Éco-Business

L’APEBI alerte sur «la fuite des cerveaux»

Abonnez vous pour lire tout le contenu de votre quotidien Les Inspirations Eco

L’APEBI, fédération marocaine des technologies de l’information, des télécommunications et de l’offshoring annonce son plan d’actions 2018-2020, l’enjeu des ressources humaines est au cœur de ce projet.


Le secteur IT au Maroc perd chaque mois 50 ingénieurs qui le quittent pour l’étranger. Par an, ce sont 600 ingénieurs informaticiens qui plient bagages vers d’autres cieux.

Départs vers l’Hexagone
«Trois entreprises étrangères viennent tous les 15 jours pour recruter une dizaine d’ingénieurs marocains. Ces départs sont très mauvais pour un pays qui développe des projets digitaux», prévient Saloua Karkri-Belkeziz, présidente de l’APEBI. La fédération a même contacté l’Ambassade de France au Maroc pour les sensibiliser aux pratiques de certains recruteurs de l’Hexagone. «La France est la première destination de ces profils», précise la présidente de l’APEBI. Hassan Charaf, membre du Conseil d’administration de l’APEBI, relativise cette problématique des RH. «C’est un phénomène mondial. Les Français souffrent aussi d’un phénomène similaire avec le départ de leurs ingénieurs vers les États-Unis ou les Chinois qui partent vers le Canada», illustre-t-il. Même son de cloche de Hicham Iraqui Houssaini, dg de Microsoft Maroc : «Nous recevons autant de demandes de départs vers l’étranger que de sollicitations de la part d’ingénieurs marocains qui souhaitent rejoindre le Maroc. C’est une bonne chose». Dans ce contexte, la fédération IT au Maroc veut faire de l’axe «Formation et employabilité» un de ses 5 chantiers majeurs pour les deux prochaines années (voir encadré). «Le secteur traverse une période très difficile en matière de RH, qui rappelle celle de l’an 2000. Nous ne voulons pas empêcher les informaticiens de partir, c’est impossible. Nous plaidons pour la multiplication de l’offre de formation pour répondre à la demande pour le marché intérieur et extérieur», espère la présidente de l’APEBI. Dans ce sens, l’APEBI prépare «un plan d’actions avec les ministères de l’Enseignement supérieur et de l’Industrie pour préparer une stratégie de formation». En attendant que cette feuille de route voit le jour, la fédération du secteur IT prend les choses en main. «Nous venons de lancer une expérience pilote de formation en JAVA de courte durée pour 50 jeunes», annonce Karkri-Belkeziz. Ce programme est financé par la CDG et le ministère de l’Industrie. «La formation est certifiée par 5 entreprises membres de la fédération. Nous nous engageons à recruter ces jeunes dès la fin de la session», promet Karkri-Belkeziz. Dans les deux prochaines années, l’APEBI compte faire l’état des lieux des RH dans le secteur, à travers trois actions : un recensement des besoins, lancer des études relatives aux salaires, les attentes des salariés et l’amélioration des conditions de travail. Enfin, l’APEBI lancera ses groupes de réflexion autour des problématiques de la «fuite des cerveaux», le turn-over et «l’inflation des salaires» dans le secteur.


Saloua Karkri-Belkziz
Présidente de l’APEBI

Les Inspirations ÉCO :  Comment expliquez-vous les départs des ingénieurs marocains vers l’étranger ?  
Saloua Karkri-Belkziz : Il s’agit souvent de jeunes qui n’ont pas toujours vécu une expérience à l’étranger. Ils sont motivés par ce challenge mais ils ne sont pas toujours conscients du coût de la vie dans les pays d’accueil. Ceci dit, le principal facteur de départ demeure l’absence de projets intéressants dans le domaine IT pour retenir ces compétences.  

Où en est l’Agence du développement digital (ADD) dont vous êtes membre du conseil d’administration ?
L’APEBI représente la CGEM au sein de l’agence. L’ADD est en phase d’installation administrative (locaux et statut du personnel, etc…). Nous espérons que l’ADD va accélérer cette phase pour démarrer dans les temps. Maintenant, nous n’attendons que l’opérationnalisation des chantiers fixés par le conseil d’administration.  

Inwi poursuit en justice IAM au sujet du dégroupage de la boucle ADSL, les télécoms sont-ils assez développés pour accompagner la transition digitale ?
Le digital ne peut se développer sans les télécoms qui sont les autoroutes pour nos programmes. Ces tuyaux permettant de rendre accessible le haut débit partout. Donc, la qualité des services télécoms est stratégique pour l’ensemble des services, notamment l’E-gov. Sans cette qualité, ces services ne pourront être accessibles aux citoyens. Il faut avoir de l’inter-opérabilité et du haut débit partout au Maroc.


Plan 2018-2020 : Agence digitale, E-gov et startups

L’APEBI a fixé cinq chantiers prioritaires pour les deux prochaines années. En premier lieu, la fédération souhaite accompagner la nouvelle Agence du développement du digital et accompagner le gouvernement dans sa stratégie E-gov, ce qui se traduira par l’ouverture de nouveaux marchés pour les entreprises du secteur. Le deuxième chantier est le soutien de l’offshoring et sa régionalisation. Le troisième axe est la formation dans le secteur. Le quatrième axe qui est une nouveauté pour ce mandat consiste en une action de soutien aux startups. L’APEBI aspire à fédérer les startups et l’écosystème d’innovation. Cinquième et dernier axe, l’accompagnement des stratégies d’investissement et d’export des membres de l’APEBI.

Rejoignez LesEco.ma et recevez nos newsletters


Articles similaires

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée.

Bouton retour en haut de la page