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Économie circulaire : ce que peut représenter la biomasse

En février 2019, le ministère de l’Énergie avait publié les résultats d’une étude qu’il avait commandée sur la valorisation énergétique de la biomasse. Il en est ressorti que cette filière pourrait permettre de créer plus de 10.000 emplois et favoriser jusqu’à 8,5 millions de tonnes de réduction d’émission de GES à l’horizon 2030. Les détails.  

Suite à la recommandation de la biomasse comme quatrième source de production d’énergie propre au Maroc par le Souverain, le ministère de l’Energie avait lancé une étude sur le potentiel de la biomasse dont les résultats ont été présentés en février 2019. Selon les conclusions de l’étude, le Maroc peut bien capitaliser sur la valorisation énergétique de la biomasse pour baisser ses émissions de GES (gaz à effet de serre), conformément aux engagements de sa CDN (contribution nationale déterminée).

Un potentiel intéressant
En effet, l’étude a montré que le Royaume dispose d’une production d’énergie primaire de 11,5 millions de MWh/an, répartie entre l’agriculture, avec 6,6 millions de MWh/an, les déchets verts (3 M de MWh/an), la foresterie (1,7 M de MWh/an) et les eaux usées (0,2 MWh/an). Avec, par zone géographique de production, la région de Fès-Meknès qui produit le plus (1,8 M MWh/an), suivies par Rabat-Salé-Kénitra, Marrakech-Safi et Casablanca-Settat (1,3 M MWh/an chacune), et Tanger-Tétouan-Al Hoceima (1,2 M MWh/an). Bref, selon l’étude, cette filière pourrait permettre de créer plus de 10.000 emplois et favoriser jusqu’à 8,5 millions de tonnes de réduction d’émission de gaz à effet de serre à l’horizon 2030.

Des perspectives prometteuses
Faisant suite aux résultats encourageants de l’étude, plusieurs réunions ont été organisées par le ministère et les parties prenantes (ONEE, CGEM, Amisole, etc.) pour construire une feuille de route sur cette source d’énergie renouvelable. Ces réunions étaient ainsi des occasions de discuter sur diverses questions en suspens. Par exemple, de combien la biomasse devait contribuer à la production d’énergie aux côtés du solaire, de l’éolien et de l’hydraulique ? Quelle place fallait-il accorder au privé et aux territoires dont certaines sont engagées dans un système de gestion déléguée ? Quel lien avec la loi 28.00 sur la gestion et la destruction des déchets ? Et comment le Département de l’énergie comptait articuler et déployer ce dispositif très lié à la valorisation des déchets et à l’économie circulaire ? Tout ceci sans oublier la collecte, la gestion des décharges contrôlées et l’intégration dans le système productif national.

Plusieurs défis à relever
Le ministre de l’époque avait pensé à la mise en place d’un observatoire dédié à la valorisation énergétique de la biomasse, pour faciliter l’accès à l’information relative aux textes législatifs, réglementaires et normatifs, aux processus technologiques, ainsi qu’aux performances énergétiques et économiques, ceci sans oublier la veille technologique et la possibilité de capitaliser sur les expériences existantes. Sur le plan réglementaire, il avait demandé à ses équipes d’intégrer le développement de cette nouvelle filière dans les réformes engagées par son Département pour améliorer le cadre législatif et réglementaire régissant les énergies renouvelables et le développement de l’autoproduction. Il avait aussi appelé à développer la normalisation des équipements, à renforcer les compétences nationales en la matière, à promouvoir le métier de l’énergéticien confronté constamment aux évolutions rapides des technologies énergétiques et à intégrer les technologies de l’information dans le monitoring des systèmes énergétiques. A l’arrivée, toujours pas encore de feuille de route sur la valorisation de la biomasse, qui a été oubliée avec l’émergence des ambitions du Maroc sur l’hydrogène vert. Une autre source d’énergie renouvelable où le Maroc pourrait capter 2 à 3% du marché mondial estimé à 200 milliards de dollars à l’horizon 2030.

Aziz Diouf / Les Inspirations ÉCO

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