Maroc

Production immobilière : les raisons du repli

La production immobilière a enregistré un repli de 19% à 128.493 unités (lots et logements) dont 101.716 unités économiques et sociales en 2020. Dans ce cadre, les mises en chantier se sont rétractées de 37,2% à 110.613 unités dont 88.357 unités du segment économique et social. Ce topo, commente une récente note de BMCE Capital Research sur l’évolution des indicateurs du secteur immobilier, trouve son explication dans la conjoncture économique globale, marquée par la crise sanitaire.

Cet avis est confirmé par Mustapha Allali, vice-président de la Fédération nationale des promoteurs immobiliers (FNPI), qui souligne que la lourdeur de certaines démarches administratives complique davantage cette situation, en plus de la complexité du processus d’obtention des permis de construire. Le vice-président de la Fédération nationale des promoteurs immobiliers souligne le contenu de «l’article 11 de la loi 25-90 promulguée en 1992, qui stipule qu’après l’obtention du permis de construire, le promoteur a un délai de trois ans pour finir les travaux».


Cette loi, indique Allalli, bien que promulguée en 1992, n’a commencé à être appliquée qu’en 2020. Ce qui fait que beaucoup de projets n’ont pu être livrés à temps, causant un retard énorme, déplore-t-il. Maintenant, ce qui est d’autant plus inadmissible, c’est que l’application de cette loi en 2020 a coïncidé avec l’avènement de la crise sanitaire. «C’est une aberration pour nous. Cette loi doit être modifiée, voire totalement révisée parce que, les projets immobiliers s’étendent sur des hectares et il s’agit de chantiers qu’on ne peut livrer en trois ans ! », défend-il mordicus. L’enjeu, pour le secteur, est aujourd’hui d’amorcer la relance entre autres solutions, en écoulant les stocks invendus. Pour cela, les promoteurs immobiliers seraient dans l’attente de signaux de la part de l’Agence nationale de la conservation foncière et du cadastre, des banques, des différents services de l’administration… «Nous attendons que la Conservation foncière baisse les taux sur les droits de conservation, par exemple, et nous attendons aussi des efforts de la part des banques pour qu’elles baissent un peu les taux d’intérêts. Enfin, nous nous attendons également à un assouplissement des procédures administratives», liste le vice-président de la FNPI. Pour ce qui est des aux stocks invendus, «les promoteurs ont déjà fait tout ce qu’ils pouvaient en baissant leurs prix. Aujourd’hui, ils sont confrontés à une situation très difficile et les autres partenaires doivent également faire des efforts», affirme Allali.

Mustapha Allali.
Vice-président de la FNPI

«Comme tous les acteurs économiques du pays, la crise sanitaire a touché tout le secteur immobilier, même si certains s’en sortent mieux que d’autres. Toutefois, nous avons tout de même constaté une hausse des transactions en janvier 2021, par rapport à janvier 2020. Cette amélioration est due au fait que les membres de la FNPI, et même les promoteurs non membres de la fédération, ont déployé d’énormes efforts sur les prix pour pouvoir s’acquitter de leurs redevances vis-à-vis des banques. Il faut savoir qu’en pleine crise sanitaire, l’objectif principal de la FNPI était de perdre le moins d’emplois possibles. Nous avons donc essayé de garder les chantiers ouverts même si c’était loin d’être facile, surtout durant la période du confinement du fait qu’il n’y avait pas de circulation inter-villes et que beaucoup d’ouvriers étaient issus de régions éloignées.».

Les ventes de ciment en baisse

Les données du ministère de l’Habitat et de la politique de la ville, à fin 2020, montrent que les ventes de ciment ont affiché un repli global de 10%. Autres chiffres: 9.226 prêts Fogarim ont été accordés, soit un recul de 9,3%, fixant le nombre de bénéficiaires à 186.731 ménages pour une enveloppe de 29,5 MMDH, tandis que 6.016 prêts Fogaloge ont été accordés au cours de la même année (+2,9%), établissant le nombre de bénéficiaires à 54.617 ménages pour une enveloppe de 15,6 MMDH. Pour ce qui est des crédits immobiliers, une légère hausse de 2,5% à 283,7 MMDH est relevée à fin 2020, soit un taux de contribution de près de 25,1% dans les concours à l’économie. Quant aux taux débiteurs appliqués par les banques au troisième trimestre, ils affichent un allègement de 0,4 points à 4,8%, sur un an. Par ailleurs, le secteur BTP a enregistré une perte nette de 9.000 emplois entre 2019 et 2020 avec 8.000 postes perdus en milieu urbain et 1.000 postes perdus en milieu rural.

Mariama Ndoye / Les Inspirations Éco

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