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Jorf Lasfar détrône Casablanca !

C’est inédit dans l’histoire portuaire du Maroc : le port de Casablanca perd sa place de premier port du royaume au profit de Jorf Lasfar, propulsé par l’intense activité de l’OCP.


Nous le prédisions il y a presque 4 ans, c’est aujourd’hui devenu une réalité : le port de Jorf Lasfar a dépassé celui de Casablanca et se hisse désormais à la première place des ports marocains en termes de tonnage. C’est une première, qui s’est constatée à fin mars 2018. Selon les statistiques trimestrielles de l’Agence nationale des ports (ANP), la plateforme portuaire énergétique et minéralière de Jorf Lasfar a traité un volume de 7,494 millions de tonnes, contre 7,453 millions pour Casablanca, soit un dépassement historique de 41.638 tonnes en faveur de Jorf. Cette nouvelle peut surprendre plus d’un, mais pas les fins connaisseurs du secteur maritime, qui voyaient la tendance se dessiner depuis 2014. C’est le cas de l’expert maritime Najib Cherfaoui, le même qui, quatre ans plus tôt dans nos colonnes, anticipait cette montée fulgurante du port de Jorf Lasfar. Et selon lui, les choses sérieuses ne font que commencer : «Cette dynamique de Jorf Lasfar est appelée à s’installer dans la durée, car l’OCP s’équipe et renforce sa capacité de production», déclare-t-il aux Inspirations ÉCO. Toutefois, il précise «que Jorf Lasfar dépasse Casablanca, cela ne veut pas dire que le port de la capitale économique est en baisse de forme, mais plutôt que Jorf Lasfar profite des activités de l’OCP et des industries énergétiques installées sur place».

 Agrandir Jorf Lasfar
Alors, le port centenaire du poumon économique du royaume pourra-t-il reprendre l’avantage dans le court et moyen termes ? Notre expert maritime reste prudent, mais répond tout de même par la négative. «La conjoncture profite au port de Casablanca parce que le Maroc importe actuellement beaucoup de blé. Ce qui ne sera pas le cas l’année prochaine, car la saison agricole a été bonne en 2017-2018 et par conséquent, il risque d’y avoir moins d’importations l’année prochaine». Comprenez : il sera encore plus difficile au vieux port de Casablanca de se mesurer au vigoureux concurrent de Jorf Lasfar, en exploitation depuis 1982. Se pose alors la question sur l’agrandissement de cette plateforme située à 17 km d’El Jadida. Pour le professeur Najib Cherfaoui, cette extension s’impose plus que jamais. «Il faut agrandir Jorf Lasfar», conseille-t-il.


Des extensions prévues à Jorf Lasfar

Dans sa stratégie portuaire à l’horizon 2030, le département de Transport et de l’équipement prévoit de porter le trafic global du port de Jorf Lasfar à 54 millions de tonnes. La concrétisation du projet de construction d’un nouveau port énergétique, dont le coût est estimé à 7 MMDH, est très attendue. La stratégie de développement de ce port mentionne également, la construction d’un terminal à conteneurs, ainsi que l’implantation du chantier de réparation navale pour remplacer celui de Casablanca. Il est aussi question d’y implanter un terminal méthanier, en alternative éventuelle ou en complément aux ports de Nador West Med et de Kénitra Atlantique. Le port de Jorf Lasfar se compose d’un plan d’eau de 200 hectares protégé de la houle par deux digues à talus de 3.100 mètres et 1.250 mètres de longueur, les appontements en «forme de peigne» délimitent des quais et des bassins spécialisés. Enfin, il faut noter que les principaux produits traités à Jorf Lasfar sont les phosphates et dérivés, en plus des hydrocarbures.

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