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Conseil de Bank Al-Maghrib : CDG Capital table sur un statu quo

Pour les analystes de CDG Capital, il serait plus probable que le Conseil de Bank Al-Maghrib, prévu ce mardi 15 décembre, maintienne le taux directeur inchangé à 1,5%.

La dernière réunion de l’année du Conseil de Bank Al-Maghrib se tiendra ce mardi 15 décembre. Un rendez-vous crucial pour décider de la conduite de la politique monétaire, qui intervient dans un contexte national et international globalement difficile, marqué par un fort ralentissement de la croissance. Une situation liée aux mesures de confinement mises en œuvre par les autorités publiques en vue de limiter la propagation de la pandémie.


«À cet effet, les instances gouvernementales ont démontré une forte volonté de soutenir l’économie nationale en facilitant l’accès au financement, avec comme résultat une timide reprise des crédits pour le secteur privé et un renchérissement du coût de financement du Trésor public, et ce en liaison avec la forte dégradation de ses recettes fiscales, générant ainsi une détérioration de son équilibre budgétaire, particulièrement au niveau de la partie ordinaire», commentent les analystes de CDG Capital.

Bank Al-Maghrib a, de son côté, enchaîné les mesures expansionnistes à travers, entre autres, les baisses consécutives du taux directeur accompagnées d’un élargissement du collatéral et une révision des coefficients de décote des actifs. La Banque centrale a également procédé au changement, dans son mode d’intervention, des instruments utilisés pour combler le déficit de liquidité bancaire, avec un recours plus important aux instruments de long terme, en l’occurrence les pensions livrées à long terme, les prêts garantis aux TPME, les prêts accordés dans le cadre du programme Intelaka et les opérations de swap de change. À noter que l’instrument permanent, à savoir l’avance à 7 jours sur appel d’offres, a été réduit à environ 30% de l’encours global des interventions de la Banque centrale contre 90% auparavant. Suivant ces éléments, les analystes de CDG Capital ont tenté, dans leur note, de déterminer les changements possibles en termes de conduite de la politique monétaire, sur la base des évolutions récentes, au niveau des plans monétaire, financier et réel, et des perspectives y afférentes. Il en ressort que, dans les conditions économiques actuelles, une amélioration supplémentaire des conditions de financement pourrait être bénéfique pour la relance. «Et ce, d’autant plus que les risques inflationnistes à l’horizon de prévision (huit trimestres) sont globalement orientés à la baisse en résultat de la régression prévue de la demande avec la hausse anticipée du chômage, le recul des transferts des MRE et le ralentissement des crédits accordés aux ménages», souligne la banque d’affaires. Toutefois, il est à rappeler que malgré les multiples baisses du taux directeur par Bank Al-Maghrib et les différentes initiatives des autorités publiques en vue de faciliter l’accès au financement, la reprise des crédits reste limitée, conséquence de la mauvaise conjoncture.

De même, «la transmission de la baisse de 50 points de base (pbs) du taux directeur vers les taux débiteurs n’a été que partielle, nécessitant probablement un certain temps de latence afin d’observer l’effet de cette baisse sur le coût global des ressources des banques», rappelle CDG Capital. Au final, les analystes de la banque d’affaires penchent vers un scénario de statut quo du taux directeur à 1,5% dans l’attente d’une transmission complète des baisses de ce dernier vers les taux débiteurs, et d’une reprise de la demande de crédit aussi bien des entreprises que des ménages.

Aïda Lô / Les Inspirations Éco

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