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Financement de l’économie : la stratégie du Maroc a été payante

Bank Al-Maghrib a dévoilé, ce week-end, son rapport 2020, avec une large part consacrée aux flux financiers entre agents économiques, en analysant les modalités de financement de leurs besoins et les placement de leurs excédents.

Abdellatif Jouahri a sacrifié à la tradition en présentant devant le souverain, samedi dernier, le rapport 2020 de Bank Al-Maghrib. Un document de 342 pages, qui revient en détail sur les choix, chantiers et mesures qui ont permis aux Marocains de transformer la crise en une «véritable opportunité», en vue d’amorcer un nouveau départ sur des bases assainies et plus solides. De fait, le pays ne s’est jamais autant mobilisé, sur un temps aussi court, pour enclencher un élan fort, susceptible de placer l’économie nationale sur un sentier de croissance soutenue, durable et inclusive. En effet, grâce à l’impulsion et au suivi du roi, les pouvoirs publics et les agents économiques ont su faire face à la crise, et démontré «une capacité exceptionnelle d’action et de mobilisation», notamment en terme de financement de l’économie nationale, comme en témoignent les flux financiers entre ménages, administrations publiques, sociétés financières, sociétés non financières et reste du monde. Dans le détail, les opérations financières des administrations publiques avec les résidents se sont caractérisées par une hausse du flux de leurs engagements et un ralentissement de celui de leurs créances.


«En effet, les émissions nettes en bons du trésor se sont établies à 43,6 MMDH après seulement 10,9 MMDH en 2019, tandis que les dépôts auprès du trésor se sont contractés de 6,9 MMDH, contre une amélioration de 7,6 un an auparavant», explique BAM.

En parallèle, poursuit la banque centrale, les actifs financiers des administrations publiques, constitués principalement des placements des organismes de prévoyance et de retraite à régime obligatoire, se sont accrus de 5,4 MMDH. «Leurs détentions, en titres d’OPCVM, ont affiché une augmentation de 13 MMDH, et leurs dépôts ont totalisé 2,8 MMDH additionnels, alors que leurs avoirs en bons du Trésor se sont inscrits en baisse de 11,9 MMDH», souligne le rapport. Pour ce qui est des flux financiers des sociétés non financières, leurs engagements se sont alourdis de 21,3 MMDH, tirés essentiellement par un accroissement de 10,7 au titre des émissions nettes de titres de dette.

En revanche, le flux des crédits contractés auprès des sociétés financières a régressé à 10,6 MMDH. En particulier, les crédits bancaires à l’équipement, destinés aux sociétés non financières privées, ont reculé de 5,4 MMDH, après une hausse de 5,6 enregistrée en 2019. Quant aux flux financiers des ménages, ils se sont améliorés de 104,1 MMDH en 2020. Selon la banque centrale, cette évolution traduit essentiellement une hausse de 50,4 MMDH de leurs détentions en numéraire, ainsi qu’un accroissement de 42,8 de leurs dépôts, avec, en particulier, un rebond de 45,1 MMDH des dépôts à vue. Il faut noter que le flux des emprunts contractés auprès des sociétés financières est revenu de 20,5 MMDH en 2019 à 13,9 seulement. En particulier, les crédits à la consommation ont reculé de 2,6 MMDH après avoir progressé de 6,8 tandis que ceux à l’habitat se sont accrus de 7,4 MMDH contre 7,9 en 2019. En 2020, l’investissement s’est ainsi établi à 310 MMDH, soit 28,4% du PIB, contre 31,9% en 2019. Dans ces conditions, le besoin de financement s’est rétracté à 19,3 MMDH, et son ratio par rapport au PIB est passé de 4,1% à 1,8%. Quant au revenu national brut disponible (RNBD), il s’est chiffré à 1.153,3 MMDH, en recul de 4,2%, après une hausse de 3,7% en 2019. Il faut noter que l’utilisation du conditionnel dans ce chapitre, consacré au financement de l’économie, n’est pas due au hasard. Les estimations ont été élaborées sur la base de la structure par agent de l’année précédente, dont, notamment, les statistiques monétaires de Bank Al-Maghrib, la balance des paiements publiée par l’office des changes et les comptes nationaux des secteurs institutionnels, élaborés par le HCP. BAM souligne, d’ailleurs, qu’une fois que de nouvelles données seront disponibles, elle effectuera une évaluation approfondie de ces estimations, afin d’en tirer les enseignements nécessaires pour l’établissement du rapport de l’exercice suivant.

Une ruée vers les prêts extérieurs

Concernant les flux financiers avec le reste du monde, le besoin de financement de l’économie a été couvert principalement par des prêts extérieurs, alloués essentiellement aux administrations publiques et aux sociétés financières, pour un montant de 49,9 MMDH, ainsi que par l’acquisition d’obligations émises par les administrations publiques, pour un total net de 23,3 MMDH. S’agissant des autres flux, ils se sont inscrits en baisse pour s’établir à 13,6 MMDH pour les prises de participation dans les entreprises résidentes, et à sept pour les crédits commerciaux. Par agent économique, les engagements nets des sociétés non financières ont reculé à 20,5 MMDH, enregistrant un repli à 0,8 MMDH pour les emprunts et 12,2 MMDH, pour les prises de participation.

Khadim Mbaye / Les Inspirations ÉCO

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