Opinions

Pourquoi les jeunes ne participent pas aux élections?

Admettons-le : les 3% constituant, dans la population marocaine, la part des jeunes âgés entre 18 et 24 ans inscrits aux listes électorales est effarant. Non seulement la politique nationale n’intéresse plus nos teenagers, mais l’acte de voter devient, semble-t-il, «has been». Ce pourcentage monte à 19% pour la tranche des 25-34 ans et à 22% pour la population âgée entre 35 et 44 ans, dira-t-on.

Or, un constat majeur mérite d’être relevé : il fut un temps où l’atteinte de l’âge de majorité s’accompagnait, auprès de la jeunesse, d’un sentiment de fierté, celui de pouvoir enfin détenir sa carte d’identité nationale et de pouvoir pratiquer ce droit de citoyenneté en participant à l’exercice démocratique du vote électoral. Il n’en est plus rien aujourd’hui, si l’on en croit ce chétif taux de 3%. Les priorités ont changé et tous les signaux de changement envoyés à la jeunesse n’ont pas suffi à capter son attention sur la chose politique. Le manque de confiance est perceptible. Il a même été signalé par de nombreuses études, jusqu’à tout récemment encore par la vision du Nouveau modèle de développement. Mais c’est un réel électrochoc qu’il faudra administrer à la scène politique pour que les jeunes s’y reconnectent.


L’enjeu, aujourd’hui, est d’autant plus grand que la régénération de l’élite devient cruciale. Mais comment changer la face de l’écosystème politique sans en rajeunir les contours ? La tant attendue remise en question des partis politiques est la solution à cette équation. Rompre avec la recette «gagnante» des stars des élections, ou encore avec la ritournelle des programmes électoraux fades, vagues et plus que consommés : c’est ce dont nous avons besoin ! Plus encore, les jeunes devraient pouvoir se reconnaître et trouver leurs priorités dans les programmes présentés par les formations politiques, à la veille de chaque rendez-vous électoral. Exit les grandes promesses qui ne seront jamais tenues ! Ils attendent de petits déclics qui changeront leurs vies.

Meriem Allam / Les Inspirations Éco

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