Maroc

Mogagreen : un projet éco-citoyen pour Essaouira

Un projet écologique à forte valeur ajoutée dénommé «Mogagreen» a récemment été lancé à Essaouira. Le but est de faire de la Cité des alizés la première ville africaine ayant zéro déchet recyclable arrivant dans les décharges à l’horizon 2030.

Une nouvelle initiative écologique vient de voir le jour dans la province d’Essaouira. «Mogagreen», dont l’un des objectifs est de réduire l’empreinte carbone au sein de la ville, a été lancé samedi 22 mai, à l’occasion d’une rencontre qui a vu la participation d’André Azoulay, conseiller du roi et président-fondateur de l’Association Essaouira-Mogador, d’Adil El Maliki, gouverneur de la province d’Essaouira, ainsi que des représentants des partenaires et divers acteurs publics et privés.


Un projet éco-citoyen
Mogagreen, qui est le fruit d’une intelligence collective et d’une action concertée de plusieurs opérateurs et entreprises, est un projet dont la philosophie consiste en l’alignement sur les stratégies de développement durable, la réduction de l’empreinte carbone au sein de la ville ainsi que la création d’emplois verts. Il concerne également l’insertion sociale, la valorisation et la dignification, la consécration de la démarche participative et éco-citoyenne sans oublier la création d’un modèle économico-durable, à même d’être dupliqué à l’échelle africaine.

Ambitieux, le projet Mogagreen cible des générateurs de déchets à la source, soit 20.000 foyers, 20 établissements scolaires et 300 professionnels. Il entend promouvoir l’image d’Essaouira comme cité innovante et durable ainsi que l’engagement des habitants dans une démarche éco-responsable, et créer une communauté de recycleurs ainsi que 50 emplois directs. Le programme ambitionne également la mise en place d’une plateforme de tri secondaire et de prétraitement, ainsi que l’implémentation d’un modèle innovant et technologique pour la gestion et la valorisation des déchets, susceptible d’être dupliqué sur les plans, régional, national et continental.

À ce propos, Adil El Maliki a souligné que «le noyau dur du potentiel que recèle la province d’Essaouira demeure le patrimoine, la diversité culturelle et l’histoire qui font l’ADN de cette partie du territoire national, mettant également en lumière la richesse côtière, l’écosystème arganier et l’art de l’hospitalité et du partage qui caractérise la province». Il a ajouté que le projet Mogagreen s’inscrit dans cette logique et dans cet esprit, dans la mesure où il s’agit d’une initiative de partage d’expériences. «Ce projet jouit de toutes les chances et des atouts pour réussir, être partagé et dupliqué dans d’autres régions du royaume», a-t-il précisé.

Retombées positives
Par ailleurs, le gouverneur a mentionné le projet de réhabilitation et de mise en valeur de l’ancienne médina, en cours de réalisation, précisant que ce «projet d’envergure prévoit dans son volet écologique le déploiement de poubelles pour la collecte des déchets permettant le recyclage». Il a souligné, par la même occasion, la mobilisation d’associations et d’acteurs partenaires de ce projet au sein de la médina dont il faut tirer profit afin de réunir toutes les conditions optimales pour assurer le succès de Mogagreen.

D’un autre côté, El Maliki a évoqué le lancement du projet de l’éco-village de Sidi Kaouki, mettant en avant les actions entreprises pour garantir le développement durable en milieu rural, à travers une série de projets et d’initiatives visant la promotion des produits de terroir, notamment l’huile d’argan et ses dérivés ainsi que l’huile d’olive.

Pour sa part, le co-fondateur de la société porteuse du projet, Youssef Chaqor, a expliqué que «ce projet consiste en l’articulation de l’intelligence collective de la ville pour éviter l’arrivée des déchets recyclables aux décharges», avant de relever que «le système est ainsi construit autour de l’engagement des entreprises, de la collectivité territoriale, de la région et des collecteurs».

Et d’affirmer que le point d’orgue de ce projet est de faire en sorte que ces déchets deviennent une valeur qu’on peut descendre au niveau des collecteurs afin de leur garantir un revenu dans un cadre entrepreneurial, tout en leur garantissant une visibilité sur le volume qu’ils sont appelés à traiter et le nombre de jours à travailler, avec pour objectif ultime une livraison vers des recycleurs et des industriels.

Quant aux représentants des différents partenaires, ils ont exprimé leur plein soutien à ce projet d’une extrême importance, qui a trait à une thématique d’actualité, à savoir le développement durable, tout en se disant résolus d’assurer l’accompagnement nécessaire afin que les objectifs de cette initiative très ambitieuse soient traduits dans la réalité.

Mariama Ndoye / Les Inspirations Éco

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