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Tourisme: le Maroc doit faire « carton plein » les trois prochains mois

Nous ne sommes pas encore à la moitié de l’année – enfin, presque ! – et la facture de la pandémie pour le secteur touristique est déjà bien mirobolante.

Oui, le constat ne semble avoir rien de nouveau, serait-on tentés de dire, mais lorsqu’on scrute la situation en chiffres devant les yeux, la manière d’appréhender la situation change radicalement. En gros, et rien que sur les trois premiers mois de l’année, les recettes touristiques ont dégringolé de 69,1%, nous apprend la Direction des études et des prévisions financières du ministère relevant de l’Économie et des finances.


Ceci équivaut à des pertes de l’ordre de 11,9 milliards DH. S’il fallait encore schématiser, nous dirons que cette bagatelle n’est par exemple rien de moins que la moitié du coût du projet du TGV (22,9 milliards DH), ou près de la moitié de ce qu’a coûté le port Tanger Med (24 milliards DH). Cela aurait également pu être près de dix fois le Théâtre de Casablanca et un peu plus que ce que devrait mobiliser la construction du port Dakhla Atlantique (10,2 milliards DH)… Un énorme manque à gagner pour l’économie nationale et les caisses publiques. Ne parlons même pas du fait que le mois d’avril et un peu plus de la moitié de mai sont aussi synonymes de léthargie pour l’activité touristique, ce qui suppose que ladite facture s’est, entre-temps, davantage alourdie. Maintenant que les verrous de l’état d’urgence sanitaire ont été relativement desserrés, il faudra cravacher dur pour rattraper le retard. Il n’est pas question de jouer les rabat-joies, mais soyons réalistes : combler le gap en quelques mois et sauver l’année serait une mission impossible.

En revanche, il sera tout du moins possible de freiner temporairement l’hémorragie. Par une bonne gestion de la saison estivale qui se profile, à condition que les déplacements inter-villes puissent être autorisés et qu’opérateurs et touristes soient responsables. Aussi, par une offre hôtelière cohérente avec la situation financière de ménages malmenés par la pandémie… En somme, il faudra faire carton plein tout au long des trois prochains mois, afin que la destination Maroc reçoive une petite bouffée d’oxygène… en attendant la rentrée et son lot de contraintes.

Meriem Allam / Les Inspirations Éco

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