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Guelmim-Oued Noun/Marché du PDR et suivi du contrat-programm : l’offre technique a favorisé SouthBridge

Étant donné qu’il s’agit d’un marché d’études, l’attribution de l’appel d’offres lié à l’élaboration du PDR et l’accompagnement à la structuration et à la mise en œuvre des projets prioritaires du contrat-programme «État-Région» a été confié à SouthBridge A&I sur la base de l’offre économiquement avantageuse et non pas la moins-disante. Contrairement à l’offre financière, c’est le poids de l’offre technique, qui représente 70% de l’offre globale, qui a favorisé SouthBridge A&I. Détails. 

Lancé depuis mars dernier, l’appel d’offres afférent à l’étude relative à l’élaboration du Programme de développement régional (PDR) pour la période 2022-2027 et l’accompagnement à la structuration et à la mise en œuvre des projets prioritaires du contrat-programme «État-Région» (2021-2023) a été confié au cabinet de conseil SouthBridge A&I. Estimé à 15 MDH par le maître d’ouvrage qui est le Conseil régional de Guelmim-Oued Noun, le marché a été octroyé à plus de 14,2 MDH par la commission de l’AO.

Selon l’extrait du procès-verbal de cet appel d’offres dont l’ouverture des plis a été effectué le 10 mai 2022, à l’issue de l’examen des dossiers administratifs, techniques et financiers (y compris la vérification des actes d’engagement), la justification du choix de l’attributaire est motivée par l’offre la plus économiquement avantageuse et non pas la moins-disante. Au total, quatre groupements avaient soumissionné à cet appel d’offres dont deux ont été évincés à I‘issue de l’examen des dossiers administratifs et techniques, notamment AFCI Consultants Maroc et ARP Développement, en plus de Compétences Conseil Sarl. Pour sa part, le groupement constitué de Valyans et Grant Thornton Conseil a été écarté à l’issue de l’évaluation des offres financières et le marché a été confié à SouthBridge A&I.

La note globale a favorisé SouthBridge A&I
Il va sans dire que depuis l’adjudication de cet appel d’offres à ce cabinet, une polémique est née. À l’origine des débats, le montant dudit marché n° 14/BR/RGON/2022 à la base duquel la commission a confié l’appel d’offres suite à l’évaluation des offres des entreprises dans leur globalité, mais aussi à la nature de la prestation. En se référant au règlement de consultation dudit marché, l’évaluation des offres, qui a permis à SouthBridge A&I de remporter l’appel d’offres, est basée sur l’offre du candidat ayant obtenu la note globale la plus élevée.

Par conséquent, cette note est considérée comme l’offre la plus avantageuse à la base de la formule de pondération suivante : Note finale = Note technique × 0,7 + Note financière × 0,3. C’est la raison pour laquelle la commission a justifié son choix d’attribution à l’offre économiquement la plus avantageuse. Que signifie cette désignation en comparaison avec l’offre la moins-disante ?

Selon l’article 18 du Décret relatif aux marchés publics, «l’attribution des marchés d’études est effectuée sur la base de l’offre économiquement avantageuse dans les conditions prévues à l’article 154 ci-dessous». Cette dernière est attribuée en fonction de chaque critère. Puis les notes sont ensuite pondérées pour aboutir à une note globale sur 100.

Dans le cas de cet appel d’offres, force est de constater qu’en se basant sur le règlement de consultation, le groupement constitué de Valyans et Grant Thornton Conseil a eu 100 points pour l’offre financière contre 80 points en faveur de SouthBridge A&I. Toutefois, le poids de l’offre technique, qui représente 70% de l’offre globale, a favorisé SouthBridge A&I.

Deux missions englobant deux phases
De plus, l’appel d’offres n’est pas uniquement limité à l’étude relative à l’élaboration du PDR à l’instar des marchés des autres régions, mais il englobe une autre prestation qui est l’accompagnement à la structuration et à la mise en œuvre des projets prioritaires du contrat-programme «État-Région» (2021-2023) constitué de 37 projets.

Les deux missions englobent deux phases, de 3 mois pour le PDR et de 24 mois pour l’accompagnement à la structuration et la mise en œuvre des projets prioritaires du Contrat-programme «État-Région». Sur ce dernier point, cette phase mobilisera deux consultants à plein temps durant cette période alors que l’équipe devra comprendre, a minima, 7 profils d’experts.

A cela s’ajoute la rédaction de 22 rapports mensuels. En comparaison avec les autres études afférentes à la réalisation du PDR, celui de Casablanca-Settat et Souss-Massa mobiliseront un délai d’exécution de 9 et 10 mois alors que celui de Guelmim-Oued Noun nécessitera trois mois pour l’étude du PDR et son accompagnement avec, respectivement, 8,6 MDH et 6,4 MDH (estimation en attendant l’adjudication du marché de Souss-Massa).

Par ailleurs, bien que la différence entre SouthBridge A&I et le groupement constitué de Valyans et Grant Thornton Conseil est égal à 19,72%, le décalage n’est jugé anormalement bas que s’il est inférieur à 25% par rapport à l’estimation du coût des prestations établie par le maître d’ouvrage qui est de 15 MDH lors du lancement du marché, en mars dernier.

La nature et la consistance des deux missions
Il va sans dire que la mission du cabinet sélectionné assurera la conception de la vision stratégique de la région fixant les actions de développement pour une durée de six ans, conformément à la loi organique n°111.14 relative aux régions. La mission porte sur le périmètre de la région, constituée de quatre provinces, à savoir Guelmim, Tan-Tan, Sidi Ifni et Assa-Zag. L’objectif de la première phase est d’établir un nouveau PDR à travers la réalisation d’un diagnostic régional et provincial portant sur diverses thématiques stratégiques, la concertation avec les acteurs de la région et une actualisation de la vision stratégique en identifiant les domaines prioritaires et les nouvelles aspirations de la région. Cette phase sera exécutée en deux missions, à savoir la réalisation du diagnostic des besoins et des potentialités de la région et l’élaboration du programme de développement régional 2022-2027. S’agissant de la seconde phase dédiée à l’accompagnement du Conseil pour la mise en œuvre du contrat programme «État-Région» 2021-2023 et la mise en œuvre du PDR, cette mission sera structurée aussi en deux missions, notamment, le cadrage de l’intervention et la feuille de route ainsi que l’accompagnement proprement dit à la mise en œuvre sur 22 mois.

Pour rappel, la Région Guelmim-Oued Noun a voté, en novembre 2019, son projet de PDR et elle a entamé par la suite sa mise en œuvre. Ainsi, un contrat-programme, sur deux ans, a été signé entre la Région et l’État, en 2021, pour la mise en œuvre des projets structurants. Ce contrat-programme contient 37 projets répartis sur trois axes, notamment, l’amélioration de l’attractivité de la région, le développement de son inclusion sociale ainsi que la protection et la valorisation du patrimoine naturel et culturel.

Aussi, la région a validé son Schéma régional d’aménagement du territoire (SRAT) axé en particulier sur les espaces projets. Pour chaque espace projet, il s’agira pour la région de confirmer l’adhésion des acteurs territoriaux aux conclusions du SRAT concernant les projets retenus et leur priorisation. D’autre part, dans le cadre de la mise en place du Nouveau modèle de développement, la Région Guelmim-Oued Noun a bénéficié du programme de développement intégré, signé devant le Roi Mohammed VI, en 2015, dotant la région de nombreux projets structurants, tels que la voie expresse Tiznit-Dakhla, l’aéroport international de Guelmim, le barrage de Fask et bien d’autres. À l’instar des autres régions du Royaume, Guelmim-Oued Noun a bénéficié du programme de réduction des disparités territoriales et sociales, permettant de diminuer l’écart de développement entre les différents territoires de la région. A cet effet, la Région porte l’ambition d’établir un nouveau PDR et de se focaliser, notamment, sur les projets structurants réalisés dans le cadre des différents programmes de développement et nouveaux projets ou programmes supplémentaires.

Yassine Saber / Les Inspirations ÉCO

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