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Dossier spécial mines. Visite guidée à la Cadetaf

Abderrahim Dinar. Directeur de la Cadetaf

La Centrale d’achat et développement de la région minière de Tafilalt et de Figuig demeure encore méconnue du grand public. Son directeur Abderrahim Dinar nous parle dans cet entretien des missions de cette structure, placée sous la tutelle des ministère des mines.


Quelles sont les principales missions de la CADETAF ?
Au sens de la loi n°74-15 et notamment article 12, les missions confiées à la Centrale d’achat et développement de la région minière de Tafilalt et de Figuig (CADETAF) portent sur l’accompagnement et le développement minier, la programmation et la mise en œuvre des actions de promotion des potentialités minières de la région ainsi que la contribution au développement de la recherche et de l’exploitation des ressources minières de la région. Les missions de la CADETAF sont également élargies à l’élaboration et le suivi de la mise en œuvre des contrats entre l’administration, les investisseurs et les artisans. La gestion des caisses de secours mentionnées dans le dahir n° 1-60-019, le recouvrement et la distribution les montants de droits d’accès et les royalties font également parties des missions de la CADETAF. Outre ces missions, la CADETAF continue pendant la période du maintien de l’activité minière artisanale d’exercer le monopole pour la collecte, l’achat et l’entreposage, l’emmagasinage, le transport, la vente et en général la commercialisation de tout minerai de plomb, zinc et barytine extrait des exploitations minières artisanales. Elle est également chargée de superviser l’exploitation minière artisanale mettre à la disposition des artisans mineurs le matériel nécessaire à l’amélioration et au développement de leur exploitation, moyennant un prix de location fixé par le Conseil d’Administration, et leur fournir, sur leur demande, l’outillage et les explosifs au prix coutant. La CADEF garantit aussi, sur décision du Conseil d’Administration, des prêts contractés par des artisans ou leurs groupements auprès d’établissements de crédit en vue de l’acquisition de matériel d’exploitation ou de développement de leur exploitation et contribue à travers les caisses de secours à la couverture des artisans mineurs contre les accidents du travail el les maladies professionnelles.

Quelle est aujourd’hui la santé financière de la CADETAF ainsi que les réalisations artisanales dans la région ?
Pour ce qui est des ressources financières et conformément à l’article 22 de la loi 74-15, la CADETAF continue à exercer le monopole de commercialisation des produits miniers extraits par les artisans mineurs. Ces derniers qui sont tenus de livrer la totalité de leur production à cet établissement, sont rémunérés sur la base des prix déterminés en fonction de la valeur CIF, déduction faite de tous les frais d’approche et d’une marge fixée par arrêté du ministre chargé des mines. Cette marge, dont le taux a subi plusieurs révisions pour tenir compte de la conjoncture et assurer une bonne rémunération de l’artisan, est actuellement de 15% pour les minerais de plomb, 10% pour les minerais de zinc, 10 DH/T pour la barytine, 300 DH/T pour l’alquifoux. En plus de cette marge, destinée entièrement à la couverture des charges de fonctionnement, et dans le cadre de la conclusion d’éventuelles conventions de partenariats, la CADETAF perçoit 10% du montant relatif au Droit d’entrée et 10% du montant relatif aux royalties. La CADETAF perçoit la totalité du montant relatif aux royalties. Elle perçoit également les royalties au titre du chiffre d’affaires pour le plomb, le zinc et la barytine réalisé par les titulaires des permis déjà existant et qui demandent une extension pour contenir ces trois substances.

Les permis d’exploitation des sociétés minières opérant dans la région sont-ils assez regardants sur le respect de l’environnement et de l’intégration du concept de la durabilité et qu’en est-il de l’AMA ?
Le Ministère de tutelle, de concert avec les opérateurs miniers, déploie d’importants efforts et agit pour que l’exploitation des ressources minières soit faite de façon rationnelle et dans les meilleures conditions possibles. Il va sans dire que le développement ne serait durable sans une politique encourageant la recherche et l’exploration minière et incitant à la reconnaissance des extensions des gisements existants et la découverte de nouveaux objectifs miniers. Ainsi, dans le cadre de la modernisation du cadre législatif et réglementaire régissant l’activité minière, la loi n°33-13 relative aux mines vise la redynamisation de l’exploration et la recherche minières dans le but de mettre en évidence de nouveaux gisements tout en assurant un développement durable de l’industrie minière nationale. Des efforts importants ont été également menés pour réduire les consommations d’énergie, de réactifs et d’eau.

Khadim Mbaye / Les Inspirations Éco Docs

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