Maroc

Promotion de l’emploi : Le Conseil supérieur au point mort

Le ministère de l’Emploi est appelé à respecter le Code du travail en activant les réunions du Conseil supérieur de la promotion de l’emploi. L’instance ne s’est pas réunie avant même les élections professionnelles de juin 2015 alors qu’elle doit tenir deux sessions par an.  

Le Conseil supérieur de la promotion de l’emploi (CSPE) est au point mort. Cette instance ne s’est pas réunie avant même les élections professionnelles qui se sont déroulées en 2015 alors que qu’elle doit tenir deux sessions par an. Cette situation suscite une interrogation majeure: cet organe a-t-il vraiment un rôle à jouer dans la promotion de l’emploi? Ayant une mission consultative, le conseil composé des représentants de l’administration, du patronat et des syndicats les plus représentatifs est appelé à être une véritable force de proposition pour pouvoir trouver des solutions concrètes à l’épineux dossier de l’emploi. En dépit des attributions qui lui sont dévolues par le Code du travail, il a visiblement été depuis longtemps marginalisé puisque les délais de la tenue des réunions ne sont pas souvent respectés. Le ministre de l’Emploi et des affaires sociales explique le retard pris dans la tenue du conseil par la nécessité de renouveler ses membres après les élections professionnelles, d’autant plus que la configuration des syndicats les plus représentatifs a changé.

Abdeslam Seddiki estime nécessaire d’activer incessamment ce conseil: «Il ne faut pas que les institutions arrêtent de fonctionner. Bien qu’on soit en phase de gestion des affaires courantes, il faut activer le conseil qui va bientôt se réunir». Il estime que le rôle de cette instance sera rehaussé avec la mise en œuvre de la Stratégie nationale de la promotion de l’emploi. Ses membres, notamment les syndicalistes, espèrent être écoutés par le gouvernement afin que les recommandations soient traduites en décisions. Pour Lahcen Hansali, nouveau représentant de l’Union générale des travailleurs du Maroc, il est inutile de tenir des réunions pour émettre des propositions qui restent lettres mortes. Il estime que le conseil pourra jouer un rôle important en matière d’activation de la stratégie nationale de la promotion de l’emploi en relevant les priorités et les mécanismes jugés nécessaires pour atteindre les objectifs escomptés. Les syndicalistes aspirent à ce que le conseil ait un impact concret sur les décisions gouvernementales. L’optimisme est, en tout cas, au rendez-vous. Le gouvernement avait déjà pris en considération les observations émises par le conseil. Il s’agit notamment de la création en 2015 d’un observatoire national de l’emploi, première structure du genre au Maroc et ayant été longtemps reportée.

Les représentants aussi bien des syndicats que du patronat ne cessaient d’appeler à la création d’une telle entité pour assurer la veille stratégique sur le marché de l’emploi, accompagner ses mutations et relever les défis liés à l’employabilité, notamment des jeunes diplômés. L’espoir aujourd’hui est que le rythme des réunions du conseil soit respecté pour traiter sérieusement la problématique de l’emploi ainsi que décortiquer les pistes pour dynamiser le marché de l’emploi et améliorer la situation des travailleurs. Pour les syndicalistes, il s’agit notamment de l’impératif de respecter le Code du travail, doléance évoquée par les partenaires sociaux dans les réunions de toutes les instances. Du côté du patronat, on soulève la problématique de «la rigidité du Code du travail» qui expliquerait la faiblesse des nouveaux recrutements. On réclame, ainsi, une flexibilité dudit code, à commencer par le volet contractuel (contrats à temps partiel et un nouveau cadre-juridique pour le télétravail, révision de la durée de l’intérim…).

Le CSPE s’avère être le cadre idéal pour rapprocher les points de vue des différents acteurs autour de cette question. Il est aussi nécessaire de passer au crible la question de l’adaptation de la formation aux besoins du marché du travail, une problématique qui doit mobiliser tous les pouvoirs publics. D’aucuns soulignent que cet axe crucial dans la lutte contre le chômage exige en premier lieu une analyse par filière et par type de qualification pour mieux appréhender les causes de la faible insertion des jeunes diplômés dans le marché du travail, en dépit des différents programmes lancés au cours des dernières années. Pour les membres du Conseil, il ne suffit pas de créer des emplois; encore faut-il qu’ils soient décents. Or, jusque-là, la croissance au Maroc ne parvient pas à générer assez d’emplois. Le conseil est appelé à élaborer et proposer des programmes concrets et même des plans régionaux sur le partenariat et la participation effective des différents intervenants locaux. En effet, la réponse effective à la problématique du chômage ne passe pas uniquement par les politiques nationales, mais aussi par la mise en œuvre des mesures régionales. Il y a lieu d’enrichir les initiatives territoriales de l’emploi lancées par le gouvernement en vue d’améliorer l’employabilité, l’emploi salarié ainsi que l’auto-emploi. La dimension territoriale est une composante incontournable dans la réflexion autour de la lutte contre le chômage. 



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