Maroc

Plan de développement régional : Les huit enjeux de Rabat-Salé

Un document présenté à la réunion du Conseil de la région, il y a quelques jours, trace le cap pour un développement visant à réduire les inégalités. Les transferts budgétaires attendus avant la fin de l’année seront décisifs pour permettre à la région de jouer pleinement son rôle.


Les plans de développements régionaux sont le premier vrai examen de passage pour les nouvelles 12 régions. Celui de Rabat-Salé figure parmi les plus en vue, puisqu’il engage et s’appuie sur le rayonnement de la capitale du pays. Le 28 juillet dernier, le Conseil de la région Rabat-Salé avait, à son ordre du jour, la validation de la première phase du plan axée sur le diagnostic des besoins et des déficits. Vers la troisième semaine du mois d’août, une deuxième réunion est programmée pour se pencher, cette fois-ci, sur les choix stratégiques de la région. Pas moins de 8 enjeux stratégiques ressortent comme prioritaires. Il y a d’abord le défi de réduire les inégalités entre la ville et les zones rurales de la région.

Il s’agit en fait de mobiliser le foncier urbanisable tout en limitant la spéculation immobilière et foncière et densifier les secteurs bien équipés. Il est aussi opportun, selon l’étude de diagnostic de la région dont les Inspirations ÉCO détient copie, d’alléger le poids de l’exode rural en mettant en place des politiques d’accompagnement dans les espaces ruraux. Objectif, améliorer la formation et la productivité des agriculteurs, pour valoriser les produits de terroir, et pour développer des filières touristiques. Deuxième enjeu qui est le prolongement du premier, à savoir, réduire le taux de pauvreté et les inégalités sociales de la population dans une région-capitale riche en ressources naturelles.

Le troisième enjeu consiste à garantir un accès égal et complet aux services de base et aux équipements pour l’ensemble des ménages, notamment en milieu rural et dans les secteurs périurbains. Enjeu important qui n’est d’ailleurs plus un luxe, mais une obligation, la restauration des grands équilibres environnementaux et l’anticipation des risques aggravés par le changement climatique.

Le cinquième enjeu est sans conteste le plus important et le plus attendu par la population. Il consiste à assurer de meilleures conditions de mobilité aux habitants pour satisfaire les besoins d’accessibilité aux bassins d’emploi, à la formation et aux loisirs. C’est d’ailleurs l’une des nouvelles prérogatives des régions, à savoir la mise en place du schéma directeur de la mobilité. Un aspect majeur pour le développement d’une région qui ambitionne de devenir une locomotive. Le sixième enjeu touche à un aspect des plus sensibles qui, une fois implémenté, devra faire la différence entre les régions et susciter l’émulation. Le document parle de la promotion de l’innovation pour marquer le passage d’un modèle économique de «productivité» à un modèle ciblant la qualité et la valeur ajoutée.

En d’autres termes, il ne suffit plus de produire pour se démarquer, mais il faut être innovant pour passer à un nouveau palier dans le processus de développement régional. Quant aux deux enjeux restants, ils visent à créer de nouvelles opportunités de croissance économique et d’emploi, aider les entreprises à se développer et déclencher la transformation rurale tant attendue. Si l’on tient compte de tous ces enjeux qui devront se transformer en engagements, l’on se poserait légitimement la question du financement. En effet, dans l’attente des transferts budgétaires, prévus vraisemblablement vers la fin de l’année, les régions doivent se dépasser en ingéniosité pour motiver et défendre leurs projets.  


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