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Conjoncture : les ménages broient du noir

Le moral des ménages marocains est en forte baisse. C’est ce que révèle une note du Haut commissariat au plan. C’est le niveau le plus bas depuis le début de l’enquête  en 2008.

Les résultats de l’enquête permanente de conjoncture auprès des ménages, menée par le Haut-commissariat au plan (HCP), montrent qu’au premier trimestre de 2022, un désespoir profond s’est installé chez les ménages marocains, et que leur moral s’est fortement dégradé.


L’indice de confiance des ménages (ICM) s’est ainsi établi à 53,7 points, au lieu de 61,2 points enregistrés le trimestre précédent et 68,3 points une année auparavant. C’est le niveau le plus bas depuis le début de l’enquête en 2008. Le recul du niveau de confiance des ménages au cours de ce trimestre procède de la détérioration de tous les indicateurs qui le composent, et ce, autant par rapport au trimestre précédent que par rapport au même trimestre de l’année passée, explique le HCP.

Les composantes de l’ICM portent sur la perception par les ménages de l’évolution du niveau de vie, du chômage, de l’opportunité à effectuer des achats de biens durables et de leur situation financière.

Dans le détail, concernant le ressenti des ménages, au premier trimestre 2022, 75,6% des Marocains déclarent une dégradation du niveau de vie au cours des 12 derniers mois, 15,7% un maintien au même niveau et 8,7% une amélioration. Le solde d’opinion relatif à cet indicateur s’établit à -66,9 points en dégradation aussi bien par rapport au trimestre précédent que par rapport au même trimestre de l’année précédente où il était à -55,2 points et à -50,5 points respectivement.

Au cours des 12 prochains mois, 39,1% des ménages s’attendent à une dégradation du niveau de vie, 43,3% à un maintien au même niveau et 17,6% à une amélioration. Le solde d’opinion sur l’évolution future du niveau de vie est resté négatif -21,5 points, contre -1,3 point au trimestre précédent et 13,2 points au même trimestre de l’année passée. L’enquête permanente de conjoncture auprès des ménages relève dans la même foulée une anticipation d’une forte hausse du chômage.

En effet, au premier trimestre de 2022, 87,4% contre 4,6% des ménages s’attendent à une hausse du chômage au cours des 12 prochains mois. Le solde d’opinion est resté ainsi négatif et s’est dégradé à -82,8 points contre -77,6 points un trimestre auparavant et à -62,2 points un an auparavant.

Difficulté à épargner

La note du HCP nous apprend aussi que la conjoncture est perçue comme défavorable à l’achat des biens durables dans la mesure où, au premier trimestre de 2022, 76,5% contre 9,8% des ménages considèrent que le moment n’est pas opportun pour effectuer des achats de biens durables alors que le solde d’opinion de cet indicateur est resté négatif avec -66,7 points contre -62,8 points au trimestre précédent et -61,6 points au même trimestre de l’année précédente.

S’agissant de la détérioration de la situation financière des ménages, le HCP fait savoir que 48,5% des ménages estiment que leurs revenus couvrent leurs dépenses, 47,4% déclarent s’endetter ou puiser dans leur épargne et 4,1% affirment épargner une partie de leur revenu. Quant à l’évolution de leur situation financière, au cours des 12 derniers mois, 56,9% contre 6% des ménages considèrent qu’elle s’est dégradée.

Cette perception reste ainsi négative, avec un solde d’opinion de -50,9 points contre -49 points au trimestre précédent et -47,4 points au même trimestre de l’année précédente. Pour ce qui est de l’évolution, au cours des 12 prochains mois, de leur situation financière, 24,9% des ménages s’attendent à son amélioration, 16,6% à sa dégradation et 58,5% à son maintien au même niveau.

Le solde d’opinion de cet indicateur s’est ainsi établi à 8,3 points contre 15,1 points un trimestre auparavant et 21,2 points un an auparavant. L’enquête fournit également des données trimestrielles sur la perception des ménages relatives à d’autres aspects des conditions de vie. Il s’agit, en particulier, de la capacité des ménages à épargner et de l’évolution des prix des produits alimentaires.

La hausse des prix inquiète

À cela s’ajoute un sentiment de forte hausse des prix des produits alimentaires. Au premier trimestre 2022, 98,1% des ménages déclarent que les prix des produits alimentaires ont augmenté au cours des 12 derniers mois contre 0,2% seulement qui ressentent leur diminution.

Le solde d’opinion est ainsi resté négatif, à -97,9 points, après avoir été de -95,9 points un trimestre auparavant et -74,1 points une année auparavant. Au cours des 12 prochains mois, les prix des produits alimentaires devraient continuer à augmenter selon 76,9% des ménages contre 2,8 % seulement qui s’attendent à leur baisse. *

Le solde d’opinion est ainsi resté négatif, se situant à -74,1 points, au lieu de -76,2 points enregistrés un trimestre auparavant et -60,2 points une année passée.

Khadim Mbaye / Les Inspirations ÉCO


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