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Équilibres macroéconomiques : le FMI livre ses conclusions

Le chef de mission du FMI pour le Maroc, Roberto Cardarelli, devrait livrer ce lundi ses conclusions, suite aux nombreux entretiens menés au cours des derniers jours avec les différentes autorités du royaume.

C’est ce lundi que le nouveau chef de la mission du Fonds monétaire international (FMI) pour le Maroc, Roberto Cardarelli, devrait partager les conclusions des consultations qu’il a menées auprès des autorités marocaines. Une conférence de presse virtuelle est prévue aujourd’hui afin de faire le point sur la série d’entretiens ayant permis à Cardarelli d’apprécier l’ensemble des mesures entreprises par le royaume pour faire face à la pandémie. À ce titre, le responsable a salué la réactivité des autorités et a souligné l’importance de la ligne de précaution et de liquidité qui aurait permis de renforcer les capacités de l’économie marocaine à résorber les crises et limiter les répercussions négatives de la pandémie. Pour lui, ce sont ces manœuvres proactives qui ont conforté le FMI dans sa volonté de soutenir et d’accompagner l’économie nationale dans la prochaine étape. Il faudra ainsi compter sur le plan de relance mis en place récemment et qui a été exposé à la délégation du FMI par le président de la Chambre des représentants, Habib El Malki.


Le chef de mission, Roberto Cardarelli, a pu en effet prendre connaissance des dernières évolutions de la situation économique du pays, du plan de relance, des diverses réformes et des innovations les plus marquantes apportées par le projet de loi de Finances 2021.

Lors de leurs dernières rencontres, El Malki a passé en revue les mesures adoptées par le royaume visant à enrayer les répercussions sociales et économiques de la propagation de la pandémie du coronavirus, avec une mention spéciale au fonds spécial pour venir en aide notamment aux familles démunies et aux entreprises nationales, ainsi que pour la préservation des emplois. Il est également revenu sur le discours royal qui établissait l’ossature du prochain plan de relance de l’économie nationale, basé sur la création du fonds d’investissement stratégique d’une valeur de 15 MMDH, qui sera financé par le budget de l’État. L’objectif est de promouvoir les investissements, d’augmenter les capacités de l’économie nationale à travers l’appui des secteurs productifs, le financement et l’accompagnement des grands projets, dans le cadre d’un partenariat public-privé (PPP).

«Le Maroc, en tant que pays touristique ouvert, est confronté à des défis économiques et sociaux, mais cherche à rendre cette situation propice au lancement de profondes réformes structurelles», a relevé El Malki. Il a, dans ce sens, mis l’accent sur la réforme du système de la santé, la généralisation de la couverture sociale, la promotion de l’agriculture et du développement rural, la réforme des établissements publics et l’amélioration de la gouvernance.

Cet entretien fait ainsi écho au plaidoyer du ministre des Finances, de l’économie et de la réforme de l’administration, Mohamed Benchaâboun, durant les récentes assemblées annuelles du FMI et de la Banque mondiale. Le gouvernement concentrera, en effet, ses efforts pour limiter les fragilités mises en évidence par la Covid-19. Trois axes prioritaires ont été annoncés, qui revêtent un caractère social dans l’absolu. Plusieurs programmes ont été déclinés dans ce sens. Les pouvoirs publics devraient en effet se pencher sur la relance économique, ainsi que sur la réforme du secteur public. Le fonds d’investissement viendra ensuite soutenir ces mesures proactives. Il interviendra de façon rapide pour injecter dans l’économie les fonds nécessaires qui servent à relancer l’investissement et actionnera tous les mécanismes classiques de financement, y compris le capital-investissement, outre un volet d’investissement dans les infrastructures à travers les partenariats publics-privés. Ces efforts devront par contre être menés avec une grande vigilance. Gare, en effet, à l’équilibre macroénomique – surtout en matière d’endettement – qui pourrait détériorer davantage la note souveraine du Maroc à l’international. Très suivie par les investisseurs, cette notation est prise en compte dans l’appréciation du niveau de risque de solvabilité financière d’un État.

Notation : Le Maroc vient de perdre son «Investment grade»

L’ensemble des agences de notation dresse un sombre tableau de l’économie marocaine en ces temps de crise. Moody’s vient en effet d’abaisser la note souveraine du Maroc, qui passe de BBB- à BB+, en raison des impacts sérieux de la pandémie sur l’économie, ainsi que sur les finances publiques et extérieures. De son côté Fitch Ratings estime que «même si les autorités tentent de limiter la détérioration des finances publiques, l’impact persistant de la pandémie sur le budget et les plans d’extension des services sociaux dans un contexte de recrudescence du chômage, compliqueront les efforts de stabilisation de la dette». Fitch prévoit un creusement du déficit budgétaire à 7,9% du PIB en 2020, et 6,5% en 2021, contre 4,1% (hors recettes de privatisation) en 2019. Le PIB devrait selon l’agence, s’afficher en décroissance de 6,5%, soit une des plus fortes baisses jamais enregistrée. Standard & Poor’s a, quant à lui, maintenu la note de la dette souveraine du Maroc à BBB-, mais a émis un avertissement de déclassement en révisant sa perspective à la baisse, à cause de l’augmentation de la dette et des besoins de financement externe.

Aida Lo / Les Inspirations Éco

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