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À la veille de la COP 22… : Appel à un engagement en faveur d’une tarification du carbone

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La tarification du carbone est un enjeu majeur de la lutte contre les changements climatiques. Les participants au forum «Vision 360° sur le carbone» à Marrakech ont souligné la nécessité de mettre en place des instruments impliquant aussi bien les États que le secteur privé.


La mise en place d’une tarification du carbone est nécessaire en vue de la transition vers une économie sobre en carbone. Un constat dressé par les participants au forum «Vision 360° sur le carbone», tenu vendredi et samedi derniers à Marrakech. Organisée à la veille de la COP 22, cette rencontre internationale visait la constitution d’une véritable plateforme d’échanges ouverts pour débattre du rôle du carbone dans la transition vers le septième objectif de développement durable: une énergie propre à un coût abordable. À ce titre, l’engagement international est nécessaire. Jusque-là, seuls 40 pays et une vingtaine de villes ont adopté des systèmes de tarification du carbone. Experts et responsables insistent sur la responsabilité aussi bien des États que du secteur privé dans la mise en place d’un dispositif en vue d’une transition énergétique rationnelle, pragmatique et à la hauteur des objectifs de l’Accord de Paris.

Les citoyens sont également appelés à jouer un rôle central dans la lutte contre les changements climatiques. La ministre de l’Environnement, championne de haut niveau dans la catégorie «climat», Hakima El Haité, est on ne peut plus claire: c’est la conversion réussie des citoyens envers de nouveaux paradigmes qui garantira sur la durée l’effort indispensable, urgent et de longue haleine pour bâtir des sociétés climato-résilientes, éco-responsables, prospères et solidaires.

Les mécanismes de taxation, de tarification et de généralisation des marchés carbone ont été passés au crible lors du forum de Marrakech. Concrètement, comment cette tarification peut-elle être mise en place? Un éventail d’instruments publics et privés de tarification du carbone peut être déployé, selon un document du ministère français de l’Environnement. Le plus simple consiste à faire payer directement le prix du carbone aux pollueurs à travers un dispositif de taxe ou un marché de quotas d’émission dans lequel les installations qui émettent plus que le quota d’émissions de C02 qui leur est alloué sont obligées d’en acheter sur un marché et sont, ainsi, pénalisées financièrement pour rattraper leur surplus d’émission, alors que les installations qui réduisent leurs émissions peuvent revendre leurs quotas non utilisés sur ce marché et bénéficier de revenus.

Il s’agit également de mettre en place des subventions récompensant les émissions évitées à travers des investissements bas carbone. Cela peut se faire en soutenant les énergies renouvelables et les mesures d’efficacité énergétique. Les entreprises sont également appelées à s’engager en faveur d’un prix interne du carbone. Il faut dire que certaines d’entre elles intègrent déjà un prix du carbone dans leur modèle économique. La directrice générale de l’Office national des hydrocarbures et des mines (ONHYM), Amina Benkhadra, a plaidé pour la création de marchés durables à faible teneur en carbone. Elle estime que les entreprises doivent hisser leurs performances pour définir un prix de carbone.


 

Aziz Mekouar
Ambassadeur pour la négociation multilatérale (COP 22)

On note un changement dans la manière de percevoir et de travailler en vue des prochaines COP. La 22e sera la première dans son genre. Aujourd’hui, la tarification du carbone a été instaurée par certains pays et beaucoup d’entreprises ont un prix carbone interne. Beaucoup d’actions sont menées sur le terrain. La société civile, des entreprises et des États prennent des initiatives qui vont probablement inspirer les négociateurs.

Hakima El Haité
Ministre de l’Environnement

Ma conviction est qu’à terme, tout le monde, même les pays qui sont réticents à la mise en place d’une tarification du carbone, adhèreront à la transformation globale que nous avons engagée et verront leur économie et leurs citoyens bénéficier d’une trajectoire renforcée de décarbonation de leur mode de vie. 

Mustapha Bakkoury
Président du directoire de MASEN

Les énergies renouvelables ont un avenir certain. Le Maroc a fait des efforts, voire des sacrifices, pour développer ses capacités et sa croissance. À la tête de MASEN depuis plus de six ans, ma conviction à propos de la compétitivité des énergies renouvelables a évolué de semaine en semaine. Je le dis avec force: les énergies renouvelables sont en train de devenir compétitives.


 

Principales recommandations
Les participants au forum de Marrakech ont émis un certain nombre de recommandations. Il s’agit notamment de la nécessité d’instaurer un prix carbone suffisamment élevé pour inciter le secteur privé à l’investissement. Afin d’inciter à une participation géographiquement et économiquement plus diversifiée, un prix du carbone flottant pourrait être préférable. Il est, par ailleurs, important d’instaurer un prix universel du carbone tout en assurant une répartition équilibrée permettant à chaque pays de fixer son propre prix en fonction de ses émissions de GES. Pour les experts, la notion de corridor avec un plafond et des niveaux de planchers variés, en fonction des niveaux d’émissions des pays, pourrait être la solution pour arriver à changer de modèle économique et réussir une transition énergétique globale. La redistribution des recettes issues de la mise en place d’un prix carbone peut enclencher et accélérer la transition énergétique sobre en carbone. Pour atteindre les objectifs fixés, il s’avère nécessaire d’intensifier l’implication des entreprises, villes et régions au cours des cinq prochaines années.

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