Éco-Business

Aissam El Achiki : “Nous avons tous les ingrédients pour assurer la réussite de l’industrie”

Aissam El Achiki
Chef de service Veille et normalisation au sein de la direction de la Régulation et de la normalisation des Assurances de l’ACAPS

 

Quelle est la spécificité du modèle marocain ?
La spécificité du modèle marocain réside d’abord dans le fait d’avoir une seule entité habilitée à donner les Fatwas. Toutes les opérations et tous les produits doivent obtenir l’avis conforme du Conseil supérieur des Oulémas. Contrairement à d’autres pays, les entreprises Takaful et les distributeurs (banques participatives) n’ont démarré leur activité qu’après que le travail réglementaire ait été bouclé.
Par ailleurs, la séparation entre le fonds des participants et la société gestionnaire est aussi un élément très important qu’on ne retrouve pas ailleurs. Tous ces éléments font que le modèle marocain est unique surtout pour ce qui est des aspects de séparation entre le fonds des participants et l’opérateur ainsi que sur la consolidation des Fatwas au niveau d’une seule entité.

 


Où se situent les différences majeures par rapport à l’assurance conventionnelle ?
La conformité aux avis du Conseil supérieur des oulémas est une différence fondamentale. Dans le Takaful, le fonds qui couvre les participants est la propriété de ces derniers et non pas celle de l’entreprise gestionnaire. En outre, les contrats sont souscrits sur la base d’une donation. Ce sont des éléments qui distinguent le Takaful du modèle conventionnel.

 

L’assurance-vie regorge d’atouts que n’ont pas d’autres produits de placement. A minima, est-ce que l’équivalent en Takaful garde les mêmes avantages ?
Des efforts ont été fournis pour, notamment, garantir la neutralité fiscale de ces produits et permettre aux deux modèles de cohabiter.

 

À quoi imputez-vous les difficultés du décollage à l’international ?
Même si les premières entreprises Takaful ont démarré il y a plus de 40 ans, ce n’est que depuis quinze ans qu’une certaine dynamique a été enclenchée. Par ailleurs, nous avons des assureurs conventionnels historiquement solides et forts. Pour leur gratter des parts de marché, il faut du temps, de l’expertise, de l’innovation… Ce n’est pas évident. Concernant le Maroc, je crois qu’aujourd’hui, nous avons tous les ingrédients pour assurer la réussite de la finance participative.
Franck Fagnon / Les Inspirations ÉCO


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