Maroc

Télétravail. Les fonctionnaires apprécient la formule

Le département de la Réforme de l’administration, en collaboration avec la Banque mondiale, a enquêté sur l’impact de la Covid-19 sur les fonctionnaires de l’administration publique. L’étude, qui vient d’être publiée, a débouché sur une série de résultats abordant l’impact de la crise sur les conditions de travail des fonctionnaires, leurs activités, ou encore des recommandations.

La crise du Covid-19 a affecté et modifié les pratiques et usages d’un grand nombre de secteurs d’activité, corps de métiers et professions. La période que nous traversons a aussi provoqué une digitalisation accélérée de plusieurs secteurs. Les fonctionnaires marocains ont, eux aussi, été impactés dans l’accomplissement de leurs tâches. C’est donc à juste titre qu’une enquête a été réalisée par le département de la Réforme de l’administration en collaboration avec la Banque mondiale.


Il en ressort que les activités nécessitant une présence physique ont été négativement touchées par la crise.

Certaines administrations ont par ailleurs vu leur charge de travail augmenter. Pour plus de 56% des fonctionnaires, l’expérience du télétravail a été positive, avec l’avantage d’un gain de temps pour les déplacements et une grande flexibilité. Cependant, le télétravail a généré des contraintes techniques et organisationnelles entravant l’accomplissement de certaines tâches, à cause notamment des contraintes liées aux exigences de confidentialité et de sécurité des données. Les trois principales contraintes relevées sont le manque de ressources et équipements (ordinateurs, Internet, plateformes collaboratives), la difficulté à concilier le télétravail et les tâches ménagères (pour 43%) et le non-respect des horaires de travail. La majorité des directeurs estiment que la qualité de l’interaction et la performance de leurs équipes sont restées inchangées suite à la crise.

Verrouiller le cadre réglementaire les directeurs interrogés estiment que la nouvelle réalité du télétravail doit être mieux régie et soutenue par davantage de moyens. À commencer par l’introduction d’un cadre régissant les modalités du télétravail, puis la garantie d’un meilleur accès à Internet et aux ordinateurs, l’investissement dans l’infrastructure des systèmes et la formation pour accompagner la montée en compétence numérique des fonctionnaires. Toutefois, de nombreuses tâches et activités requièrent un travail en présentiel et rendent donc nécessaire un travail préalable de simplification des processus.

S’y ajoute le fait qu’un nombre important de directeurs n’ont pas fixé d’objectifs ni de mesures de performance pour le travail à distance, et ceux qui l’ont fait ont eu du mal à les suivre. Seuls 37% ont fixé des objectifs de performance à leur personnel dans le cadre du télétravail. Il est, pour ce faire, recommandé que les opportunités de débureaucratisation soient identifiées et fassent l’objet de pilotes. Les expériences réussies doivent être reproduites dans tous les services. Il est également recommandé de planifier la numérisation des processus de travail en interne, en plus de la prestation de services en externe.

Des appréhensions pour la reprise en présentiel si la majorité des répondants considèrent comme positive l’expérience du télétravail, une grande partie regrette la détérioration de leur santé depuis le début de la pandémie. Il en découle qu’une majorité de fonctionnaires appréhende le retour au travail en présentiel, même s’ils estiment que leur hiérarchie a pris les mesures nécessaires pour assurer leur sécurité. En effet, les implications du retour au travail in situ pendant la pandémie suscitent de vives inquiétudes. Il est ainsi recommandé de concevoir des stratégies de communication efficaces et de faire participer les fonctionnaires aux décisions concernant le retour au travail en présentiel.

36% des employés se sentent à l’aise et en sécurité pour retourner au travail in situ, et 43% ne le sont pas, même s’ils croient que les administrations respectent les mesures de sécurité requises. Sur le plan du bien-être physique et psychologique, 61% des directeurs estiment avoir bien géré le stress. À l’inverse, 37% des fonctionnaires estiment qu’ils n’ont pas été en mesure de le gérer.

Pour une meilleure gestion du stress, les fonctionnaires recommandent la mise en place de systèmes de soutien au bien-être psychologique ou encore l’introduction d’un calendrier de travail alternatif et flexible, adaptable à leurs urgences et besoins. 45% des fonctionnaires estiment que leur santé psychologique s’est détériorée. En ce qui concerne la santé physique, 33% estiment qu’elle s’est détériorée depuis le début de la pandémie. De son côté, le ministère de l’Économie, des finances et de la réforme de l’administration relève que, dans le cadre de sa gestion de la crise sanitaire, le gouvernement a entrepris plusieurs actions pour garantir la continuité du service public tout en préservant la santé et la sécurité des fonctionnaires et des usagers.

Dans ce cadre, un ensemble de circulaires et de guides ont été élaborés par le département de la Réforme de l’administration, notamment le guide du fonctionnaire pour la prévention de la Covid-19, le guide pratique des mesures préventives ainsi que le guide du télétravail dans les administrations publiques.
Benchmark gestion du stress : la méthode Banque mondiale afin d’aider à gérer les niveaux de stress pendant le travail à domicile, les équipes de la Banque mondiale introduisent progressivement des règles informelles pour aider à guider les interactions entre collègues comme moyen de prévenir ou de réduire les niveaux de stress. À titre d’exemple, lorsque l’on demande des contributions à des collègues dans le cadre du travail, on demande aux employés, dans la mesure du possible, de donner un délai d’au moins trois jours pour laisser à leurs collègues suffisamment de temps pour répondre. Un autre exemple consiste à veiller à ce que les appels, les réunions et les emails ne se fassent pas en dehors des heures de travail (de 8h à 17/18h), afin de donner aux employés le temps nécessaire pour se désengager du travail et se ressourcer en famille.

Modeste Kouame / Les Inspirations Éco

Rejoignez LesEco.ma et recevez nos newsletters


Articles similaires

Bouton retour en haut de la page