Maroc

Parti de l’Istiqlal. Un programme réalisable ?

L’équité est au cœur du programme électoral du parti de l’Istiqlal qui nécessite un financement de 112 MMDH. Une batterie d’engagements est formulée au profit de plusieurs catégories, notamment la classe moyenne, l’entreprise, la femme, les jeunes…Le PI arrivera-t-il à mettre sur les rails ses promesses ?

À deux semaines des élections, le parti de la balance a livré les grandes lignes de son programme électoral. Le secrétaire général des héritiers de Allal El Fassi, qui nourrit visiblement l’ambition d’occuper l’une des premières marches du podium aux prochaines législatives voire la première place, mise sur le slogan de «l’équité, maintenant» pour attirer l’attention des électeurs.


A cet égard, une batterie d’engagements est prise vis-à-vis de la famille, des femmes, des jeunes, de la classe moyenne, des personnes âgées, du milieu rural, des personnes à besoins spécifiques, des entreprises et des artisans. Nizar Baraka s’engage à en finir avec nombre de pratiques négatives dont l’économie de rente et le mode de gouvernance actuel des politiques publiques.

L’objectif étant d’instaurer l’équité sociale, économique et spatiale. Concrètement, le chef de file des Istiqlaliens promet, entre autres, de plafonner les prix des carburants, de réguler les tarifs des écoles privées, de prendre en charge totalement les personnes âgées de plus de 70 ans, d’alléger la pression fiscale sur les classes moyennes et les couches à revenus limités, de renforcer le secteur public de la santé, de mettre en place un plan d’urgence pour sauver les entreprises et les métiers lésés par les répercussions de la pandémie du Covid-19 à travers l’élargissement du soutien public, l’allégement de la pression fiscale et sociale et la régularisation de la situation juridique, financière et fiscale induite par la crise sanitaire…

Le parti de l’Istiqlal mise aussi sur la généralisation du principe de la préférence nationale dans le cadre des marchés publics. Les engagements du PI sont très ambitieux, mais quid de leur mise en œuvre ? Le parti arrivera-t-il à mettre sur les rails l’ensemble de ses promesses électorales d’autant plus qu’il devra composer avec d’autres partis politiques s’il intègre le gouvernement ? La question du financement se pose également avec insistance surtout en cette période de crise.

Comment le parti de l’Istiqlal qui est dirigé par un ancien ministre de l’Economie et des Finances, qui brandissait la carte des ressources financières limitées de l’Etat, compte-t-il financer son programme ? En réponse à cette question des Inspirations ECO, Nizar Baraka souligne que le programme de l’Istiqlal nécessite un financement de 112 MMDH, soit un montant qui «est de loin derrière les budgets des programmes d’autres partis politiques».

Il estime que sa formation est bien consciente que la situation actuelle, marquée par la crise sanitaire, nécessite, d’une part, de définir des priorités telles que la généralisation de la protection sociale et l’enseignement et d’autre part, d’ajourner certains grands projets.

Il est temps, selon lui, d’arrêter le processus d’appauvrissement des classes moyennes, laissant entendre que d’autres catégories devront désormais déployer des efforts dont les grandes entreprises.

A cela s’ajoutent d’autres mesures, notamment l’activation du fonds de la zakat pour renforcer la solidarité et l’élargissement de la base des contribuables en intégrant le secteur informel dans l’économie formelle.

Pour mettre en œuvre son programme, les alliances sont on ne peut plus déterminantes. Si le parti de l’Istiqlal n’a aucune ligne rouge sur le plan politique, Nizar Baraka souligne, néanmoins, que le PI n’entrera pas en coalition avec un parti qui adopte une politique portant préjudice à la classe moyenne et contribuant à l’élargissement des disparités sociales et spatiales.

Rappelons que le parti de la balance refuse d’afficher la couleur en matière d’alliances, préférant rester prudent à cet égard, jusqu’à l’annonce des résultats électoraux. Contrairement à ses deux alliés actuels dans les rangs de l’opposition (PAM et PPS), il n’a pas voulu s’engager dans une quelconque alliance.


Un taux de croissance de 4 %

Le parti de l’Istiqlal s’engage sur un taux de croissance de 4 %. Est-ce suffisant pour permettre au Maroc de sortir de la situation actuelle et de concrétiser son ambition d’intégrer les rangs des pays émergents? Nizar Baraka estime que la situation dans laquelle se trouve le Maroc est difficile et qu’il n’est pas, ainsi, facile de faire tourner la roue rapidement à cause des répercussions de la pandémie du Covid-19.

Il estime qu’à l’heure actuelle, 4% comme croissance potentielle comme un objectif ambitieux. Il serait difficile de faire mieux. Rappelons qu’après des rythmes de croissance assez satisfaisants au début des années 2000, le rythme de croissance de l’économie marocaine a ralenti, passant de 4,8% en moyenne annuelle sur la période 2000-2009 à 3,5% sur la période 2010-2019 (2,8% entre 2018 et 2019). Selon la commission spéciale du modèle de développement, en exploitant l’ensemble de ses potentialités, le Maroc pourra accélérer sa croissance économique qui est l’un des socles du nouveau modèle de développement. L’ambition du NMD est d’accélérer la croissance pour atteindre un rythme moyen annuel supérieur à 6%.

Jihane Gattioui / Les Inspirations ÉCO

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