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Levées du Trésor : les trois prochaines années s’annoncent “dynamiques“

L’impact de la crise sanitaire s’est fait sentir sur les finances publiques. Un impact qui devrait durer dans le temps. En attendant la concrétisation de la reprise économique, le seul moyen de couvrir les besoins en financements de l’État reste l’endettement. Dans ce contexte, le cadre monétaire devrait rester globalement stable en 2021.

Les besoins du Trésor devraient s’accentuer encore en 2021. Ce pronostic est tracé par la direction Insight de CDG Capital dans un rapport fraîchement publié sur « les finances publiques à l’épreuve de la crise Covid-19: Analyses et perspectives ». « Nous entamons un cycle d’années budgétaires serrées avec un affaiblissement des ressources fiscales en attendant la concrétisation de la reprise économique aussi bien du côté de la production que de la demande », explique d’emblée Ahmed Zhani, économiste en recherche macro-économique et taux à la direction Insight.


C’est pourquoi, le seul moyen de couvrir les besoins en financements de l’Etat reste l’endettement. Ainsi les trois prochaines années devraient connaitre des levées importantes du Trésor. Un recours plus important en termes de solutions innovantes, notamment de partenariats public-privé, est attendu, estime Zhani.

Dans ce contexte, l’évolution de la courbe des taux devrait dépendre des variations ponctuelles liées à la cyclicité des recettes fiscales et au besoin de liquidité des opérateurs.

« L’élément déterminant de son évolution reste le changement du cadre monétaire que nous prévoyons en stabilité cette année, compte tenu de la faible réactivité des crédits malgré les actions expansionnistes importantes menées par Bank Al-Maghrib en 2020 », explique Zhani.

La restauration des équilibres des finances publiques semble à ce stade très laborieuse sur les années à venir. Ceci est d’autant plus compliqué que le déficit et l’endettement ont atteint des niveaux importants en 2020 (respectivement 7,5% et 76% du PIB). Il faut dire qu’à l’image de la quasi majorité des pays, la crise sanitaire a fortement déstabilisé les finances publiques, aussi bien sur le plan des recettes avec une baisse importante des ressources fiscales, qu’au niveau des dépenses avec la montée des exigences sociales, particulièrement celles relatives à la santé et aux aides accordées aux ménages. Le déficit public a presque doublé, à fin 2020 comparativement à l’exercice précédent, pour dépasser la barre des 80 MMDH. Sur la base d’un scénario hors-crise, la perte fiscale pour les exercices 2020 et 2021 devrait dépasser les 65 MMDH. Face à cela, les dépenses continuent à évoluer sur un trend haussier, en lien avec la rigidité des charges courantes qui sont devenues très difficiles à réduire après l’engagement de la réforme de la compensation et le rôle contra-cyclique que devrait jouer l’État à travers un effort d’investissement considérable prévue à 230 MMDH cette année, contre une moyenne de 140 MMDH enregistrée au cours des quatre dernières années.

Que peut la loi de Finances ?
La loi de Finances 2021 arrive dans un contexte extrêmement difficile et empreint d’incertitudes. La volonté des pouvoirs publics de soutenir la reprise et de mener des réformes sociales d’envergure malgré l’affaiblissement des ressources devrait se traduire par une hausse supplémentaire de l’endettement. « Toutefois, les orientations sont adaptées au contexte actuel, avec une programmation budgétaire qui est plus claire, des réformes fiscales qui cadrent avec les dernières reformes enregistrées au cours des deux dernières années et qui visent la protection de l’industrie locale et le développement des produits de substitution, l’encouragement de l’emploi et de la réinsertion, la poursuite du processus de restructuration de l’administration ainsi que l’accélération de la transition énergétique et écologique », alerte l’auteur de l’étude publiée par CDG Capital.

En d’autres termes, quatre grands chantiers caractérisent l’orientation actuelle des actions publiques, en l’occurrence, la reprise, le social, la gouvernance et la durabilité. Pour ce qui est de l’équilibre ressources/emplois et des hypothèses de base, le scénario semble globalement réaliste hormis quelques réserves émises par la direction Insight de CDG Capital. Celles-ci concernent notamment le prix du pétrole, qui a déjà dépassé la barre des 60 dollars le baril avec des perspectives orientées à la hausse, alors que la LF-2021 le prévoit à 50 dollars. À cela s’ajoute, la reprise de la demande étrangère de 12,6% qui reste tributaire de la reprise chez les pays partenaires et la hausse de 22% des recettes de la taxe sur la valeur ajoutée (TVA) basée sur une progression très importantes des importations et de la consommation intérieure. 

Aida Lô / Les Inspirations Éco

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