Maroc

Stratégie forestière : les principales recommandations des députés

Le rapport parlementaire élaboré à l’issue du vote du projet de loi 52-20 portant création de l’Agence nationale des eaux et forêts liste plusieurs pistes en vue d’une mise en œuvre de la stratégie forestière nationale pour les dix prochaines années.

Le statut de l’Agence nationale des eaux et forêts a bouclé son circuit législatif après le feu vert accordé par la deuxième Chambre à l’issue de la deuxième lecture de cette nouvelle législation. Les élus au sein des deux Chambres ont en effet adopté la nouvelle loi en un temps record, après son dépôt au Parlement le 2 juin. Un comité restreint a été formé par les députés au sein de la Chambre des représentants en vue d’améliorer la qualité des amendements proposés, ainsi que pour veiller à la mise en œuvre adéquate de la stratégie forestière.


«La nouvelle loi relative à la création de l’Agence nationale des eaux et forêts devra apporter des solutions aux diverses problématiques qui diminuent les capacités productives des forêts et consacrer le principe d’équité dans la répartition des ressources forestières», indique le rapport parlementaire élaboré par la Commission des infrastructures au sein de la Chambre des représentants. La principale priorité des élus consiste à «instaurer un nouveau modèle basé sur approche participative, à travers le modernisation des métiers liés à l’exploitation des ressources forestières et leur numérisation», ajoute le rapport.

Les mesures du deuxième pilier, qui devront accompagner la mise en place de l’Agence nationale, portent sur «la préservation des ressources forestières et leur valorisation, la création de parcs nationaux ainsi qu’une gestion durable des ressources liées à la chasse et à l’aquaculture», souligne le diagnostic établi par les députés.

Pour l’épineuse question de ressources qui seront allouées à la nouvelle agence afin qu’elle puisse exercer ses missions, les parlementaires ont insisté sur la combinaison des dotations qui seront réservées par l’État et les collectivités territoriales, mais aussi sur les ressources en provenance du Fonds national forestier et de celui de la chasse. Les députés ont également insisté sur la signature d’une nouvelle génération de conventions et de partenariats qui permettront à l’agence d’être au centre de la mise en œuvre de la stratégie forestière.

Il faut aussi dire que l’impact sur les populations rurales des projets qui découlent de la stratégie forestière reste le principal souci des députés, qui ont appelé à orienter l’ensemble des projets qui seront lancés vers l’économie locale et l’amélioration des revenus des populations qui vivent à proximité des principales ceintures forestières du pays. Enfin, concernant la préservation de la biodiversité et de son utilisation durable, les dernières données collectées par les députés montrent que le nombre d’espèces menacées s’élève à 600 animales et 1.700 végétales sur les 7.000 identifiées, tandis que les superficies des aires protégées terrestres et marines devront respectivement couvrir 17% et 10% des superficies du pays parallèlement à la mise en œuvre de la stratégie 2030. D’autres données indiquent que, sur le plan de gestion des infractions environnementales commises au sein des parcs et des aires protégées de manière générale, l’intervention des agents verbalisateurs demeure limitée.

Un nouveau cap pour la planification forestière

La nouvelle législation «pilote» la stratégie nationale forestière, essentiellement dans les domaines de la mise en valeur et la protection du patrimoine national des forêts. À noter que la révision de l’environnement légal et réglementaire régissant les forêts devra désormais être précédée par un avis émanant de l’agence nationale, de même que le gouvernement devra consulter l’agence au sujet des dispositions à prendre pour la protection du patrimoine forestier. La version finale de la loi 52-20 précise aussi que les domaines d’intervention de l’Agence nationale des eaux et forêts englobent la lutte contre la désertification, la création et d’administration des aires protégées, la gestion de ressources cynégétiques de la pêche et de l’aquaculture continentales et la conservation de la flore et de la faune sauvages.

L’état des lieux établi par le Comité de pilotage de la stratégie nationale «Forêts du Maroc 2020-2030» montre que l’État a programmé 600.000 hectares de plantations forestières dans les douze régions, à raison de 50.000 hectares au début du programme pour atteindre 100.000 hectares à l’horizon 2030. Un programme de reboisement, issu de plans d’aménagement des différentes forêts marocaines, devra de son côté faire l’objet de concertations avec les riverains. Il comprendra notamment l’arganier, le chêne liège, le chêne vert, le thuya, le cèdre, le caroubier, l’eucalyptus et le pin.

Younes Bennajah / Les Inspirations Éco

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