Maroc

Sortie de la liste grise du Gafi : le Maroc joue son va-tout

Les experts du Groupe d’action financière (GAFI) sont attendus au Maroc, vers la mi-janvier, pour une visite décisive. Placé sous «surveillance renforcée», le royaume multiplie les initiatives et joue son va-tout pour sortir de cette juridiction encombrante.

Le Maroc attend avec impatience la visite de la délégation des experts du Groupe d’action financière (GAFI). Une visite à la fois imminente puisque annoncée pour ce mois de janvier, et décisive dans la mesure où les prêts du Fonds monétaire international, dont le Maroc a besoin, sont suspendus au verdict des experts de l’organisme intergouvernemental de lutte contre le blanchiment d’argent et le financement du terrorisme.

En attendant que ce rendez-vous ô combien important ait lieu, le royaume multiplie les initiatives pour essayer de convaincre les visiteurs du Gafi attendus dans le pays à la mi-janvier, et continue de renforcer son dispositif en matière de lutte contre le blanchiment de capitaux et le financement du terrorisme (LBC-FT) pour se conformer aux standards internationaux. C’est dans ce cadre d’ailleurs que les meilleurs enquêteurs et procureurs anti-blanchiment d’argent des États-Unis et du Royaume-Uni se sont réunis mercredi à Casablanca pour échanger avec leurs homologues du parquet du Maroc (Ministère public) sur les stratégies réussies pour l’instruction des crimes de blanchiment d’argent.

Au menu également, des discussions sur des outils juridiques marocains disponibles pour porter des accusations de blanchiment d’argent parallèlement à des accusations pénales substantielles, et des techniques spécifiques pour le développement des enquêtes financières parallèles. «Nous savons que c’est important pour le Maroc de sortir de la liste grise et nous sommes là pour aider le Maroc à sortir de la liste du Gafi», a soutenu un membre de la délégation américaine.

Une affaire de tous
«Le blanchiment d’argent est un problème mondial qui touche les pays du monde entier. Le montant de l’argent blanchi se chiffre à plusieurs milliards de dollars», a-t-il ajouté. «La lutte contre le blanchiment est globale. Et tous les pays du monde entier ont besoin de travailler ensemble pour lutter contre ce phénomène», a noté Waqar Hasib, conseiller juridique à l’ambassade des États-Unis à Rabat. Pour ce dernier, les partenariats et les échanges de renseignements sont cruciaux dans ce combat.

«Nous travaillons avec le Maroc et nos deux pays ont un solide partenariat en matière de lutte contre le blanchiment et la criminalité», explique Hasib.

Dans un exposé devant une quarantaine de participants, Christopher Mehmel, enquêteur à la DEA (l’agence fédérale américaine chargée de lutter contre le trafic et la distribution de drogues aux États-Unis), est revenu sur cette «étroite collaboration» entre le Maroc et les États-Unis dans la lutte contre le blanchiment de capitaux, notant que les deux pays échangent des renseignements précieux. En dehors des salles, le Maroc semble mener une guerre sans merci pour rendre la vie dure aux «blanchisseurs» d’argent, en témoignent les saisies réalisées par les autorités publiques dans le cadre de la lutte contre le blanchiment des capitaux.

Au total, 10,972 milliards de dirhams ont été saisis depuis le début de l’année 2022 alors que le nombre d’affaires traitées est passé à 850 en 2022 contre 55 en 2018. Dans la même foulée, selon un dernier rapport du Ministère public, le nombre des affaires d’atteinte à la sécurité et à l’ordre publics a connu une hausse de 35%, tandis que celui des affaires de falsification, de contrefaçon, d’usurpation et de terrorisme a relativement baissé.

Pour serrer la vis et prévenir davantage les risques de blanchiment d’argent, d’autres mesures visant à muscler le système financier national ont été récemment déployées. Il s’agit, notamment, de l’élargissement du dispositif de lutte contre le blanchiment aux régimes de retraites à travers l’arrêté du ministre de l’Économie et des finances n° 2244.22, entré récemment en vigueur. Le dispositif en question s’applique à la Caisse nationale de sécurité sociale, à la Caisse marocaine des retraites, à la Caisse interprofessionnelle marocaine de retraite ainsi qu’à la Caisse nationale de retraite et d’assurance.

Khadim Mbaye / Les Inspirations ÉCO

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