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Économie verte : Le Maroc plébiscité par les investisseurs

Le Maroc est arrivé dans le trio de tête des pays africains les plus attractifs pour les investissements verts, selon un nouveau classement réalisé par Havas Horizon et l’Institut Choiseul. Les perspectives prometteuses du royaume témoignent du dynamisme de la stratégie nationale de promotion des énergies renouvelables, assortie d’atouts stratégiques que le pays a su développer ces dernières années.

À quelques mois de la tenue de la COP 22 à Marrakech en novembre prochain, le cabinet Havas Horizons met la lumière sur le potentiel du pays en matière d’investissements verts. Le cabinet français vient en effet de publier les résultats de son étude sur les perspectives d’investissement en Afrique pour la période 2016-2020, dans laquelle le royaume est arrivé dans le trio de tête des pays les plus attractifs du continent pour les investissements.  L’attractivité du Maroc ne cesse d’ailleurs de se confirmer à travers le maintien de la dynamique des investissements directs à l’étranger (IDE) malgré un contexte économique mondial morose et une instabilité politique et sécuritaire au niveau régional. Selon l’étude d’Havas Horizons, réalisée conjointement avec le cabinet Choiseul, le Maroc, a été plébiscité par les investisseurs. «Avec une croissance de 4,5% en 2015, «le pays a su préserver son attractivité touristique dans un contexte régional tendu et a, par ailleurs, bénéficié de la chute du cours des matières premières, grâce notamment à une économie mature portée par une industrie manufacturière tournée vers l’exportation, et la multiplication de ses partenaires commerciaux hors Union européenne».


Investissements énergétiques
Le royaume se place également en bonne position, particulièrement pour ce qui est du développement des énergies renouvelables. Du Maroc, le rapport souligne que «sa stratégie ambitieuse en matière de développement durable et le rôle que le pays est amené à jouer en 2016, avec l’organisation de la COP 22 ne pouvaient sans doute pas laisser nos sondés insensibles». La compilation du sondage réalisée pour les besoins de l’étude et qui porte sur la perception d’investisseurs internationaux a mis en exergue cinq pays aux profils différents mais qui cristallisent l’intérêt sur le radar des marchés financiers, notamment pour ce qui est des investissements dans le secteur des énergies. Il s’agit du Nigeria, de la Côte d’Ivoire, du Kenya, du Maroc et de l’Afrique du Sud.

D’après les détails de l’étude, 33% des investisseurs ont cité le Nigeria en première position, 22% évoquent la Côte d’Ivoire et 19% le Maroc.  «Le Maroc peut s’appuyer sur un potentiel d’énergies renouvelables important, solaire notamment, et a de bonnes capacités de financement», précise le rapport. De manière générale, l’étude d’Havas estime que l’accent mis sur la diversification de la production énergétique, la poussée vers les énergies renouvelables et la tenue plus que symbolique de la COP 22 sur le continent en novembre 2016 illustrent bien cette Afrique dotée d’une vision énergétique à long terme.  

Opportunités de croissance
Le rapport n’a pas manqué de sacrifier à la tradition qui consiste à relever l’optimisme durable des investisseurs pour l’Afrique, malgré des difficultés passagères. Ainsi, ils sont 75% des sondés à se montrer optimistes sur les perspectives économiques du continent pour 2016 et, concernant les perspectives économiques du continent pour 2020, 91% des sondés émettent le même avis. Les raisons de ce dynamisme tiennent à la solidité des opportunités de croissance, lesquelles s’expliquent principalement par la hausse continue de la consommation privée, mais également par l’augmentation des investissements dans de nombreux secteurs particulièrement porteurs comme l’énergie, l’agriculture ou encore les services. Selon le rapport, la nécessité de changer de modèle de développement, et ainsi d’accélérer la diversification de leurs économies, est devenue un enjeu majeur pour les pays africains.

De même, l’essor de l’agriculture, le déploiement des réseaux électriques, l’accélération de l’industrialisation sont autant de facteurs d’une croissance toujours mieux maîtrisée. «De nombreux pays du continent ont accéléré la diversification de leur économie et bénéficient aujourd’hui des fruits de cette stratégie», note le document, qui explique cette réussite par de nombreux investissements effectués dans des projets d’infrastructures ambitieux, dans la sécurisation de la production énergétique ainsi que dans la transformation des services financiers.

Dans ce contexte, «on assiste à l’émergence progressive d’un marché véritablement panafricain qui permet l’apparition d’un tissu d’entreprises locales connaissant parfaitement leur environnement et qui renforcent leur capacité de développement chaque jour davantage». Pour les auteurs de l’étude, la diversification des modèles énergétiques commence déjà à faire ses preuves partout dans le monde et pourrait bien être la clé d’une réussite étendue à l’ensemble du continent africain. Il s’agit là d’un autre motif d’intérêt pour les investisseurs marocains qui se positionnent de plus en plus sur les différents marchés du continent dans le sillage de la diplomatie marocaine en Afrique, portée par une politique affichée au plus haut niveau de l’État et qui ne cesse de faire des émules. 


 

Bon cru pour CFC et l’OCP
La place financière casablancaise suscite également l’intérêt des investisseurs internationaux. Il faut dire que selon les résultats de l’étude, les deux secteurs jugés les plus porteurs par les investisseurs internationaux sur la période considérée sont le secteur des services financiers et celui de l’énergie. «Le secteur financier se développe en effet rapidement, porté par les principales places financières africaines, parmi lesquelles figurent Johannesburg, Lagos, Casablanca ou le Caire». À titre de rappel, en 2015, le classement ne plaçait les énergies qu’à la quatrième place, les services financiers occupant la première position. Pour l’édition 2016 du sondage, c’est donc le secteur énergétique, sur lequel repose l’ensemble des enjeux de développement économique, qui suscite un très grand intérêt des investisseurs, suivi par le développement des marchés financiers sur lequel Casablanca Finance City semble bien positionnée, comme en atteste sa place actuelle sur le continent -bien que créée il y a cinq années seulement- et en attendant le démarrage effectif de ses activités. De même, le secteur agricole, premier pourvoyeur d’emplois, suscite l’attention des investisseurs en raison de son importance stratégique, ce qui augure de réelles perspectives de développement pour l’OCP qui fait désormais des pays du continent un relais de croissance prioritaire.

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