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Média holding public: il était grand temps d’apporter des changements radicaux

Le secteur audiovisuel public amorce enfin une restructuration de grande envergure pour s’ériger en pôle à part entière, et tourner la page des dysfonctionnements, des lacunes, surtout de la «chétivité» financière dont il pâtissait depuis des décennies.

Les détails mis en avant par le ministre de tutelle à ce sujet ont de quoi séduire. Nos chaînes publiques s’inscriront enfin dans l’air du temps, si l’on en croit la vision tracée pour ce nouveau pôle. Néanmoins, plus grands que les ambitions annoncées, sont les défis posés pour la réussite de ce chantier. En première ligne, se profile la grande et complexe équation financière par laquelle il faudra donner naissance à un mastodonte audiovisuel fort issu de la fusion de trois structures budgétairement fragiles.


Tout un jeu comptable qui placera haut, dès le départ, la barre financière pour une SNRT censée mener ce joli pool. Ensuite, arrive l’épineuse question sociale. En effet, chacune de son côté, les organisations syndicales des trois chaînes étaient réputées pour leur virulence et la longue liste de leurs doléances. Maintenant que l’union sera actée, elle fera aussi leur force.

Il y a fort à parier que les représentants des ressources humaines du secteur public ne lâcheront rien pour tracer leur périmètre surtout si une vague de dégraissage venait à être inévitable dans le cadre de l’«optimisation des ressources» (et des coûts). Justement, en parlant de capital humain, le volet de la formation est inscrit au rang de priorité, mais en attendant, le pôle public devra composer avec les compétences existantes tout en répondant à la promesse d’amélioration de la qualité.

Ceci nous amène au challenge stratégique des «attentes» du téléspectateur. Les contenus repêchés dans la braderie qu’offre le paysage audiovisuel mondial ne devrait plus trouver place sur le petit écran, tant le Marocain a soif de visionner du «made in Morocco», comme le corroborent si bien les chiffres de l’audimat. Un enjeu parmi tant d’autres… mais il fallait pourtant passer par là pour soigner un petit écran plus pâle que «secam».

Meriem Allam / Les Inspirations Éco

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