Maroc

Promotion du football féminin : le privé doit s’impliquer davantage

Des efforts sont à déployer de la part des différentes parties prenantes, notamment, le secteur privé comme c’est le cas pour le football masculin. En effet, l’apport du secteur privé pourrait avoir un effet capital dans le développement du football féminin au Maroc.

La promotion du football féminin marocain devient un impératif, surtout au vu du succès populaire qu’a connu la récente Coupe du monde féminine qui a mis en avant le football féminin. En effet, l’idée de voir une équipe marocaine disputer une prochaine Coupe du monde demande un travail de longue haleine en amont. C’est ce qui ressort du débat organisé par Strategy Lab, cabinet de consulting en stratégie et RSE, en présence de plusieurs personnalités des secteurs privé et sportif.

L’événement a ainsi mis la lumière sur le rôle de la responsabilité sociétale des entreprises dans le développement du football féminin professionnel au Maroc. Ainsi, les intervenants se sont accordé à dire que des efforts des différentes parties prenantes doivent être déployés, notamment le secteur privé comme il est le cas pour le football masculin.

Après un tour d’horizon qui nous ramène à l’année 1881, quand l’Angleterre et l’Écosse ont disputé le premier match de football féminin et passant par le premier championnat féminin qui a eu lieu en France en 1917, le débat atterrit au Maroc, près d’un siècle plus tard, où la première édition du championnat marocain a été lancée en 2002. «Je suis consultante en stratégie pour le compte de plusieurs entreprises et, en même temps, membre du bureau d’un club de football pour lequel je gère également la section de foot féminin.

D’un côté, je constate le besoin des clubs pour professionnaliser les sections féminines, et, de l’autre, la demande des entreprises qui veulent mettre de plus en plus en place des stratégies RSE à la fois innovantes et efficaces», affirme d’emblée Nawal El Aidaoui, Founder et CEO de Strategy Lab, l’organisateur de cette conférence-débat.

Partant de ce constat, l’objectif était de se questionner sur l’essor du football féminin au Maroc et sur le rôle que pourrait jouer le secteur privé pour soutenir les efforts des clubs ainsi que ceux de la Fédération royale marocaine de football (FRMF) et la Ligue nationale du football féminin.

Aux côtés des représentants de la FRMF, de la Ligue nationale du football féminin et des représentants de quelques clubs ayant une bonne expérience en section féminine professionnelle, est intervenu Mohamed Horani, président du Conseil d’administration de HPS, ancien patron des patrons et membre du Conseil économique, social et environnemental, qui a parlé de l’importance de faire du secteur privé un maillon important dans l’accompagnement des clubs, en intégrant le soutien du football féminin dans leur stratégie RSE.

Il a assuré dans ce sens que «l’implication du secteur privé dans le football féminin est un soutien au sport, à la femme et à l’émancipation de la jeune fille.

En effet, il s’agit d’une lutte contre l’exclusion de la femme et d’une source de son épanouissement comme l’ont bien exposé les acteurs des clubs sportifs venant de différentes régions. Les participants ont tous été d’accord qu’il n’y a pas de formule magique pour assurer le développement du football féminin au Maroc. Le travail et la patience sont certes les secrets de la réussite, mais il reste ludique de tirer les leçons de l’expérience américaine dont la réussite dans le domaine revient à l’intégration du football dans le milieu scolaire. «Les filles commencent à six ans et sont intégrées à douze ans en sport études. À 18 ans, elles sont prêtes à jouer en sénior», détaille Amine Benjelloun, vice-président du Sporting Club de Casablanca. Par ailleurs, la formation des cadres est également un point de taille qui nécessite de l’investissement à moyen et long terme. Mais comment financer des projets aussi importants et coûteux si ce n’est avec la participation active et l’implication forte du secteur privé.

Des défis à relever
L’exclusion de la femme dans le football et son émancipation par le football était le sujet ayant constitué le cœur du débat. Il faut dire que malgré les efforts déployés par les politiques publiques ainsi que la fédération et la Ligue nationale du football féminin, le football féminin, au Maroc, connaît plusieurs limites et est mis face à différents défis dont l’aspect infrastructurel et financier constitue le cheval de bataille.

Nabila Rmili, maire de la ville de Casablanca, qui, ayant participé à cet événement, a promis de mettre le sujet dans son pipeline et d’étudier comment la ville pourrait fournir plus d’infrastructures au football féminin. Plus encore, les intervenants ont mis l’accent sur la notion de passion qu’ont les joueuses des clubs et dont la consécration nécessite de réunir les efforts de tous les acteurs.

Ils ont été unanimes à affirmer que le football féminin se professionnalise au Maroc grâce aux efforts et investissements de la Fédération royale marocaine de football et que plusieurs clubs ont réussi à se démarquer, mais que le secteur privé est appelé à jouer un rôle actif de leadership et de bailleur de fonds pour compléter les efforts institutionnels de la FRMF et individuels des clubs.

Des cas de réussite de clubs ont été cités par leurs présidents respectifs, en l’occurrence l’AS FAR et le Sporting club de Casablanca. Ce dernier est un exemple parlant, vu que c’est un club exclusivement de football féminin, qui au bout de deux ans a réussi à jouer en 1ère division et même à fournir à l’équipe nationale une poignée de joueuses.

«Notre motivation première est de professionnaliser le football féminin et de permettre à la femme de s’épanouir et de s’émanciper par le foot», a noté Moad Oukacha, président du Sporting club de Casablanca. Un autre club sort du lot et, cette fois-ci, c’est par son origine qu’il se démarque.

Il vient d’une région rurale et a été représenté par sa présidente, Samira Oubella, lors de ce débat. Une femme qui a réussi depuis deux ans à faire porter des maillots de foot à des filles et femmes d’un village dans la région de Guelmim. Un signe de lutte contre l’exclusion pour des filles issues du milieu rural où le foot féminin est encore perçu comme un tabou.

Sanae Raqui / Les Inspirations ÉCO

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