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Auto-emploi : La digue anti-chômage du CESE

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Le Conseil économique social et environnemental (CESE) vient de dévoiler sa vision pour inciter l’initiative entrepreneuriale. Une véritable refonte de la Stratégie nationale de l’auto-emploi. Faire face au chômage des jeunes et participer à l’intégration du secteur informel, sont les principaux objectifs tracés.

Le chômage des jeunes continue de faire des ravages. Selon les dernières statistiques du Haut-commissariat au plan (HCP) pour le deuxième trimestre 2016, le taux de chômage des jeunes âgés de 15 à 24 ans a enregistré une hausse de 1 point au niveau national, 0,2 point en milieu urbain et 1,8 point en milieu rural. Ce taux est particulièrement important chez les diplômés, il atteint 20,4% parmi les détenteurs d’un diplôme de niveau supérieur et 23,3% pour les lauréats des facultés. Pour le Conseil économique, social et environnemental ( CESE), une première solution est à chercher du côté de l’auto-emploi.


L’instance vient de dévoiler, à l’occasion de sa 65e session ordinaire, sa vision pour inciter l’initiative entrepreneuriale et participer à l’intégration du secteur informel. «Présenté en première lecture, ce projet d’étude devrait être validé fin septembre prochain», précise Driss Guerraoui, secrétaire général du CESE. Le projet de rapport établit un diagnostic de la situation de l’emploi dans le royaume, à travers une analyse des données sur le chômage et des politiques de l’emploi et procède à une évaluation des politiques sectorielles de l’auto-emploi tout en formulant une série de recommandations stratégiques et d’actions pratiques.

Rempart
Le projet de rapport, élaboré par la Commission permanente des affaires de l’emploi et des relations du travail au CESE, dresse un tableau noir de la situation de l’emploi et de l’auto-emploi au Maroc. Le Conseil explique cette situation par les fluctuations du niveau de croissance incapable de créer des emplois suffisants, par l’absence de stratégie intégrée de l’emploi et de la formation et par l’insuffisance de considération de l’auto-emploi, en tant que composante essentielle de la gestion sectorielle. Le projet vante «l’importance du travail indépendant et son rôle central pour mobiliser une société productive et dynamiser l’économie moderne». Le Conseil estime également que l’appui de l’initiative privée et de l’auto-entreprise ne peut aboutir que si des réformes institutionnelles sont accomplies et que la gouvernance publique est améliorée.

Les prérequis
C’est ainsi que le CESE propose cinq piliers sur lesquels la Stratégie nationale de l’auto-emploi devrait être bâtie. Il s’agit notamment d’un pilier institutionnel, reposant sur une bonne gouvernance et une meilleure coordination entre l’ensemble des intervenants et institutions concernés, d’un pilier social avec la mise en place d’un régime de protection sociale obligatoire en faveur des porteurs de projets et des auto-entrepreneurs et d’un pilier pédagogique avec l’encouragement de la culture d’initiative au sein de l’ensemble des constituants de la société (famille, école, médias…). La nouvelle stratégie devrait également reposer sur l’intégration des initiatives privées dans la chaîne des valeurs, bénéficiant des projets structurants des grands chantiers et devrait être accompagnée d’un appui régional dans le cadre des nouvelles attributions de la région afin de décliner les projets sectoriels aux niveaux régional et local.

Observatoire de l’auto-emploi
Le CESE recommande, dans ce sens, la mise en place d’une instance nationale d’accompagnement et de soutien de l’initiative privée, qui aura, entre autres missions, de fournir des statistiques, via un observatoire dédié, et d’élaborer des programmes de formation et de formation continue. L’institution constitutionnelle plaide également pour la restructuration des chambres professionnelles, en vue de soutenir et d’accompagner les entreprises, pour le soutien de l’action de la société civile active en matière de promotion de l’entrepreneuriat, pour la valorisation des ressources et des productions régionales et la préservation des produits locaux des entreprises féminines. Pour combattre l’informel, le Conseil propose également l’intégration des marchands ambulants dans le cadre de la stratégie.

L’une des propositions consiste à reconnaître les acquis de l’expérience professionnelle pour intégrer les unités de production du secteur informel et l’organisation et réglementation des métiers et des professions pour intégrer le secteur non-organisé. Le CESE appelle également à la création de regroupements professionnels, la diversification et la modernisation des sources de financement, au soutien et développement des modes d’accompagnement des projets et des entreprises naissantes (mentorat, essaimage, pépinière et couveuse d’entreprises), ainsi qu’à la tenue d’assises nationales et de rencontres régionales de l’auto-entreprise.

À en croire le CESE, ces propositions devraient permettre d’accélérer le processus de développement de l’auto-emploi, d’assurer une meilleure inclusion et d’améliorer le niveau de vie des citoyens, notamment les jeunes et les femmes, et en même temps de travailler sur une meilleure organisation du secteur informel. 

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