Opinions

Au nom de la justice fiscale

Nous savions que les répercussions de la pandémie étaient profondément disparates, en fonction des régions et de par les activités exercées, mais cela fait sérieusement réfléchir d’entendre que la fortune des dix hommes les plus riches du monde a doublé depuis le début de la crise, alors que les revenus des 99% de l’humanité ont fondu comme neige au soleil. Des données fraîchement publiées par Oxfam montrent que, depuis l’avènement de la pandémie, la fortune cumulée de l’ensemble des milliardaires a connu «sa plus forte augmentation jamais enregistrée», de 5.000 milliards de dollars.

Ceci représente le pic historiquement le plus élevé, à 13.800 milliards. Excusez du peu ! L’exercice auquel s’est prêté Oxfam devient beaucoup plus palpitant lorsque cette organisation tente d’évaluer ce que permettrait de réaliser le «pactole» encaissé par ce bouquet de «giga fortunés». Disons que les plus gros challenges actuels de l’humanité pourraient tout bonnement être relevés. Selon les calculs de l’organisation non gouvernementale, une taxe exceptionnelle de 99%, sur les revenus issus de la pandémie des dix hommes les plus riches de la planète, «permettrait de produire assez de vaccins pour le monde, fournir une protection sociale et médicale universelle, financer l’adaptation au climat et réduire la violence liée au genre dans 80 pays». Avec cela, les dix «bienfaiteurs» garderaient en poche «8 milliards de plus qu’avant la pandémie», une fois cette imposition ponctionnée.


Les Musk, Gates, Bezos, Arnault, Buffet, Zuckerberg… ressortiraient ainsi moins riches, mais bien loin d’être appauvris. Elle n’est pas belle, la justice fiscale ? Maintenant, la logique ayant guidé cette réflexion devrait, en principe, être celle-là même qui anime la philosophie de toute stratégie fiscale. Notre réforme à nous, en la matière, pose parmi ses principaux objectifs, celui de l’égalité devant l’impôt et de la justice fiscale. Il faut juste s’assurer de transposer, comme il se doit, ces concepts sur les mesures prévues et d’encaisser très vite le cash nécessaire au financement de la croissance. C’est tout !

Meriem Allam / Les Inspirations ÉCO


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