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Brexit, de nouvelles opportunités pour le Maroc

Renault, Toyota, Nissan et d’autres constructeurs automobiles implantés en Grande-Bretagne commencent à s’inquiéter des effets du Brexit sur leur activité. Des relocalisations seraient à l’étude tant en Europe qu’en Afrique du nord. Le Maroc a toutes ses chances.

Le Brexit pourrait-il profiter aux industriels marocains ? Pour le cas de l’automobile, certaines opportunités semblent se dégager. D’abord, du côté des industriels européens installés au Maroc et qui disposent de nombreux sites outre-Manche. Ensuite, à travers de nouvelles installations qui pourraient se rabattre sur l’Afrique du Nord comme alternative crédible devant les difficultés que connaît l’Union européenne (UE). Les récentes déclarations du patron de Renault, Carlos Ghosn font en tout cas échos aux vives inquiétudes concernant les effets du Brexit sur l’industrie automobile.


Selon ce dernier, le climat d’incertitude qui prévaut au sein de l’UE depuis cette annonce et la situation inquiétante de la livre sterling constituent une mauvaise nouvelle pour tous les constructeurs. «Avec la sortie de la Grande-Bretagne de l’UE, de nouvelles taxes à l’import et à l’export devraient être rétablies, ce qui changera complétement la donne pour certains constructeurs», commente Tajjedine Bennis, président du Collège industrie de l’Association marocaine pour l’industrie et le commerce automobile (AMICA). Les industriels européens avaient prévenus des risques pour le secteur en cas de vote en faveur du Brexit. Des centaines de milliards de dollars et plus de 800.000 emplois seraient en jeu.

Depuis vingt ans, la Grande-Bretagne est devenue une base arrière de production pour de nombreuses marques européennes et internationales. En 2015, le volumede voitures fabriquées sur le sol anglais a atteint 1,5 million d’unités en progression de presque 4% par rapport à 2014. L’industrie automobile britannique exporte 77% de sa production. 58% de l’export est destiné à l’UE. Une situation qui accule en tout cas les constructeurs à redistribuer leurs cartes. Plusieurs alternatives se présentent tant en Europe, qu’en Afrique. L’Europe de l’Est peut constituer une alternative intéressante avec certains pays qui se présentent désormais comme de véritables mastodontes dans le domaine.

Du côté africain, certains constructeurs pourraient jeter leur dévolu sur le Maroc, l’Algérie ou le Nigéria. Le Maroc a su prouver durant ses dernières années sa grande compétitivité en la matière grâce notamment à l’accord d’association. Le japonais Nissan, qui possède au Royaume-Uni une grosse usine d’assemblage, employant 8.000 personnes, pourrait voir en son alliance avec Renault dans le cadre de l’Usine de Tanger une alternative intéressante. Le cas de Toyota est également intéressant. Le constructeur japonais avait montré son intérêt pour l’Afrique du nord dès 2014.

L’implantation d’usines tant au Maroc qu’en Algérie est à l’étude depuis un bon moment. Les effets du Brexit pourraient faire accélérer la prise d’une telle décision. Selon les estimations du constructeur nippon, une sortie de la zone euro se traduirait par l’imposition d’un droit de douanes de 10% sur chaque voiture assemblée au Royaume-Uni. De quoi affecter la marge du constructeur dont 90% de la production britannique est destinée à l’export vers l’Europe continentale. 


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