Maroc

Économie circulaire : submergée par les gravats, Marrakech cherche une issue durable

Chantiers à perte de vue, décharges sauvages en périphérie… À Marrakech, la gestion des déchets peine à suivre le rythme effréné des constructions. D’où le projet de traitement et de valorisation des gravats porté par le ministère de la Transition énergétique en partenariat avec le PNUD qui affiche pour ambition de structurer un secteur jusqu’ici laissé en friche.

Marrakech, vitrine touristique du Royaume, est aussi une ville en plein chantier. Les constructions neuves et réhabilitations de la vieille médina post-séisme, en particulier, génèrent des tonnes de déchets inertes que l’actuelle filière peine à absorber. Et c’est ce à quoi tente de s’atteler la future plateforme de traitement et de valorisation des déchets de construction, prévu dans le cadre du programme «Marrakech, ville durable» (MVD). Ce projet porté par le ministère de la Transition énergétique entend structurer ce secteur en friche en dotant la ville d’une plateforme dédiée au traitement et à la valorisation des gravats.

D’après une étude menée conjointement par la tutelle en partenariat avec le PNUD dans le cadre du Sustainable Cities Impact Program, deux scénarios sont à l’étude. Le premier consisterait en une décharge contrôlée de classe 2, et le second miserait sur une unité de recyclage transformant ces déchets en granulats destinés au BTP.

Plus coûteuse, la seconde option est toutefois considérée par les auteurs du rapport comme la seule à même d’ancrer durablement l’économie circulaire. L’ambition est réelle, mais la mise en œuvre s’annonce semée d’embûches. L’adhésion des habitants reste un enjeu clé, car le transport des gravats et les nuisances liées au traitement suscitent des réticences.

Minimiser les nuisances
La mise en place d’une plateforme de traitement des déchets de construction et de démolition se veut une réponse pragmatique à l’accumulation anarchique des gravats, qui défigurent certains quartiers et pèsent lourdement sur l’environnement.

Pour identifier le site idéal, une étude technique et environnementale est en cours, intégrant des critères géologiques, hydrologiques et urbains. L’objectif est de minimiser les nuisances pour les populations tout en assurant une intégration harmonieuse dans le paysage urbain. Loin d’être une simple question technique, ce projet s’inscrit dans un cadre réglementaire rigoureux.

Le cadre réglementaire (cf. loi 28-00) sur la gestion des déchets et leur élimination, impose des critères stricts en matière d’impact environnemental et de sécurité. Au-delà des impératifs réglementaires, la viabilité économique de l’initiative est un enjeu central.

L’investissement de départ est conséquent et impose de trouver un modèle économique équilibré. Plusieurs pistes de financement sont à l’étude, notamment la mise en place de partenariats public-privé et l’apport de fonds environnementaux internationaux.

L’objectif est de garantir la rentabilité du projet sans alourdir la charge financière pour la collectivité. Sur le terrain, la réussite du projet dépend de son acceptabilité sociale. La circulation accrue des camions et les opérations de traitement risquent de provoquer des nuisances en particulier dans le milieu urbain.

A.I. / Les Inspirations ÉCO



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