Éco-Business

Location de voitures: Le GPBM et l’APSF n’ont jusque-là pas été ouverts au dialogue !

Mounir Chami.

Président de la commission de veille stratégique de la Fédération des loueurs d’automobiles sans chauffeurs au Maroc


Pouvez-vous dresser l’état des lieux du secteur de la location de voitures sans chauffeur ?

Depuis le 15 mars 2020, la fermeture des frontières terrestres, aériennes et maritimes a forcé l’arrêt de plusieurs activités touristiques, dont notre secteur de la location de voitures sans chauffeur.

Plusieurs secteurs ont bénéficié des aides étatiques dans le cadre d’un contrat-programme pour donner une impulsion forte au secteur à travers 3 objectifs majeurs : le maintien des emplois et la préservation du tissu économique, la stimulation de la demande, la transformation structurelle du secteur.

Notre secteur a été exclu de ces aides et des mesures qui lui permettront de préserver le tissu économique, maintenir les emplois et les revenus des employés et garantir l’accès à la couverture sociale pour l’ensemble des acteurs du secteur.

Ces mesures nous auraient également permis de réduire le poids de l’informel et soutenir économiquement et financièrement le secteur pour la relance.

Ceci, sans oublier le fait de stimuler l’investissement et la transformation de l’outil de production, renforcer la résilience et faciliter la reprise d’activité ou encore poser les bases d’une transformation durable du tourisme au Maroc.

Pendant ces vingt mois de souffrance, plus de 40% des loueurs de voitures ont mis la clé sous le paillasson. Sachez que plus de 50% des véhicules, qui constituent le parc disponible, ont été mis en vente du fait des litiges avec les créanciers, notamment les banques et les assurances.

Dans ce cadre, justement, où en sont les négociations avec les établissements financiers et assureurs, notamment le GPBM et l’APSF, au sujet du non-paiement des arriérés et/ou l’insolvabilité à laquelle font face le gros des loueurs ?

Aucune négociation n’a été menée avec ces établissements. Le Groupement professionnel des banques du Maroc (GPBM) et l’Association professionnelle des sociétés de financement (APSF) n’ont pas du tout ouvert le dialogue avec les représentants du secteur tout en sachant que la situation financière de la majorité des entreprises, opérant dans le secteur, est grave.

Je le rappelle: plus de 50% des véhicules qui constituent le parc disponible ont été mis en vente du fait des litiges avec les créanciers, notamment les banques et les assurances qui n’ont accordé aucun soutien aux entreprises impactées.

Le tout, agrémenté de harcèlements téléphoniques, des intérêts sur les reports bancaires qui dépassent 2%, la saisie des voitures sans ordre d’exécution par les tribunaux. Les assurances ont augmenté les primes alors que le taux de sinistralité a baissé pendant toute la période de la pandémie.

Si vous aviez à formuler des propositions aux établissements de financement, assureurs et créanciers pour désamorcer tous ces litiges en cours. Que mettriez-vous sur la table ?

Pour les établissements de financement, nous devons créer en urgence un comité de médiation bancaire qui regroupe des représentants du secteur, APSF, Bank Al-Maghrib et d’autres indépendants de la profession bancaire et intervenants ayant des compétences en matières bancaires afin de proposer des solutions amiables et win-win devant les litiges en cours.

En ce qui est les assureurs, en tant que président de la commission de veille stratégique au sein de la Fédération des loueurs d’automobiles sans chauffeurs au Maroc (FLASCAM), je confirme que la Fédération apportera une très bonne solution aux loueurs dans les jours à venir avec quelques critères indispensables comme stipulés par la commission de labellisation, tel qu’indiqué par Tarik Dbilij, président de la FLASCAM dans sa stratégie triennale.

Propos recueillis par Modeste Kouamé

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