Maroc

Royal Air Maroc : Les dossiers chauds du nouveau PDG

Hier lundi, Abdelhamid Addou a officiellement pris ses fonctions suite à la passation de pouvoirs avec le patron sortant Driss Benhima. Le nouveau PDG de Royal Air Maroc n’aura pas le temps de souffler: concurrence très rude, nouveau contrat-programme, nouvelles liaisons internationales, marché africain… Tour d’horizon des défis qu’il doit relever.


Contrat-programme
Horizon 2016-2025
L’ex-patron de l’Office national marocain de Tourisme (ONMT) tombe à point nommé, avec l’arrivée à terme du contrat-programme qui lie le transporteur aérien à l’État. S’étalant sur la période 2011-2016, l’accord comprenait plusieurs mesures d’austérité pour remettre la compagnie sur pied. Pari réussi pour le PDG sortant, Driss Benhima, qui a réalisé une grande partie des objectifs fixés par le contrat-programme. Néanmoins, la compagnie n’est pas sortie de la zone de turbulences pour autant. Il reste encore du chemin à parcourir, et c’est pour cette raison qu’un nouveau contrat-programme est dans le pipe. Le nouveau cadre qui liera la compagnie à l’État a pour horizon 2016-2025 et comprendra plusieurs objectifs avec, en prime, un programme d’investissement de près de 36 MMDH. Renforcement de la dimension africaine, création de nouvelles lignes aériennes, augmentation de ses parts de marché, élargissement de la flotte… Le premier challenge de Abdelhamid Addou consistera donc à négocier ce virage et, ce faisant, mettre à exécution les termes du contrat-programme.

Concurrence
Une place parmi les grands
Le marché aérien international est très concurrentiel et les compagnies aériennes se livrent une guerre sans merci. RAM est en première ligne, bousculée par les compagnies européennes et, de plus en plus, par les mastodontes des pays du Golfe. L’ex-PDG de RAM s’est toujours plaint des répercussions de l’Open Sky sur sa compagnie. Une configuration où le transporteur aérien national ne joue pas à armes égales avec ses concurrents européens: masse salariale élevées, notamment des pilotes; fiscalité stricte alors que beaucoup d’opérateurs aériens du Vieux contient sont implantés dans des paradis fiscaux; contraintes administratives qui lui empêchent d’opérer sur le marché européen. Autant de contraintes qui affaiblissement la compétitivité de la compagnie nationale. Un coup de pied dans la fourmilière est donc le bienvenu, mais comment? La piste de la privatisation de la compagnie nationale, ou du moins l’ouverture de son capital à un partenaire étranger, a maintes fois été évoquée.

Tourisme
Un coup de pouce très attendu
La nomination de Abdelhamid Addou à la tête de RAM a été bien accueillie par les opérateurs touristiques. Et pour cause: depuis un bon moment, ils n’ont pas arrêté de crier haut et fort que la politique de la RAM, qui annule plusieurs lignes à partir du Maroc, ne rend pas service au secteur. La suppression de la ligne Paris-Essaouira en 2014 a été très critiquée par les opérateurs touristiques. Le nouveau patron de la compagnie sera-t-il en mesure de changer la donne? Pas si sûr. Driss Benhima avait des arguments qui tenaient debout: «Les professionnels ne s’adressent pas à la bonne instance. RAM est liée à l’État par un contrat-programme qui lui impose de mettre fin aux lignes structurellement déficitaires. Nous ne faisons que mettre en œuvre les termes du contrat», expliquait-il récemment lors d’une rencontre avec la presse. L’arbitrage entre la rentabilité économique et le maintien de lignes déficitaires n’est pas une mince affaire.

L’Afrique
Passage obligé
La compagnie nationale ne cache pas ses ambitions pour l’Afrique où elle veut se positionner comme hub. C’est que ce marché connaît une croissance fulgurante. En 2014, le continent noir a ainsi atteint un million de passagers, devenant le deuxième marché de RAM en termes de recettes (24%) et le troisième en termes de trafic (16%). Des chiffres qui confirment la justesse de ce choix. Néanmoins, sur ce marché, la concurrence est des plus rudes et RAM n’est pas la seule compagnie à convoiter l’Afrique. De plus, des compagnies low-cost, des transporteurs maghrébins -Air Algérie en particulier- lorgnent le marché africain. RAM doit faire un effort particulier au niveau des prix, considérés comme élevés par les observateurs.  


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