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Formation du gouvernement : Priorité à la coalition sortante

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Le chef de gouvernement désigné réussira-t-il à maintenir la même coalition gouvernementale sortante ? En tout cas, la priorité dans les tractations est accordée aux composantes de la majorité gouvernementale sortante. Dans une deuxième étape, Benkirane devrait s’entretenir avec les autres partis politiques hormis le PAM. Le point sur la position des principales formations politiques par rapport à la participation au gouvernement.

La formation du prochain gouvernement ne sera pas de tout repos pour le chef de gouvernement désigné, Abdelilah Benkirane. On s’attend à ce que les tractations soient longues, bien que le PJD ait décroché plus de 31% des sièges de la Chambre basse. Concrètement, comment Benkirane compte-t-il procéder ? Le secrétariat général de son parti lui a donné, lundi soir, le feu vert pour entamer les négociations en accordant la priorité aux composantes de la coalition gouvernementale sortante, comme le souligne, aux Inspirations ÉCO, Abdelali Hamieddine, membre de cette instance décisionnelle. Dans une seconde étape, il s’entretiendra avec les autres formations politiques hormis le Parti authenticité et modernité (PAM) qui a pris la décision de se positionner dans les rangs de l’opposition. D’ailleurs, avant même l’annonce des résultats des législatives, l’alliance entre le PJD et le PAM, qui se sont toujours regardés en chiens de faïence, était écartée.


Le chef de file du PJD devra ainsi rencontrer ses alliés du gouvernement sortant pour connaître leur position et surtout leurs attentes. Il faut dire que parfois l’ambition gouvernementale dépasse le poids électoral des partis politiques. Même la présidence de la Chambre des représentants -une fonction qui fait l’objet de plusieurs convoitises- fera partie de l’équation lors des négociations. Le PJD va-t-il céder la présidence de la première Chambre à l’un de ses prochains alliés ? Lors des tractations pour la formation du précédent gouvernement, rappelons-le, le parti de la lampe avait accepté de soutenir le candidat de l’Istiqlal au perchoir de la Chambre des représentants. Mais, cette fois-ci, les choses semblent différentes. La question n’a pas encore été débattue par le secrétariat général du PJD. «À mon avis, les urnes ont donné leur verdict. Il serait illogique que le PJD ne détienne pas la présidence de la Chambre des représentants alors qu’il vient de décrocher 125 sièges», souligne Abdelali Hamieddine.

Éviter une coalition fragile
Le nombre des portefeuilles ministériels est également un élément-clé dans les négociations. Tout porte à croire que le gouvernement ne sera pas rétréci comme le réclamait auparavant certaines voix au sein du PJD. Au cours des négociations, tout reste possible pour pouvoir satisfaire l’appétit des alliés et éviter de former une coalition fragile. La position officielle des autres partis politiques sera déterminante. Au Rassemblement national des indépendants (RNI), la réunion du bureau politique de dimanche dernier n’a pas permis de discuter les alliances en raison de la démission de Salah Eddine Mezouar de la présidence du parti. À en croire une source au sein du parti de la colombe, les avis des bleus sont partagés. Mais, la tendance générale est vers la participation au gouvernement. Au Mouvement populaire (MP), la question des alliances n’a pas encore été débattue au niveau interne, selon le membre du bureau politique, Mohamed Moubdii, contacté hier matin par les Inspirations ÉCO. Une réunion devait se tenir entre certains dirigeants harakis hier après-midi. Moubdii estime qu’en principe, le parti de l’épi est ouvert d’autant plus qu’il «a participé à un gouvernement qui a réussi».

Du côté du Parti du progrès et du socialisme (PPS), malgré leur score, on ne peut plus, décevant, les progressistes se disent prêts à renouveler l’expérience au sein du gouvernement de Benkirane. «Le PPS est le seul parti ayant annoncé une alliance avec le PJD avant les élections», précise Karim Taj, membre du bureau politique du parti du livre. Il serait difficile pour le PPS de garder le même nombre de départements ministériels. En dépit de leurs 18 sièges en 2011, les progressistes se sont vus attribuer quatre portefeuilles ministériels. Ce qui avait contrarié leurs alliés. Cette fois-ci, avec ses douze sièges, le poids du PPS au sein du gouvernement devrait être réduit. Mais ce parti s’attend au soutien du PJD à l’instar de ce qui s’est passé lors de la formation de l’ancien gouvernement. «Les résultats ne reflètent pas la position politique du PPS», souligne Hamieddine. Le parti du livre espère que le PJD formera le gouvernement avec les partis de la koutla.

En 2011, rappelons-le, Benkirane avait lancé un appel à cette coalition qui ne parvient pas à renaître de ses cendres. Mais, le parti de l’Union socialiste des forces populaires (USFP) avait décliné cette offre et a opté pour l’opposition. Cette fois-ci, la position des ittihadis, qui ont subi un revers cinglant aux élections, n’est pas aussi tranchée qu’en 2011, bien que le premier secrétaire du parti de la rose, Driss Lachgar, ait sorti l’artillerie lourde contre le PJD au cours des derniers mois. Le bureau politique du parti de la rose s’est réuni lundi soir, mais, «aucune tendance nette ne se dégage en ce qui concerne les alliances. Aucune décision n’a été encore prise», souligne Habib El Malki, président de la Commission administrative de l’USFP. Le bureau politique du parti devait tenir une autre réunion hier soir.

S’agissant du Parti de l’Istiqlal, le comité exécutif devait se réunir hier en fin d’après-midi pour faire une lecture des résultats électoraux qui n’étaient pas à la hauteur des aspirations des héritiers de Allal El Fassi et débattre de la gestion des alliances politiques. D’après un dirigeant du parti, rien n’empêche le PI de participer au gouvernement, à condition de se mettre d’accord sur le programme gouvernemental qui était à l’origine des différends avec le PJD en 2013. Le parti de la balance pourrait exiger de diriger les départements ministériels à caractère économique. En ce qui concerne l’Union constitutionnelle (UC), qui est dans les rangs de l’opposition depuis une vingtaine d’années, les déclarations de son secrétaire générale, Mohamed Sajid, à la presse, laissent entendre que le parti est prêt à participer au gouvernement. 

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