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Coopération économique. L’Inde demande d’accélérer l’Accord Commercial Préférentiel

Les Indiens veulent dynamiser leur coopération économique avec le Maroc. C’est ce qui ressort de la déclaration de leur ambassadeur à Rabat, Shambhu S. Kumaran, lors de la conférence numérique créative sur la «Mise à jour économique: Covid et au-delà en Afrique du Nord», organisée par la Première chambre professionnelle de l’Inde et la Confédération de l’industrie indienne (CII), jeudi dernier, en présence de plus de 200 représentants d’entreprises de l’Inde, du Maroc (représentées par la CGEM), d’Égypte et de la Tunisie.

Après avoir passé en revue et salué les diverses mesures économiques, fiscales, financières et sociales mises en place par les autorités marocaines pour gérer la crise Covid -19, S. Kumaran a notamment réitéré l’intérêt de l’Inde d’entamer rapidement les discussions officielles sur un Accord Commercial Préférentiel, dont l’avancement était, jusque là, ralenti par les procédures internes du côté marocain.


Selon lui, cela devra se faire dès la fin de la crise, ce qui permettra aux communautés d’affaires de travailler plus facilement pour développer et diversifier le commerce dans les deux sens.

Croissance rapide du commerce
Justifiant son timing, le diplomate indien a notamment remarqué que l’Inde et le Maroc sont bien placés pour sortir relativement bien de la crise Covid-19. «Bien que la valeur des échanges entre les deux pays sera moindre cette année par rapport aux tendances précédentes, le commerce connaîtra rapidement une croissance remarquable», a-t-il lancé, avant d’expliquer que les domaines de coopération entre les deux pays sont les moins susceptibles de connaître des baisses significatives. Pour rappel, il s’agit du gazoil/mazout, des fils de fibres synthétiques et artificielles pour le tissage, des produits pharmaceutiques, des produits électriques et d’ingénierie, des épices et des produits alimentaires, qui sont les principaux secteurs d’exportation de l’Inde vers le Maroc. «Un secteur textile plus faible au Maroc pourrait baisser la demande de fil, mais cela devrait également se redresser au fur et à mesure que le secteur s’améliore, peut-être d’ici le troisième trimestre de 2020», espère-t-il. La pharmacie continuera de bien se porter, avance-t-il . Du côté des exportations du Maroc vers l’Inde qui portent principalement sur l’acide phosphorique et le phosphate (800 M à 1MM $/an), il a dit qu’«il est également peu probable que cela change de manière significative car le gouvernement indien favorise énormément la production agricole». Ceci étant, l’ambassadeur indien a également ajouté, qu’en matière d’IDE indiens au Maroc «de nouvelles opportunités de friches industrielles pourraient voir le jour», en plus des IDE qui ont couvert, ces dernières années, des secteurs tels que les composants automobiles, la transformation des aliments, l’exploitation minière, le recyclage, la fabrication de fibres optiques, les produits pharmaceutiques, le voyage et les hôtels.

Trois nouveaux secteurs de coopération très prometteurs
Ce n’est pas tout, puisque dans le domaine sectoriel, l’Ambassadeur a pointé du doigt trois domaines de coopération prometteurs. En premier lieu, la santé et les produits pharmaceutiques où les entreprises indiennes pourraient s’engager dans les services de santé, la gestion des hôpitaux, la télémédecine, le diagnostic, le personnel infirmier, le paramédical, etc. En ce qui concerne les produits pharmaceutiques, les Indiens se disent disposés à soutenir la fabrication locale et à saisir des opportunités commerciales. Notamment dans les nutraceutiques où les autorités marocaines sont appelés à accélérer les autorisations réglementaires requises afin que les produits ayurvédiques indiens puissent accéder au marché, car il existe une gamme de produits renforçant l’immunité qui pourraient être bénéfiques pour les Marocains.

Notant que des mesures financières pour soutenir le secteur de la santé sont très probables au Maroc, l’Ambassadeur a également plaidé pour un dialogue durable et soutenu entre les partenaires indiens et marocains pour établir de propositions de grande valeur. Le deuxième domaine prometteur pointé par le diplomate indien est l’informatique et l’économie numérique, qui sont devenus encore plus prioritaires pour tous les pays à la suite de la crise.

Les opportunités de partenariats mutuellement bénéfiques peuvent y être poursuivies dans les services logiciels ainsi que dans l’enseignement et la formation informatiques, a-t-il noté, avant d’encourager les entreprises indiennes à s’engager vivement avec la nouvelle Agence marocaine de développement digital pour saisir de nouvelles opportunités. Last but not least, selon l’Ambassadeur, le troisième domaine qui restera intéressant pour les deux parties est l’agriculture et les produits alimentaires. «Le Maroc a un besoin permanent d’équipements et de machines agricoles abordables, où l’Inde possède de bonnes compétences», a-t-il remarqué.

Quant aux produits alimentaires, notamment les épices, «ils resteront également en grande demande, sans oublier que les exportations de riz peuvent encore augmenter et que les importateurs marocains de thé pourront se tourner vers l’Inde comme une alternative sérieuse à leur seul fournisseur actuel», souligne-t-il avec beaucoup d’espoir et de confiance.

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