage des données ouvertes (2019) en charge de la supervision et du suivi de la mise en œuvre de ce chantier au niveau national ; la réalisation d’une étude ADD-Banque mondiale et en coordination avec les différents organismes et institutions concernés 2020), la magie n’opère toujours pas vraiment dans l’open data au Maroc ! Les réticences et manques d’engagements des acteurs concernés sont encore nombreux et empêchent l’Agence de développement du digital (ADD) d’aller de l’avant dans ce chantier pourtant très structurant pour le développement du pays. En effet, le royaume fait encore face à de multiples goulots d’étranglement de l’open data.


Plusieurs goulots d’étranglement
Dans le domaine de la gestion des données, il n’y a toujours pas de standards nationaux en matière de données ouvertes, à cause de la faible interopérabilité entre  les systèmes d’information des organismes publics et de l’absence de cartographie des données. Dans les domaines de la publication et de l’utilisation des données aussi, il y a une réelle difficulté d’accès aux données ouvertes détenues par les administrations publiques, ces dernières n’ayant pas encore pris conscience de l’importance de la publication et de la réutilisation des données ouvertes. Il y a également un manque criant d’initiatives d’exploitation et de réutilisation des données ouvertes ; ou du moins si des cas existent, ils ne sont malheureusement pas visibles. Ce n’est pas tout, le royaume souffre aussi d’un manque de pratique d’anonymisation des données et de l’absence d’une culture de transparence des données au niveau des administrations publiques. Ces différents grains de sable empêchent la machine de l’open data marocaine de tourner convenablement. Du coup, les retards s’accumulent par rapport à certains pays voisins qui ont déjà commencé à goûter aux vertus de l’open data.

Pour relancer la machine, l’ADD a organisé un séminaire, mercredi dernier, en collaboration avec la Commission économique et sociale des Nations Unies pour l’Asie occidentale (ESCWA). L’objectif de cet atelier virtuel était, en fait, de continuer à sensibiliser les hauts responsables des différents organismes et institutions publiques concernées. L’ADD est ainsi parvenue à mobiliser 140 participants, représentant différents administrations, établissements, entreprises publics et collectivités territoriales, qui ont débattu sur trois thématiques liées à l’open data, à savoir : les principaux concepts des données ouvertes, les politiques et bonnes pratiques internationales de l’open data, les principaux défis liés à la mise en œuvre des politiques des données ouvertes et les cas de réutilisation et d’exploitation des données.

Les cas de réutilisation et d’exploitation des données des Émirats et de la Tunisie présentés
Parmi les cas de réutilisation et d’exploitation des données présentés, il y avait notamment ceux du Danemark, des Émirats Arabes Unis et de la Tunisie, ces deux derniers pays ayant choisi de s’attaquer au problème via l’organisation d’hackathons. Par exemple, il a été expliqué que la Tunisie a choisi d’axer son concours «OpenGovDataHackathon 2020» sur la réutilisation des données publiques ouvertes, parce que la réutilisation des données est restée intangible dans le pays, ce qui a découragé les organisations publiques à se joindre à des initiatives de données ouvertes. Le hackathon était donc un événement qui visait à créer une dynamique autour de la réutilisation et de l’exploitation des données publiques ouvertes.

Dans le cadre de sa préparation, plusieurs ateliers ont été organisés pour identifier les domaines ; des programmes de formation sur les données ouvertes ont été également organisées, y compris des réunions de suivi, pour assurer la qualité et la quantité des données pour le concours. Ainsi plus de 640 personnes ont postulé pour prendre part au hackathon, parmi lesquelles 150 participants ont été sélectionnés, formant 38 équipes, dont six équipes ont été récompensées pour leurs solutions. Bref, sur ce plan-là en particulier et sur le développement de l’Open data en général, l’ESCWA a émis plusieurs recommandations, à l’issue de l’atelier. Elle suggère notamment aux pays arabes de poursuivre les efforts en open data en ajoutant des données pertinentes à leurs portails de données ouvertes qui sont un mécanisme important pour améliorer la transparence et la responsabilité; de développer et mettre en œuvre une stratégie de données ouvertes ; d’aligner les initiatives de gouvernement ouvert sur les normes internationales et Charte des données ouvertes adoptée en 2017 et de lancer des programmes de renforcement des capacités techniques sur les données gouvernementales ouvertes qui sont nécessaires pour les représentants du gouvernement. Des conseils que l’ADD compte bien intégrer dans son plan d’action 2021-2023 pour accélérer la  cadence.

Aziz Diouf / Les Inspirations ÉCO


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