Maroc

Urgent: Semaine du développement de l’Afrique, le Maroc risque de claquer la porte

Un membre de la délégation marocaine quittant la salle de conférence./DR

Une partie de la délégation marocaine a quitté les travaux de lancement de la Semaine du développement de l’Afrique. Motif: le royaume n’a pas reçu à temps les documents nécessaires à la préparation des travaux.

Coup de théâtre ce jeudi matin, à Addis-Abeba, lors des travaux d’ouverture de la «Semaine du développement de l’Afrique», co-organisée par la Commission économique des Nations-Unies pour l’Afrique (CEA) et l’Union africaine. La délégation marocaine a, en effet, créé la surprise en exigeant, à l’entame de la réunion du Comité des experts sur les affaires financières et économiques, «la suspension des travaux». Motif invoqué: «La partie marocaine n’a pas reçu les documents préparatoires de la réunion à temps, soit 42 jours avant la réunion». Sitôt annoncée, cette demande de suspension a créé un malaise dans la salle. Cela étant, le royaume est automatiquement soutenu par le Sénégal, qui exige à son tour la suspension des travaux. Pour sa part, l’Ouganda tempère en préconisant de s’en remettre au règlement intérieur. À cette requête, la présidente de la séance, après consultations, reconnaît que «le dispositif réglementaire de la CEA prévoit de transmettre les documents aux délégations 42 jours avant la date des travaux» mais, lance-t-elle, «dans la présente réunion qui nous concerne, cette disposition n’est pas forcément valable, car la rencontre est co-organisée par la CEA et l’Union africaine». Bémol, le Maroc n’est plus membre de l’UA (ex-OUA) depuis 1984, suite à la reconnaissance par celle-ci de la pseudo RASD.


Afrique du Sud
Avec cet argument, la réunion pouvait enfin commencer, mais sans une partie de la délégation marocaine constituée, entre autres membres, de l’ambassadeur du Maroc en Éthiopie, Abdeljebbar Brahime, du secrétaire général du ministère du Commerce extérieur, Mohamed Benayad, et de Zakia El Midaoui, directrice de la Coopération multilatérale et des affaires économiques internationales au ministère des Affaires étrangères et de la coopération. Après concertations, une partie de ces délégués marocains revient dans la salle, tout en exigeant une nouvelle fois la suspension des travaux, non sans interrompre certains orateurs. Bis repetita, le Sénégal apporte son soutien et l’Ouganda opte pour la neutralité, tout en soulignant que ce n’était pas le moment idéal d’exiger la suspension de la réunion. À partir de là, l’affaire prend une autre dimension… avec l’intervention de l’Afrique du Sud. En des termes assez secs, le chef de la délégation sud-africaine critique ouvertement l’attitude du Maroc et penche pour la poursuite des travaux. C’est ce qui sera fait, avec le retrait, encore une fois, d’une partie de la délégation marocaine.

Maroc vs UA
En fine diplomate, la présidente des travaux promet de prendre en considération les objections du Maroc, mais seulement après la fin de la séance inaugurale. Au final, il est clairement apparu que c’est bel et bien le quiproquo entre le royaume et l’UA qui était, en filigrane, à l’origine de cet incident. L’institution panafricaine n’avait apparemment pas prévu le Maroc dans ses plans en préparant cette réunion. De son côté, la CEA a probablement compliqué la donne en ne transmettant pas les documents à temps, comme l’a fait remarquer la partie marocaine. Toutefois, à en croire les habitués de ce rendez-vous annuel, ce drôle de scénario est devenu la règle, lors de chaque édition.

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