Maroc

Pêche : où en est le Maroc ?

Le secteur halieutique national a été moyennement affecté par les effets de la crise sanitaire. Les captures demeurent, en revanche, sous-valorisées.

Le secteur de la pêche a, jusqu’ici, été plutôt épargné par les effets négatifs de la Covid-19. C’est ce qui ressort du diagnostic du département de tutelle de cette branche qui a généré, en 2019, plus de 22 MMDH en devises. Bien que 38% des produits de la pêche soient destinés à l’export, la filière a montré une très forte résilience face aux multiples contraintes inhérentes à cette période de pandémie. Le grand fait marquant aura été la baisse des prix des produits halieutiques dans les principales halles aux poissons, une fois l’état d’urgence sanitaire décrété. Le secteur a également été le moins touché par la vague d’arrêts d’activité, avec moins de 33% des entreprises contraintes de fermer leurs portes durant la période de confinement. De ce fait, les données du département de tutelle montrent que 79% des emplois ont pu être maintenus, notamment au sein des industries de transformation des produits halieutiques qui, selon les indicateurs de l’Exécutif, ont été les plus touchées. «Les effectifs ont été réduits à une moyenne se situant entre 60% et 70% afin de préserver la santé des ouvriers», indique le rapport soumis à la première Chambre à l’occasion de l’examen du projet de loi de Finances (PLF) 2021. À noter que les exportations de l’ensemble des segments de la filière ont été légèrement impactées, le taux de recul n’ayant pas dépassé 4% en valeur à fin août 2020, contre une hausse de 0,8% du volume exporté.


Le plan d’action de 2021
La crise sanitaire contraint le secteur à l’amélioration de la compétitivité durant l’année 2021. Plusieurs maillons de la chaîne sont concernés, essentiellement en matière de respect des mesures de gestion des pêcheries et l’amélioration de la chaîne de froid. Le département de tutelle est surtout préoccupé par la sous-valorisation des captures, notamment les insuffisances persistantes liées à une sous-exploitation des infrastructures portuaires et au segment de la transformation. «Environ 56% de la valeur des exportations concernent le frais et le congelé, quand la farine et l’huile de poisson continuent de représenter une part non négligeable des débarquements», constate le département de tutelle. Les données collectées montrent en effet que les débarquements de la flotte hauturière industrielle ont lieu dans les ports étrangers, occasionnant un important manque à gagner pour les opérateurs. Plusieurs mesures sont ainsi tracées afin de tenter de «récupérer» le manque à gagner lié à la gestion actuelle des captures. L’État compte renforcer l’usage des nouvelles technologies afin d’améliorer le positionnement du secteur au niveau mondial. Il s’agit principalement «d’améliorer les moyens de subsistance des pêcheurs les plus vulnérables, notamment ceux œuvrant dans l’informel, afin de préserver leurs emplois», indique la feuille de route élaborée par le gouvernement pour l’année prochaine. Pour rappel, la Cour des comptes expliquait dans son dernier rapport que les dysfonctionnements constatés dans la gestion des ressources sont dus à une insuffisance des moyens dédiés à la recherche halieutique, à la gestion par simple décision ministérielle de certaines pêcheries, aux rallonges accordées et aux sous-déclarations des produits de la pêche pendant le repos biologique. 

Les exportateurs en ordre de bataille

Dans ce contexte de crise sanitaire, les exportateurs devront faire face à la baisse en valeur des crustacés et mollusques, qui ont vu leurs exportations chuter de 1,5%, tandis que les poissons frais, salés ou encore séchés ont connu une baisse de 12%. «Ces évolutions augurent un impact négatif notable de la crise sanitaire sur le secteur en raison de sa vocation exportatrice», constate le gouvernement. Le dispositif de l’État prévoit des mesures relatives à l’endettement et une compensation destinée aux employés en arrêt d’activité. L’État déplore surtout la faible quantité de produits innovants à forte valeur ajoutée, de même que la taille des acteurs, qui demeure insuffisante pour améliorer la compétitivité.

Younes Bennajah / Les Inspirations Éco


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