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Bourse : la prime de risque s’envole

Face au retournement de la conjoncture, les investisseurs ont relevé leurs exigences de rendement vis-à-vis du marché actions. Selon un sondage d’Attijari global research, la prime de risque ressort à 7,5%, en hausse de 1,4 point par rapport au précédent pointage d’octobre 2021. Son relèvement permettrait d’absorber d’éventuels chocs. Dans le même temps, l’allègement des tensions inflationnistes pourrait la détendre. 

Le rendement moyen exigé par les investisseurs -pour se positionner en Bourse sur un horizon supérieur à 5 ans- ressort à 10%, selon un sondage d’Attijari global research. Cette exigence laisse apparaître une prime de risque moyenne de 7,5%, soit un plus haut de six ans. La prime de risque du marché a augmenté de 1,4 point par rapport au précédent pointage d’octobre 2021.


Dans l’intervalle, la conjoncture s’est retournée avec la guerre en Ukraine, l’accélération de l’inflation, une croissance revue à la baisse (moins de 2% prévue en 2022), une bourse en baisse de plus de 7% depuis le début de l’année et des tensions haussières sur la courbe des taux. Les attentes des investisseurs ont donc augmenté pour absorber d’éventuels chocs.

Ce relèvement entraîne un plongeon de 22,6 points de l’indice de confiance des investisseurs, calculé par AGR, lequel est passé de 67,4 points en octobre 2021 à 44,8 points en avril. Il a dégringolé de plus de 23 points chez les institutionnels, les OPCVM locaux et chez les acteurs de référence. La plus forte baisse a été enregistrée chez les investisseurs individuels (-29,9 points) alors que l’indice des investisseurs étrangers a reculé de 18,5 points.

«La hausse de la prime de risque est la traduction, en premier lieu, de la dégradation de la perception des investisseurs envers les réalisations annuelles des sociétés cotées ainsi que de la demande interne, sous l’effet des tensions inflationnistes et de l’évolution du contexte international.

Par ailleurs, les pressions haussières sur la courbe des taux impliquent un rehaussement technique des exigences de rentabilité envers les actifs à rendement incertain», expliquent les analystes.

Les institutionnels, les OPCVM et les banques sont les plus exigeants avec une prime de risque de 8,5% contre 7,8% pour les investisseurs étrangers et 6,4% pour les acteurs de référence. Les particuliers requièrent, quant à eux, une prime de 6,1%. La diminution des tensions inflationnistes pourrait améliorer la confiance des investisseurs et détendre la prime de risque.

«L’apaisement des tensions inflationnistes impacterait positivement la perception des investisseurs envers le marché boursier. Dans ces conditions, le scénario d’un relèvement structurel des taux au Maroc serait moins crédible, ce qui favoriserait l’arbitrage envers les actions. Aussi, l’allègement des tensions inflationnistes permettrait-il, selon nous, une révision à la hausse des prévisions de croissance des sociétés cotées en 2023», estiment les analystes.

Les anticipations de croissance des résultats des sociétés cotées restent bien orientées. BMCE Capital global research (BKGR) prévoit une hausse de l’activité, des bénéfices et des dividendes d’un groupe de 40 entreprises (Scope 40) représentant 90% de la capitalisation boursière. La société de recherche anticipe une amélioration de 8,9% des profits à 28,9 MMDH, en 2022.

Les secteurs Banques, Pétrole & Gaz, Électricité, Assurances et Services aux collectivités seront les principaux moteurs de cette croissance. Par ailleurs, elle table sur une hausse de 2,5% des dividendes à 19,7 MMDH. Quant au Masi, sa tendance de fond serait haussière.

«Si les résultats de l’indice de confiance des investisseurs laissent présager une baisse du marché au cours des trois prochains mois, nous croyons que la tendance de fond du Masi, sur un horizon de deux ans, demeure haussière», relève un analyste d’AGR.

«Les fondamentaux solides des grandes capitalisations de la cote et le manque d’alternatives de placement au sein du marché financier marocain favoriseraient toujours les actions», soutient-il.

Franck Fagnon / Les Inspirations ÉCO


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