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Dialogue social : El Othmani prépare le terrain

À la veille de la Fête du travail, le chef de gouvernement entend rassurer les syndicats. Les premiers signaux sont positifs, bien que les partenaires sociaux restent sceptiques. La fête du Travail, le 1er mai, devrait marquer un nouveau tournant dans les relations entre syndicats, patronat et gouvernement.

À quelques jours de la Fête du travail, le chef de gouvernement Saâd-Eddine El Othmani tend la main aux partenaires sociaux qu’il rencontrera, en principe, cette semaine. Difficile de conclure un accord à la veille du 1er mai (sauf si le gouvernement décide de reprendre les propositions du précédent Exécutif qui sont restées lettre morte). Les premières rencontres sont surtout dédiées à l’écoute des priorités en vue d’un rapprochement des points de vue. Pour baliser le terrain, le ministre du Travail et de l’insertion professionnelle a entamé la prise de contact avec les centrales syndicales et la CGEM au lendemain de la déclaration gouvernementale.


En tant qu’ancien syndicaliste, Mohamed Yatim parviendra-t-il à apaiser les tensions entre Exécutif et partenaires sociaux ? Une grande responsabilité incombe au nouveau chef du département du Travail qui est très attendu sur le dialogue social. Mais ce dossier n’est pas l’affaire d’un seul ministère. Plusieurs départements sont en effet concernés, dont la Fonction publique et les Finances. Selon une source gouvernementale, le premier round du dialogue social ne pourra démarrer effectivement qu’après la Fête du travail. Le gouvernement affiche la ferme volonté de tenir des réunions régulières et fructueuses avec les partenaires sociaux et économiques en vue d’atteindre le consensus escompté, mais, ce n’est pour autant que les syndicats sont rassurés. Ils demeurent en effet sceptiques, d’autant plus que l’actuelle équipe gouvernementale s’inscrit dans la continuité. Les centrales syndicales auraient souhaité s’entretenir avec El Othmani avant son grand oral au Parlement. Visiblement, ils n’apprécient pas l’annonce autour de sa volonté de réformer le Code du travail, une doléance du patronat qui veut revoir le texte de fond en comble. L’entreprise réclame une flexibilité responsable à commencer par le volet contractuel (contrats à temps partiel, nouveau cadre juridique pour le télétravail, révision de la durée de l’intérim, introduction de la rupture conventionnelle du travail…).

La réforme du Code du travail n’est manifestement pas une priorité pour les syndicats dont les doléances restent inchangées: l’augmentation générale des salaires et des pensions de retraite, la baisse de l’IR, le relèvement du seuil exonéré de l’IR, le respect des libertés syndicales, la mise en œuvre des points encore en suspens de l’accord du 26 avril 2011, le respect du Code du travail, l’institutionnalisation des négociations sectorielles et des conventions collectives, la nécessité de mettre en place une politique incitative pour le secteur informel…

Maintenant,l’augmentation des salaires a toujours été le principal sujet de discorde entre le gouvernement et les partenaires sociaux. Le gouvernement d’El Othmani va-t-il satisfaire cette requête? Le précédent Exécutif brandissait la carte du manque de moyens financiers et la nécessité de préserver les équilibres macro-économiques. Le contexte ne semble pas avoir changé, d’autant plus que le même ministre a été reconduit à la tête du ministère de l’Économie et des finances. L’argentier du royaume Mohamed Boussaid brandissait, rappelons-le, son niet catégorique à la doléance de l’augmentation salariale. Le dialogue s’est ainsi terminé l’année dernière sur une mauvaise note à cause de cette doléance.
Selon une source gouvernementale, le gouvernement pourrait cette fois lâcher du lest en ce qui concerne l’argument de manque de moyens pour répondre à quelques doléances syndicales. Encore faut-il que les partenaires sociaux ne placent pas la barre très haut. Plusieurs points pourront être à l’ordre du jour. El Othmani a cité dans sa déclaration gouvernementale l’augmentation des allocations familiales. Rappelons à cet égard que l’année dernière, le gouvernement avait proposé de porter le montant des allocations salariales de 200 DH à 300 DH pour les trois premiers enfants et de 36 DH à 136 DH à partir du quatrième enfant ainsi que la généralisation de la couverture médicale aux parents des adhérents. Une proposition jugée insuffisante par les syndicats.

Outre les points nécessitant un effort financier, plusieurs questions restent encore en suspens et nécessitent un débat approfondi entre le gouvernement et les partenaires sociaux comme la poursuite de la réforme du dossier de la retraite qui pourrait, encore une fois, faire l’objet d’un bras de fer serré entre les deux parties. Déjà, la Confédération démocratique du travail (CDT), qui est l’une des quatre centrales syndicales les plus représentatives, fourbit ses armes. La CDT vient d’élaborer une proposition de loi pour amender la réforme de la retraite.

À ce titre, elle compte sur le soutien des autres groupes parlementaires, notamment celui du PAM, d’autant plus que le président de ce groupe à la Chambre des conseillers, Aziz Benazzouz, a plaidé pour le gel de la réforme adoptée au forceps et le retour à la table des négociations. À cet épineux dossier, s’ajoutent le projet de loi organique sur la grève, qui a déjà été soumis à la Chambre des représentants, et le texte à polémique sur les syndicats. Les centrales syndicales appellent à une concertation élargie en vue de parvenir à un consensus autour de ces deux textes.


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