Éco-Business

Ciment : reprise timide des ventes

Après une chute brutale au deuxième trimestre, sous l’effet des retombées négatives de la crise sanitaire de la Covid-19 et de la sécheresse, l’activité économique nationale commence à montrer des signes de redressement. Le secteur du BTP enregistre une atténuation significative de la baisse des ventes de ciment, mais affiche une évolution modeste lors des derniers mois.

L’économie marocaine semble afficher des signes de reprise, sur fond de résultats encourageants des essais vaccinaux contre la Covid-19. Sur le plan sectoriel, les baromètres conjoncturels commencent à augurer des signaux positifs dans plusieurs activités à l’exception de certaines branches comme le tourisme. C’est le cas, notamment, pour certaines filières industrielles, dont l’automobile, l’électronique, le textile et cuir et l’agroalimentaire. Le secteur du BTP, de son côté, enregistre une atténuation significative de la baisse des ventes de ciment. Selon les chiffres de l’Association des cimentiers (APC), en novembre dernier, la consommation de ciment a affiché une hausse de 6,64% par rapport à 2019. Au cumul, le rythme baissier des ventes de ciment maintient son atténuation continue depuis le mois de mai, passant de -25,1% à fin mai, à -10,89% à fin novembre. Le gap s’est resserré de 14 points. Il faut dire que le secteur revient de loin. La reprise de la consommation de ciment rassure, selon David Toledano, président de la Fédération des industries des matériaux de construction (FMC). «Il est vrai que les chiffres du ciment se consolident bien, ce qui nous rassure. Les performances de novembre confirment que l’année se terminera sur une baisse entre 10 et 15% de la consommation alors que nous tablions sur des prévisions plus pessimistes jusqu’à moins 25% de baisse», indique le président de la FMC. Pour le dirigeant, les infrastructures, l’auto-construction et les revendeurs sont à l’origine de cette relance. La conjoncture économique impact l’activité des cimentiers, qui affichent des chiffre d’affaires en baisse.


Pour LafargeHolcim Maroc, les ventes consolidées se sont établies à 1,753 MMDH, au troisième trimestre 2020, en baisse de 8% par rapport à la même période une année auparavant. À fin septembre, le chiffre d’affaires consolidé du groupe a totalisé 4,938 MMDH, fait savoir le groupe cimentier. Ce résultat est dû à l’impact de la crise sanitaire sur les ventes de ciment et sur les autres activités, notamment l’export de clinker et le trading, précise le cimentier dans un communiqué sur ses indicateurs financiers. Attijari Global Research (AGR) a analysé le chiffre d’affaires agrégé des sociétés cotées à la Bourse de Casablanca, au 3e trimestre. Selon ses analystes, le secteur du BTP figure parmi ceux qui ont tiré profit de la bonne dynamique des crédits, du changement des habitudes de consommation et de la reprise des chantiers de construction, au côté des Banques et le secteur des Nouvelles technologies de l’information.

Le secteur du BTP s’en tire avec des revenus en hausse de 2,1%, lorsque les Banques et le secteur des Nouvelles technologies de l’information affichent respectivement +8,4% et +1,6%. A l’inverse, les secteurs de la distribution, des assurances et Télécom ont été pénalisés par l’affaiblissement de la consommation des ménages, avec des revenus trimestriels en chute de respectivement 9,1%, 12,1% et 3,1%. Concernant les opérations de financement du secteur de l’immobilier, la croissance des crédits à l’habitat a enregistré un léger rebond à partir du mois de juin, pour atteindre +2,2% à fin septembre, après +1,1% à fin mai et +4,5% il y a une année. Quant aux crédits à la promotion immobilière, ils ont enregistré une quasi-stagnation à fin septembre (+0,2%), portant la croissance globale des crédits à l’immobilier à +1,6%, au lieu de +3,4% un an plus tôt. Cette dynamique conjoncturelle a eu lieu dans un contexte international marqué par une reprise vigoureuse de l’économie mondiale au troisième trimestre 2020, notamment aux États-Unis et dans la zone euro. Le scénario de reprise économique est conforté par des résultats prometteurs des essais de certains vaccins Covid-19, renforçant l’espoir d’une maîtrise rapide de la pandémie. Néanmoins, de par l’ampleur des coûts économiques et sociaux induits par la crise de la Covid-19, les perspectives qui se dessinent demeurent entachées d’incertitudes et évolueraient au gré de l’efficacité des mesures de soutien déployées pour restaurer le dynamisme de l’activité économique.

Modeste Kouame / Les Inspirations Éco

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