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Accord agricole. Le Commissaire européen recadre le lobby espagnol

Le Commissaire européen à l’Agriculture a réfuté catégoriquement les contre-vérités de la filière espagnole agricole au sujet des dépassements de contingents

Le Commissaire européen à l’Agriculture, Janusz Wojciechowski, vient d’infliger un énième revers au lobby agricole espagnol. Usant de son fort pouvoir d’influence auprès des représentants parlementaires européens, le lobby espagnol a réussi à rallier à sa cause certains députés espagnols afin qu’ils interpellent la Commission européenne au sujet des tomates marocaines et de la sempiternelle question du dépassement des quotas.


C’est ainsi que le député communautaire Adrian Vazquez a sollicité des éclaircissements concernant «l’impact des importations de tomates marocaines sur les marchés européens», selon l’énoncé de la question adressée à la CE.

Comme à l’accoutumée, l’eurodéputé a épousé corps et âme la thèse des opérateurs agricoles espagnols, lesquels ne cessent d’attribuer, à tort, aux expéditions marocaines, la chute des cours de la tomate sur les principaux marchés communautaires.

À ce propos, le député européen a accusé les exportateurs marocains d’être à l’origine de la chute des ventes des producteurs ibériques, de l’ordre de 30%. Reprenant à son compte les contre-vérités du lobby espagnol, Vaquez a avancé que le volume des ventes de tomates espagnoles a drastiquement baissé, passant d’un million à 711.000 mille tonnes.

Faux et archi-faux, rétorque le Commissaire européen, rappelant, une nouvelle fois, que le protocole en question prévoit des mécanismes de contrôle qui préviennent tout dérapage et s’actionnent dès qu’une perturbation des marchés est détectée, a attesté le commissaire en charge de ce dossier.

À ce propos, le responsable communautaire a indiqué, chiffres à l’appui, qu’en 2020, les expéditions marocaines représentaient à peine 6,7% du total de la production européenne de tomates, qui s’élève à 6,6 millions de tonnes. Ajoutant que les exportations marocaines de tomates fraîches à destination de l’UE ont connu un léger accroissement en 2020, d’à peine 5%, alors que leur croissance tournait autour de 8% en moyenne durant les cinq dernières campagnes agricoles.

Et pour enfoncer le clou, le Commissaire européen a précisé que, durant les quatre premiers mois de l’année en cours, le volume des importations de ce produit s’est situé au même niveau que celui enregistré durant l’exercice précédent.

«Ces chiffres n’indiquent nullement une perturbation du marché ni une hausse significative des exportations marocaines au détriment de la production européenne. Aussi, la commission ne prévoit aucune mesure restrictive dans ce sens», a-t-il tranché.

Enfin, et pour mettre fin aux critiques relatives au non-respect des normes phytosanitaires et l’usage des pesticides de la part des producteurs marocains, la CE s’est engagée à inclure, dans les prochains accords avec les pays tiers, un chapitre portant sur la promotion des cultures issues du développement durable.

Cette règle sera appliquée dans les prochains accords dans le but de promouvoir, avec les partenaires, «une transition mondiale vers une agriculture compétitive et respectueuse de l’environnement», a indiqué le Commissaire européen dans sa réponse écrite.

Amal Baba Ali / Les Inspirations ÉCO

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